
Il a fallu attendre fin 2025 et le succès du film de Kaouther Ben Hania, « La voix de Hind Rajab », pour que les médias français commencent à parler de cette petite fille gazaouie tuée par des soldats israéliens le 29 janvier 2024. Presque deux ans trop tard. De l’autre côté de l’Atlantique, son histoire avait déjà bouleversé l’opinion. Les plus grands médias en avaient fait leur une. Dès février 2024, « Hind » était devenue le symbole de toutes les souffrances civiles à Gaza. Pas en France. Pourquoi ? La question brûle d’autant plus que les accusations de complicité de génocide se multiplient contre les médias occidentaux. L’ONU s’est saisie du dossier. On en parle peu. Les charges, pourtant, sont graves. C’est dans ce contexte que Blast publie une enquête inédite sur la façon dont les médias de cinq pays ont raconté la mort d’Hind Rajab. Son but : évaluer la couverture médiatique de Gaza dans les mois qui ont suivi le 7 octobre. Elle repose sur trois piliers : une approche comparative, un échantillon exhaustif — nous avons analysé l'intégralité des sujets consacrés à Hind Rajab au moment de sa mort, pas des morceaux choisis — et des témoignages exclusifs des journalistes qui les ont produits. Les biais du récit occidental ont déjà été dénoncés. Notre enquête ne se borne pas à les confirmer : elle en dresse un bilan comparatif quatre mois après le 7 octobre. Elle montre comment le choix des mots, le cadrage des récits et les coulisses des rédactions ont pesé sur la couverture du conflit - et comment ils ont contribué à désinformer sur Gaza. Un récit médiatique qui laisse une question ouverte sur nos pratiques journalistiques : qu’avons-nous tu sur Gaza, et pourquoi ?
Crédits photo/illustration en haut de page :
Margaux Simon