
Le 20 septembre 2026, des dizaines de milliers de personnes doivent descendre dans la rue partout en France pour dire non au "permis de tuer". La loi votée le 7 juillet 2026 à l'Assemblée nationale instaure une présomption de légitimité pour l'usage de leur arme par les policiers et les gendarmes, au moment où le coup de feu part, la loi présumerait qu'il est légitime, avant même qu'une enquête ait commencé. Elle prolonge un texte de 2017 qui autorise déjà les tirs en cas de refus d'obtempérer : au moins 35 personnes sont mortes dans ce cadre depuis. Face à ce texte, une pétition lancée fin juin par l'association SAVE a réuni plus de 730 000 signatures, largement au dessus du seuil qui aurait dû ouvrir un débat au Parlement. Ce débat a été refusé. Dans cette émission, quatre invitées : Samia El Khalfaoui, tante de Souheil El Khalfaoui tué par un policier en 2021 à Marseille, fondatrice de SAVE et à l'initiative de la pétition. Assa Traoré, porte-parole et cofondatrice du Comité Justice pour Adama, dix ans après la mort de son frère Adama Traoré. Youlie Yamamoto, porte-parole d'Attac France et cofondatrice des Rosies. Sarah Fayolle, porte-parole de Greenpeace France. Ensemble, elles reviennent sur ce que change concrètement cette loi, sur ce que révèle le refus du débat parlementaire malgré 730 000 signatures, et sur la question la plus délicate : peut-on construire un front commun entre quartiers populaires, mouvement social et mouvement climat, sans effacer les asymétries entre les violences vécues ?
Crédits photo/illustration en haut de page :
Morgane Sabouret / Margaux Simon