Moi, Arnaud, salarié harcelé d'EDF

Témoignage d'un chef de service délégué ingénierie, centrale nucléaire de Chooz

« J’ai été recruté par EDF en 1998, dans le cadre des contrats 32 H à la fin de mon contrat avec l’armée. Mon rêve était de voler, j’ai passé six ans dans l’aéronavale comme navigateur, je me suis fait plaisir.

J’ai postulé sur le site de Dampierre, dans le Loiret. Comme j’avais arrêté mes études en deuxième année de Deug, j’ai été embauché au niveau Bac, au plus bas niveau de l’échelle. J’étais à l’exploitation, ce qu’on appelait à l’époque rondier et aujourd’hui agent de terrain. Tu es en fait les yeux et les oreilles des opérateurs, tu vas sur le terrain faire les relevés.

J’avais l’objectif de reprendre des études. EDF avait des facilités : en 2002, ils ont mis en place un système qui s’appelait Pro Cadres. Tu étais sélectionné sans avis hiérarchique sur concours, et si tu étais pris, ta hiérarchie ne pouvait pas s’opposer à ton départ. J’ai terminé quatrième du concours et j’ai été pris.

« Le travail, c’était mon truc, je ne me posais pas trop de questions. J’enchaînais les heures et les heures »

Je suis parti de Dampierre en janvier 2002 et je me suis retrouvé à l’Université d’Orsay pendant dix-huit mois, payé par EDF pour faire un DUT de préparation aux sciences de l’ingénieur. Je suis sorti major de promotion. Je m’en suis bien sorti parce que j’avais un bon bagage scientifique.

Ensuite, j’ai fait une école d’ingénieur à Lille, pendant trois ans en alternance. En parallèle de mes études, j’ai obtenu durant l’été 2003 un poste de chef d’exploitation à la centrale de Cattenom (Moselle). Mon chef à la conduite m’a dit de suivre le cursus conduite pour passer opérateur… Et en parallèle, j’avais les cours à l’école.

Dans ma promotion, j’étais celui qui était le plus submergé de travail. Moi, c’était mon truc, je ne me posais pas trop de questions. J’enchaînais les heures et les heures… Je suis quelqu’un d’assez bosseur.

A l’obtention de mon diplôme en 2006, je suis passé cadre. Un an après, j’ai obtenu une promotion au grade supérieur. J’étais chef d’exploitation, je dirigeais une équipe de quart. Je travaillais en 3 x 8, j’étais heureux, c’était tout ce qu’il me fallait.

En 2013, on m’a demandé de quitter mon poste, car ils cherchaient un chef de projet « tranche en marche ». Il faut savoir que dans les centrales, tu as deux types de chef de projet : les chefs de projet « arrêt de tranche », ceux qui vont gérer tout l’arrêt de tranche, et les chefs de projet « tranche en marche », qui gèrent tout ce qui est en marche pour éviter les aléas.

Je n’y suis pas resté longtemps, parce que le collègue que je devais remplacer n’est en fait pas parti. Donc je me suis retrouvé un poste qui était à Paris, à l’inspection nucléaire d’EDF avec un contrat de quatre ans, qui devait se terminer en 2019. J’ai audité tous les sites de France. On auditait la conduite, donc le domaine le plus sensible des centrales.

En 2017, j’ai eu de gros problèmes médicaux, avec un pronostic vital engagé, heureusement je m’en suis sorti. La bonne nouvelle de cette année-là, avec ma femme, c’est que nous avons adopté une petite fille. Comme ma femme travaillait à Cattenom et moi à Paris, j’ai demandé à mon chef si je pouvais partir en 2018, avant la fin de mon contrat pour rejoindre mon épouse et ma petite fille. Il a accepté, il avait reçu pas mal de candidatures.

« L’entretien a duré une heure et ça s’est très bien passé »

J’ai d’abord envoyé une candidature spontanée à Penly. J’ai eu deux entretiens. C’était positif, ils devaient me prendre. Et puis bizarrement, en décembre 2017, je reçois un mail me disant que je ne suis pas pris, sans aucune explication.

Après, je me remets dans la boucle des CMPP : les chargés de parcours professionnel. Ces gens-là sont souvent des cadres dirigeants, ils sont censés faire remonter les demandes de mutation des agents des sites à Paris auprès des gestionnaires de carrière.

J’ai été reçu par un CMPP à Paris, qui m’a proposé un poste à Civaux et un autre à Chooz. Avec ma femme, ces deux sites faisaient partie des endroits où nous souhaitions aller. Je suis reçu à Civaux par le chef de service conduite. L’entretien a duré une heure et ça s’est très bien passé. Il me prenait sur un poste qui me plaisait. L’entretien de mon épouse s’est aussi plutôt bien passé.

Mais il faut savoir qu’à EDF, tous les CMPP se réunissent deux ou trois fois par an et c’est un peu la priorité à celui qui a le plus de besoins. Je voulais aller à Civaux mais mon CMPP m’a dit finalement d’aller postuler à Chooz. Je ne savais même pas sur quel poste je devais postuler !

J’ai été reçu par un directeur délégué et par le chef de service de la structure « projets ». Donc j’ai compris que c’était pour un poste de chef de projet « tranche en marche », ce qu’on m’avait déjà proposé à Cattenom. Chooz a fait le forcing pour me récupérer, ils avaient besoin de moi car le chef de projet devait partir durant l’été. Chooz prenait également mon épouse mais sur un poste qu’elle n’avait jamais occupé. Elle faisait des RH, et là on la prenait en documentation…

En avril 2018, je reçois un mail de confirmation de ma mutation à Chooz. Et on engage les procédures pour organiser notre déménagement.

« On m’avait prévenu : ces deux directeurs étaient des « tueurs » »

Fin mai, j’étais en déplacement pour une évaluation sur le site de Golfech, je reçois un appel du directeur délégué de Chooz qui m’avait reçu. J’avais déjà entendu parler de ce directeur, ainsi de celui qui allait être mon directeur de service, en interne à l’inspection nucléaire où on m’avait prévenu que ces deux directeurs étaient des « tueurs », en termes de management.

Donc ce directeur m’appelle fin mai et il m’explique qu’il a entendu des critiques sur mon management. Ce qui m’a surpris, car à l’inspection nucléaire, je ne fais pas de management, je ne fais que de l’enquête ! En gros je lui aurais menti et mes évaluations étaient de complaisance. Ça a fait hurler mon chef à l’inspection du nucléaire. Il m’a dit qu’il ne souhaitait plus me nommer sur le poste de chef de projet « tranche en marche », mais il me propose un poste de chef de service délégué ingénierie.

Pour moi, c’est là où a commencé le harcèlement. En parallèle, ce directeur appelle mon chef de pôle à l’inspection nucléaire pour essayer de lui faire dire que je ne suis pas un bon élément. Ce que mon chef refusera de dire. Chooz essayait de trouver une excuse pour ne plus me prendre. Mais comme ils avaient déjà pris mon épouse, ils étaient dans l’impasse.

« 30 personnes à ménager alors qu’on te reproche des problèmes de management, ça peut être surprenant ! »

Pour ce nouveau poste à Chooz, je suis reçu au cours de trois entretiens différents, notamment par le RH et le directeur technique. Les entretiens ne se passent pas trop mal, puisqu’ils me prennent.

Ce poste de service de service délégué porte bien son nom puisque tu es le délégué du directeur délégué du service dans lequel tu travailles. Service ingénierie, trente personnes à manager. Donc tu penses bien que quand tu as trente personnes à ménager alors qu’on te reproche des problèmes de management, ça peut être surprenant.

En plus de ma mission, on me charge d’une autre mission appelée « gouverneur des usages ». C’était un poste occupé à temps plein par la personne qui s’en occupait avant moi. Plus tard, on va ajouter à ma charge de travail le rôle de manager de première ligne (MPL) d’une dizaine d’agents de mon équipe. Comme chef de service délégué, je supervisais l’ensemble du service, et en tant que MPL, je devais gérer plus directement dix personnes, faire passer les entretiens annuels...

En septembre quand j’arrive, je ne suis pas accueilli. Pourtant avec ce poste, je devenais cadre supérieur. Mais ni mon directeur délégué, ni le directeur d’unité, ni aucun autre dirigeant du site ne m’a reçu. Ce qui n’est pas dans les habitudes de la maison. Quand un nouveau cadre supérieur arrive dans une centrale, il est accueilli par la hiérarchie. En fait, à ce jour, mon directeur ne m’a jamais reçu, ni même échangé avec moi !

Le directeur délégué m’a adressé trois fois la parole et à chaque fois pour m’engueuler. Il me reprochait de n’être pas venu à telle ou telle réunion, alors que j’étais déjà pris sur d’autres réunions…

« Je n’étais pas vu forcément comme un ami »

Je me trouve un bureau. Pas de téléphone ni d’ordinateur, je viens donc avec le PC de l’inspection nucléaire que j’avais récupéré, mais que je devais rendre. Et j’attends quelques jours que quelqu’un veuille bien se manifester.

Et puis j’apprends que mon chef de service est absent depuis plusieurs mois pour longue maladie. Il avait été opéré de la thyroïde et prenait du Levothyrox, mais avec le changement de la formule du médicament il n’arrivait plus à venir travailler normalement. Pour la centrale, il ne devait pas revenir avant plusieurs mois, et pas forcément sur sa fonction parce qu’il était absent depuis plus d’un an.

Donc je me retrouve chef de service délégué sans être formé à l’ingénierie, et en me débrouillant comme je peux. Je ne suis présenté au service qu’une semaine après mon arrivée, lors d’une réunion. Le climat social était aussi assez tendu car le service était en pleine réorganisation. Comme le chef de service était absent, les gars n’étaient pas managés. Donc je n’étais pas vu forcément comme un ami…

J’ai eu de bons rapports avec 95 % du service. Avec quelques-uns, ça s’est moins bien passé, sans avoir de mauvais rapports pour autant. Mais j’ai appris après qu’ils rapportaient au chef de service tous mes actes et décisions.

En l’absence de mon chef de service et avant mon arrivée, l’intérim avait été confié à son supérieur qui était le chef de mission technique, en plus de sa mission. Donc c’était difficile pour lui aussi.

Dès que je suis arrivé, il m’a vite refilé tout le boulot, y compris des missions qui relevaient de sa responsabilité. Il y avait des réunions que le chef de service animait, et le paradoxe c’est que ce chef de mission technique les assurait mais il voulait aussi que je sois présent. Ce qui était une perte de temps. J’étais donc en surcharge de travail. Mais j’ai tenu bon jusqu’en novembre.

« Fin novembre, avec ma surcharge de travail, je commence à ne pas être bien… »

Fin novembre 2018, il y avait pas mal de choses qui n’étaient pas normales et qui m’alertaient. On me demandait des choses qui ne relevaient pas de ma fonction, de faire ce que faisaient mes ingénieurs… Je n’ai pas eu de cadrage de mon travail, de mes missions.

Fin novembre, donc, avec ma surcharge de travail, mes problèmes de santé se réveillent et je commence à ne pas être bien. Au même moment, mon chef de service, qui devait sentir que dans le service les gens m’appréciaient plutôt, annonce son retour.

Quand il revient, je fais sauter une réunion pour l’accueillir mais on me le reprochera. Moi, ça me semblait normal d’être présent pour l’accueillir. On ne se connaissait pas. Le chef de service arrive, toute l’équipe était présente, il me dit à peine bonjour, il salue tout le monde et il fait un discours. A la fin de son discours, il dit en gros que tout ce que j’ai fait c’est mal et qu’il va essayer de rattraper les choses ! Et pendant trois jours, je ne le verrai pas. Pour moi ça a été l’électrochoc.

Du coup, je vais voir le médecin du travail qui ne me trouve pas en bonne santé. Et il me demande de m’arrêter. Donc je m’arrête. En fait, trois semaines plus tôt, j’avais déjà vu le médecin du travail qui avait considéré, compte tenu de mon état de santé, qu’il ne fallait pas que je travaille plus de 8 heures par jour avec une journée de travail. Mais le chef de service par intérim avait refusé d’informer la direction du site et j’avais continué à travailler autant qu’avant, de 6h30 le matin jusqu’à 18h30 le soir…

« Il lui dit qu’à mon retour je ne retrouverai pas mon poste »

Quand je suis arrêté, mon travail est très vite remis en cause et je plonge en dépression. Mon arrêt de travail va durer de janvier à septembre 2019. Un des salariés de mon équipe demandera régulièrement de mes nouvelles à mon épouse. Quasiment toutes les semaines. Un jour, il lui dit qu’à mon retour je ne retrouverai pas mon poste. J’ai alerté les syndicats, qui sont allés voir mes supérieurs.

Par la suite ce salarié déposera plainte contre moi pour… agression sexuelle !

Dans l’enquête qui sera réalisée ensuite par le cabinet Empreinte Humaine, il sera expliqué que mes supérieurs ont été choqués qu’un cadre supérieur sollicite les syndicats. Et c’est ce fait qui leur aurait fait perdre leur confiance en moi !

Il faut savoir qu’en septembre 2018, quand je suis arrivé Chooz, mon directeur d’unité a convoqué un chef de service, celui qui devait être le chef de mon épouse, pour lui dire brutalement qu’il n’était plus chef de service. Ce collègue est venu dans son service une fois par jour pendant six mois pour consulter ses mails, sans boulot, sans rien à faire. Quand il essayait de postuler sur un autre site, Chooz intervenait pour l’empêcher de partir. Exactement ce qu’ils font contre moi. Mais il a réussi à partir dans le thermique, en acceptant de mettre sa carrière entre parenthèses.

En fait, dans l’enquête, les syndicats ont expliqué que le chef de service par intérim en avait marre de cette situation depuis plusieurs mois. Ils m’ont donc recruté uniquement pour occuper le poste en attendant que le chef de service revienne, mais sans aucune volonté de m’intégrer. Il faut savoir que quand un ingénieur est nommé chef de service délégué, c’est pour devenir ensuite chef de service. Mais pour moi, il n’en a jamais été question.

« Un de mes supérieurs ne voulait pas que je vienne »

Je me souviens aussi d’un autre fait qui m’avait déjà alerté à l’époque de mon recrutement. Quand j’ai passé mes entretiens, j’avais dit que je me projetais sur au moins deux contrats. Avec mon épouse, on voulait s’installer sur place. Je pensais que c’était un plus car Chooz a dû mal à recruter, mais le directeur technique m’avait répondu qu’on verrait ça plus tard. Pas logique pour Chooz.

Pour les syndicats, ils l’ont dit lors de la restitution de l’enquête devant la DRH de la direction du parc nucléaire, ma candidature tombait en fait à pic pour boucher un trou. Je n’étais qu’une petite main. C’est tout. De plus, un nouveau chef de service devait arriver en 2020. Donc j’étais là pour faire le tampon jusqu’en 2020.

Mais par mes relations, j’ai appris que l’un de mes supérieurs ne voulait pas que je vienne à Chooz.

En fait, quand j’étais à l’inspection nucléaire, on a audité la conduite à Chooz. On les a mis en difficultés dans beaucoup de domaines. On a fait remonter des choses qui n’étaient pas sympathiques, parce qu’ils n’étaient pas bons. Mais les relations avec les gens étaient normales. A la fin de l’audit, mon responsable m’a fait une évaluation de mon travail, qui était bonne. Je n’ai pas d’altercation sur place. Par contre, ce qui est sûr, c’est qu’on les a mis en défaut.

En 2019, avant de porter plainte devant le conseil des Prud’hommes, avec ma femme on a été convoqué par la direction. Ils acceptaient de nous laisser partir sur un autre site, sur des postes équivalents. Moi, je leur ai demandé le reclassement légal prévu par les textes d’EDF, que j’aurais dû avoir quand je suis arrivé à Chooz. Ma femme l’a eu quand elle est arrivée, mais pour moi le directeur s’y est toujours opposé.

J’ai donc déposé un recours aux Prud’hommes et ça doit être jugé en juin prochain. J’ai aussi fait une alerte éthique.

« J’ai fait ma propre enquête »

Entre-temps, un technicien de mon service a porté plainte contre moi pour harcèlement sexuel en novembre 2019. La gendarmerie n’a fait aucune enquête, n’a pas interrogé les collègues qui pouvaient me disculper, n’a même pas vérifié les horaires pour savoir si ça coïncidait. J’ai dû faire ma propre enquête et prendre un avocat réputé de Charleville-Mézières pour obtenir un classement sans suite de cette plainte durant l’été 2020. Mais ça a permis à EDF de justifier ma mise en isolement. J’ai été sorti de mon service, et on m’a donné une mission prétexte. Le médecin du travail l’a même qualifiée de mission « occupationnelle » ! Ça veut tout dire… Quand j’ai dénoncé les faits de harcèlement moral, en fait j’en ai subi plus après qu’avant.

J’ai fait trois tentatives de suicide parce que je n’en pouvais plus. Je craquais. EDF n’a rien fait, au contraire, ils m’ont encore plus chargé.

Je suis toujours à Chooz parce que j’ai un directeur d’unité qui bloque tout. J’ai fait entre dix et quinze candidatures spontanées. J’ai même un directeur délégué d’une centrale qui me connait qui voulait me faire venir car mon profil l’intéressait, pour préparer la visite décennale des 40 ans. Mais dès que mon dossier remonte à Paris au niveau des gestionnaires de carrière, il n’y a plus de réponse.

« La seule proposition qui m’a été faite ? Un placard, en fait »

Encore en début d’année, une collègue que j’ai connue à l’inspection nucléaire, m’a fait une proposition. Je l’ai mise au courant de ma situation. Elle m’a rappelé quelques jours plus tard en m’expliquant qu’on lui avait demandé de tout bloquer… La seule proposition qui m’a été faite, c’est un poste notoirement sous-évalué dans une centrale. Un placard, en fait. Les syndicats se sont renseignés et la direction du site leur a avoué que c’était Paris que le leur avait demandé. Le bras droit du PDG pour les questions sociales aurait même affirmé que ça serait la seule proposition qui me serait faite.

Dans le même temps, EDF a proposé à mon épouse un super poste dans un autre site. Avec la possibilité de passer cadre à court terme. Un poste qu’elle ne peut pas refuser. Et moi, ils me proposent un placard, en pensant que je ne pourrais pas refuser vu le poste proposé à mon épouse. Tu vois jusqu’où va le harcèlement

J’ai aussi une proposition pour travailler sur l’EPR 2. Je demande juste de pouvoir retourner à l’issue du contrat à la DPN. Et EDF n’arrête pas de trainer des pieds en ajoutant sans cesse des conditions. Donc ils vont réussir à me faire perdre ce poste [depuis l’entretien, cette offre a en effet été retirée par EDF, ndlr].

Je ne crois plus que je pourrais m’en sortir. »

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