Jamais un président n'a autant pris les français pour des cons

« Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté ni la sécurité. » Benjamin Franklin (An Historical Review of the Constitution and Government of Pennsylvania, 1759)

Le week-end dernier, en préparation aux Jeux olympiques tokyoïte où je vous le rappelle nous avancerons masqués et sans public, la team USA de Basket s’était branchée sur un match facile. Le Nigéria. C’était une bonne mise en jambe pour la star Kevin Durant et ses amis vedette de la NBA. La party avait lieu à Las Vegas, haut lieu du strass et du stress. Temple du capitalisme et du faux semblant.

Mais passons.

J’aurais bien lâché un billet pour voir ce match dont le scénario était écrit d’avance. Un peu comme une élection française ou une finale des chiffres et des lettres opposant un agrégé en math et un agriculteur bio. Ouais je sais… Lors de leur dernière confrontation, aux JO de Londres en 2012, les US avaient normalement écrasé les nigérians 156 à 73 : 83 points d’avance.

Les ricains ont commencé mollement. Et puis bon, la mécanique s’est mise en branle. Les commentateurs étaient normalement condescendants. Jamais les US ne pouvaient perdre ce match. Tout roulait. Les frères africains déroulaient pourtant un jeu léché et rapide, shootant anormalement bien à trois points, plusieurs joueurs nigérians arpentent aussi les parquets de NBA, c’était normal qu’ils aient appris… un peu… mais pas trop quand même… Et puis il y a eu un fait de jeu très improbable… Kevin Durant s’est fait contrer… Regardez l’image… le rebond de la mort signé Precious Achiuwa, un petit gars de Port Harcourt. 2 mètres 03 quand même.

Boum… La machine ricaine s’est grippée…

Bon, je ne vais pas faire durer le suspense… Les nigérians ont gagné de trois points. Personne, sauf un yoruba sous acide, n’aurait parié un kobos sur la victoire des plus faibles… Et pourtant. La glorieuse incertitude du sport offre une jolie métaphore. Peut-on croire en une glorieuse incertitude de la vie politique ? Qui va contrer la team Macron-Lepen-Bolloré-Drahi-Zemmour qui encombre nos écrans depuis des mois ?

Ce match de basket et cette improbable victoire, est pour moi la meilleure nouvelle de la semaine écoulée. Il n’y en a pas eu d’autres.

Le reste était absolument merdique.

Pas de pause chez le robocop de la glose libérale

Emmanuel Macron nous a menacé, en imposant sa réforme des retraites qu’il veut privatiser. Ou blackrockiser. Ce qu’il ne dit jamais mais qui est son principal dessein. Il a également balancé froidement qu’il voulait quand même sa réforme de l’assurance chômage retoquée par le Conseil d’État car trop inégalitaire. Pas de pause chez le robocop de la glose libérale.

Il veut surtout nous imposer la vaccination. Il commence par le personnel médical, puis va enchainer avec les enfants à partir de douze ans, malgré toutes les promesses passées…

Je ne vais pas épiloguer sur le sujet. Tout le monde en parle et se déchire. Je suis vacciné, mais imposer la vaccination de force, surtout après la politique menée en matière de santé depuis le début du quinquennat, me semble être une hérésie. Une atteinte à nos libertés bien plus grave que ce que suppose une quatrième vague encore hypothétique.

Je ne vais pas en faire des caisses ici. D’autres se sont déjà beaucoup épanché. Et je n’ai aucune envie de rejoindre le cortège des antivax vociférant. Mais bon… Le simple bon sens…

Donc malgré tout et ça reste éminemment mystérieux, Macron grimpe dans des sondages taillés sur mesure. Il grimpe aussi grâce à Éric Zemmour qui continue chaque soir à prêcher sur C NEWS. J’allais dire à hanter nos écrans tel le Nosfératu de Murnau.

Et la météo qui nous foudroie.

Nous sommes un peuple soumis.

Semaine merdique où les ours blancs continuent à en baver sur une banquise de plus en plus rétrécie et chaude.

Les Belges eux érigent des monuments à la gloire des wafen SS. Quoi ? Vous ne me croyez pas. Lisez ce papier paru dans le Standaart et repris par Courrier International. Un écrivain américain, Lev Golinkin, a dénoncé le scandale enfoui sous des tonnes de mauvaise foi. En 2018, tenez-vous bien, la ville de Zedelgem a sciemment érigé un monument à la gloire des nazis. La ruche de la liberté. C’est assez moche. Moins que la Harley de Johnny que veut nous refourguer en douce la ville de Paris.

Mais bon Johnny n’était pas un Wafen SS.

Vaut-il mieux un monument moche et nazi ou un monument moche ?

Quand même, si on n’est pas vigilant, tout est possible. Surtout le pire.

Bon, sinon ?

Le Luxembourg ne nous épie pas, mais nous pille avec constance

Ben le variant delta nous épie et n’est pas prêt de nous lâcher…

La Chine nous épie et n’est pas prête de se lâcher.

Le Luxembourg ne nous épie pas, mais nous pille avec constance.

42 800 millionnaires y habitent quand même… Prenez deux secondes pour réfléchir… 600 000 habitants 15% de la population millionnaires… En France on a dix millions de pauvres. Soit pareil mais dans l’autre sens… 15% de Français vivent sous le seuil de pauvreté…

Je sais que vous êtes bombardés de chiffres et que plus grand monde ne réagit, endormis que nous sommes par des élections bidonnées par l’abstention. Et pas que…

Réfléchissez aussi à cette manchette du magazine Challenge

Là, on ne parle plus des super riches les Arnault, Pinault, Bolloré, Drahi et Cie. Non, il s’agit des 500 premières fortunes françaises qui ont pris 30% de bénéfice pendant le Covid. Le ruissellement fonctionne à donf chez les millionnaires. Mais il s’arrête là.

Elle est pas belle la vie sous Macron ?

Et ce ne sont pas les 15% de taxe des multinationales encensés par Bruno Lemaire au dernier G20 qui vont la rendre moins belle.

A ce propos et pour faire court je m’en remets à Thomas Piketty

Il faut taxer beaucoup plus pour que le système fonctionne et qu’un peu de richesse soit redistribué…

« Comme l’a montré l’Observatoire européen de la fiscalité, la France pourrait appliquer un taux minimal de 25 % sur les multinationales, ce qui lui rapporterait 26 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 10 % des dépenses de santé. Avec un taux de 15 %, à peine plus élevé que le taux appliqué en Irlande (12,5 %) la mesure devient inoffensive, les recettes seraient d’à peine 4 milliards. »

Si vous avez été attentif. J’ai glissé une petite perfidie. Là juste avant. J’ai dit « bidonné par l’abstention, et pas que… » Pourquoi ai-je fait cette allusion sybilline ?

L’affaire est autrement plus grave que ce que le pouvoir ou les médias dominants le disent. Ou plutôt le taisent.

A Blast, nous avons beaucoup travaillé depuis l’incroyable fiasco des dernières élections, sur le dossier Adrexo. Les mensonges proférés par les dirigeants de la boite de distribution de prospectus publicitaires. Mais aussi par les politiques venus à leurs rescousses.

Je vous rappelle qu’enquêter prend du temps et coûte cher. Nous prenons pas mal de risques à pratiquer, un peu seul, ce journalisme de combat.

Si vous voulez qu’on continue, merci de nous soutenir.

Plusieurs salariés ou anciens dirigeants d’Adrexo nous ont parlé. L’affaire est autrement plus grave que ce que le pouvoir ou les médias dominants le disent. Ou plutôt le taisent.

D’abord, on le sait aujourd’hui, ce n’est pas 21 000 prospectus comme le soufflait Marlène Schiappa qui n’ont pas été distribués, mais pas loin de 20 millions si l’on prend en compte les professions de foi des départementales et des régionales. Sept régions et plus de 50 départements sont affectés par la gabegie Adrexo.

Le Figaro l’annonce. 11 millions d’électeurs français ont au minimum été affectés. 11 millions sur 48 millions. 23% du corps électoral. Ce n’est pas une mince affaire. C’est un sabotage.

Le pire dans cette hallucinante saga naissante, ce sont les dénégations des emmarcheurs au plus haut sommet de l’Etat. Ils ont délibérément choisi cette société bancale pour organiser le scrutin. Et - c’est un fait majeur- ils ont fait ce choix sciemment. J’accuse ici tranquillement, nous l’avons suffisamment documenté, et nous le documenterons encore Gérald Darmanin, mais aussi Bruno Lemaire et bien sûr en tête de gondole Emmanuel Macron de nous prendre pour des cons, des naïfs, des décérébrés. Des jambons. Ils nous mentent éhontément.

Et même si personne ne l’ouvre. Nous on est « vénères ».

Le silence gêné qui entoure cette affaire relève d’une hypocrisie crasse.

Tous trois – Macron, Lemaire, Darmanin- connaissaient la société Adrexo et ses dirigeants. Et ses difficultés financières. Et son incapacité à répondre à l’offre publique. Et depuis longtemps. Près de dix ans pour Emmanuel Macron.

Des 2012, alors qu’il était banquier chez Rothschlid, il s’est occupé de la vente d’une partie d’Adrexo qui appartenait alors au groupe Ouest France. Pourquoi personne ne s’en étonne ?

Il s’est à nouveau occupé de ce dossier -plus indirectement- en 2016 alors qu’il était ministre de l’économie de François Hollande, avant de passer le relais à Gérald Darmanin son ministre du Budget puis à Bruno Lemaire. Tous trois qui gardent le silence pour l’instant, vont justifier cette protection d’Adrexo par le CIRI, le comité interministériel de restructuration industrielle, en raison du sauvetage de l’emploi. Pas loin de 20 000 CDI, dont une majorité de temps partiels quand même, étaient en jeu. Placé sous perfusion d’argent public, ils ont persévéré. Jusqu’au bouquet final.

Pas grave, si les salariés d’Adrexo, esclaves modernes de la distribution gratuite, étaient sous-payés. Pas grave si les dirigeants d’Adrexo avaient déjà été condamnés pour travail dissimulé ou s’ils se prenaient des salaires de nababs. Pas grave si les plis n’étaient pas distribués. Il fallait bien faire des marges. Et les marges, dans ce milieu, se font grâce à la non-distribution. Qui va vérifier ?

Difficile de ne pas mettre en rapport ce choix illogique d’Adrexo et cette volonté farouche chez Macron de retarder les élections régionales. Il craignait une déroute et un mauvais signe avant la Présidentielle. Là on ne peut pas lui donner tort.

« Un jour, Emmanuel Macron veut changer la date de la présidentielle pour l’avancer, le lendemain il veut changer la date des régionales pour les reculer. Les élections, ce n’est pas un jeu de dés ! Derrière les élections, c’est le peuple, et le peuple on le respecte » avait alors fustigé Xavier Bertrand fatigué de voir l’Elysée intriguer pour retarder ces régionales.

Je crois que ce pouvoir aux abois (...) a fait de l’abstention sa principale stratégie

Il est tard et j’ai promis à Thomas que je ne dépasserai pas les 15 minutes. Je sais que c’est râpé, mais Thomas on s’en fout. Le sujet est important.

Je crois que ce pouvoir aux abois qui survit grâce aux sondages et à une propagande effrénée, mais perd des voix à chaque élection a fait de l’abstention sa principale stratégie. Emmanuel Macron représente ces nouveaux riches, cette classe dite dominante pour qui le peuple doit s’abstenir de voter. Les jeunes surtout. Car si le peuple votait et était informé, il ne mettrait aucun bulletin dans l’urne pour ceux qui défendent les intérêts de ces nouveaux riches. Ceux qui font la une de Challenge ou vont se planquer au Luxembourg. 30% de bénéfice pour les 500 premières fortunes de France. Je le rappelle. Si le peuple était informé, il ne voterait pas pour des partis qui défendent les intérêts de ces nantis.

Cette stratégie de l’abstention a été mise en œuvre aux États-Unis qui ont élu Trump et créent aujourd’hui des camps retranchés pour milliardaires.

L’affaire Adrexo vient bizarrement nous réveiller. Les fakes news lâchés jusqu’au Sénat sont trop énormes. Les mensonges proférés par les chantres de la Macronie et tous ses supporters dans des médias complices et complaisants, tous ces relais, ne suffisent plus.

On est quelques-uns à résister.

Et ce qu’on dénonce est implacable. Je ne fais pas d’idéologie ici, mais du journalisme. J’insiste sur ce point.

A ce propos, l’été va être long, merci de de vous abonner, y compris à Youtube, mais aussi sur notre site. De partager nos contenus.

Bref, comme dirait mon copain et avocat Bertrand Mertz, la classe dominante a beau surenchérir dans le mensonge, le peuple mord de moins en moins à l’hameçon.

Le dissuader d’aller voter est donc l’ultime moyen de garder le pouvoir politique. Le pouvoir économique, elle le détient de toute façon.

Et puis, si toutes ces stratégies échouent, il restera la carte de l’extrême droite à laquelle elle - la classe dominante représentée par Emmanuel Macron- va pouvoir recourir. Même si l’argument sent le moisi. La politique sécuritaire menée par notre président et sa garde rapprochée se confond trop avec celle du Rassemblement national.

Voilà j’ai fini. Je vais me reposer un peu cet été pour préparer la rentrée. Je vais continuer à regarder des matchs de basket, à rêver de Precious Achiuwa, à faire des émissions, des entretiens au long cours. Et un édito si je suis énervé.

Et si vous nous en donnez les moyens.

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Allez bonnes vacances.

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Bon, salut.

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