La Guadeloupe en eaux troubles : entre insurrection et autonomie

Qui peut témoigner de la situation insurrectionnelle que vit la Guadeloupe ? Comment rendre compte de ce qui embrase les Dom Tom ? Pourquoi ce mouvement de révolte et comment est-il organisé aux Antilles et peut être bientôt ailleurs ? A six mois de l’élection fatale, la Macronie peut-elle se noyer dans ses insuffisances et ses promesses ? Cet entretien réalisé le 24 novembre dernier est la réponse de Blast à ces questions.

Denis Robert a cherché l’homme de la situation. Il a trouvé Jacques Davila, retraité ensoleillé, libre et souriant. 75 ans au compteur, mais la fougue d’un jeune hurdler, il est un ancien entrepreneur en BTP et le président d’honneur de la fédération des entrepreneurs de la Guadeloupe. Il est également le représentant du Fricc. Entendez par là le « Front républicain d’intervention contre la corruption ». Il vit à Port Louis à Basse Terre et voyage sur l’archipel en fréquentant toutes les couches de la population d’ « l’île papillon ».

Pour lui, la colère des manifestants agglomère une majorité de citoyens et va se pérenniser. Elle peut déboucher, si on l’écoute, sur … n’importe quoi. D’où une inquiétude sourde. Peu importe les bévues de Lecornu, les rodomontades de Darmanin, les sourires enjôleurs de Macron, le Raid ou le GIGN, on est parti pour un bras de fer sous les tropiques. A écouter le vieux sage qui voit en l’autonomie une hypothèse à très long terme, ces combats de rue trouvent leurs racines dans l’abandon d’une population colonisée et trouvent leur origine dans une maltraitance. Pollution par les pesticides qui rendent cancéreux les guadeloupéens et surtout corruption des édiles politiques autour de l’alimentation en eau : les guadeloupéens deviennent très nerveux. A force d’ouvrir leurs robinets sur du vide ou de boire une eau grise et fécale, même les vieux sages se disent que la seule issue devient la rue. Et le fight.

Crédits photo/illustration en haut de page :
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