Guadeloupe, l’île où la colère et l’eau bouent

Telle la Soufrière, le volcan qui domine Basse-Terre – la partie ouest de la Guadeloupe–, la population entre, à intervalles irréguliers, en éruption. Si les pouvoirs publics, en métropole, prétendent toujours n’avoir rien vu venir, les signes annonciateurs sont pourtant visibles bien avant l’explosion de la colère sociale. Certes, l’élément déclencheur peut varier d’une crise à l’autre, mais leurs origines demeurent communes, comme le soulignent des mots d’ordre trop souvent inchangés malgré le temps qui passe...

Ainsi démarre "Guadeloupe, l’île sans eau" (éditions Massot), le dernier-livre enquête du duo de journalistes Thierry Gadault et Marc Laimé que Denis Robert reçoit dans ce zoom caniculaire et estival qui tente de décrypter l’origine des malaises et des folies corruptives régnant en Guadeloupe. Le premier a été rédacteur en chef du Nouvel économiste, il est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages notamment autour d’EDF et du nucléaire et collabore à Blast. Le second a roulé sa bosse entre Libé, Le Canard enchaîné ou le Monde diplomatique avant « d’échouer » consultant spécialiste de l’eau. Le livre et l’entretien prennent le parti d’écrire l’histoire de ce bout de Terre caribéen à travers la saga de l’eau...

Celle des mers qui est progressivement taxée et celle des terres qui voient plus du quart de la population n’y avoir plus accès tous les jours. Les deux auteurs chroniquent ici un effroyable effondrement dont on cherche en vain l’issue. Entre la vétusté des canalisations qui rouillent et deviennent irréparables, la fuite en avant des politiques et des services de l’État, un système colonial qui ne dit pas son nom, une mafia locale qui s’est bien engraissée sur le dos des services publics et une crise sanitaire et sociale qui frise toujours l’éruption, la coupe réglée par les multinationales de l’eau, nous assistons à une descente aux enfers qui finit par dépasser largement le cadre de l’île. Gadault et Lainé interrogent sur cette dérive absolue du capitalisme qui peut gagner assez vite d’autres territoires. Peut-on encore sauver la Guadeloupe de la noyade ?

Crédits photo/illustration en haut de page :
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