COVID, Contre-enquête sur les effets indésirables des vaccins / Partie 4

Si de très nombreuses publications scientifiques décrivent des événements indésirables consécutifs à la vaccination covid, leurs causes et leurs mécanismes restent à découvrir. Des tentatives d'explication émergent, mais rares sont encore les études qui se confrontent véritablement à des effets indésirables incompris. Le temps, la patience et la rigueur scientifique nous aident pourtant à y voir plus clair.

Partie 4 : Plus de sciences, moins d’amalgames...

Dans la littérature scientifique, des centaines de publications présentent des événements indésirables constatés chez des vaccinés victimes de pathologies très diverses : problèmes neurologiques, cardiaques, pulmonaires mais aussi gastro-intestinaux, rénaux, rhumatologiques, endocrinologique, et j'en passe. Pour la plupart, ce sont des études de cas individuels qui ne peuvent ni expliquer la cause de la maladie ni faire un lien avec les vaccins covid autre que temporel. Les auteurs estiment généralement que « les avantages de la vaccination l'emportent sur les risques relativement faibles », comme dans une publication consacrée à des problèmes neurologiques auto-immuns où l'on suppose une incidence très limitée. Ces articles évoquent un grand nombre de maladies suspectées d'avoir pour cause le vaccin, par exemple celui traitant de deux cas de myélite transverse, une atteinte neurologique rare causée par une inflammation de la moelle épinière. Ses auteurs appellent les médecins à « être conscients de cette complication neurologique potentielle » dont le risque « n'est pas négligeable ». 

Si la description de cas cliniques ne permet pas de conclure à la responsabilité des vaccins, elle invite à des recherches plus poussées, et à une vigilance préconisée par des pédiatres allemands pour qui la méningite aseptique, de type non infectieux, « doit être prise en compte dans le diagnostic différentiel des patients présentant des céphalées et de la fièvre d'apparition persistante ou retardée après la vaccination contre la COVID-19 ». Des Japonais préviennent quant à eux les cliniciens « de la possibilité qu'un syndrome néphrotique (ndr : dysfonctionnement de la filtration rénale) se développe après la vaccination contre le SRAS-CoV-2, non seulement chez les adultes mais aussi chez les enfants ». Les pistes à explorer sont multiples et ne se limitent pas aux problèmes cardiaques de type myopéricardite ou aux troubles de la coagulation se manifestant par des thromboses veineuses cérébrales, les effets indésirables les plus médiatisés depuis qu'on les a identifiés comme risques avérés avec les vaccins à ARNm ou à vecteurs adénoviraux.

Un éclairage épidémiologique limité faute de moyens

Dépassant les études de cas cliniques pour analyser à l'échelle d'une population la présence de pathologies consécutives à la vaccination, des études de pharmaco-épidémiologie ont été menées en France par le groupement d'intérêt scientifique EPI-PHARE, issu du la fusion du pôle épidémiologie de l'ANSM et du département des études de santé publique de l'Assurance maladie. Doté d'un conseil scientifique présidé par Bernard Bégaud, EPI-PHARE s'est beaucoup penché sur la question des myocardites associées aux vaccins ARNm avec des études en vie réelle qui ont confirmé le risque. Il s'avère le plus élevé chez les hommes de 18 à 24 ans avec la deuxième dose qui est associée à un excès de 4,7 cas pour 100 000 injections avec le vaccin Pfizer et de 17 cas pour le Moderna. Ce ratio inquiétant a conduit les autorités sanitaires à déconseiller ce dernier aux moins de 30 ans. Dans une autre étude sur des événements cardio-vasculaires graves (infarctus du myocarde, embolies pulmonaires et AVC) survenus lors des six premiers mois de la campagne de vaccination, EPI-PHARE n'a en revanche pas trouvé d'augmentation de leur incidence chez les moins de 75 ans dans les trois semaines suivant les injections d'ARN messagers, une faible hausse étant observée avec AstraZeneca.

Ne disposant pas des moyens nécessaires à la croissance de son activité, comme l'a signalé le rapport d'étape de l'OPECST, EPI-PHARE n'a étudié qu'une part cardio-vasculaire des effets indésirables des vaccins covid. « Le travail consistait à valider et décrire les risques susceptibles d’avoir un impact important grâce à des études de grande puissance statistique menées à chaque fois sur plusieurs millions de personnes, explique Bernard Bégaud. EPI-PHARE s'est concentré sur les problèmes cardio-vasculaires car là était le gros débat autour de pathologies fréquentes pour lesquelles il est toujours difficile de savoir si elles apparaissent de manière fortuite ou à cause du vaccin. » Il peut donc avoir manqué une vision épidémiologique provenant d'études effectuées sur d'autres types de signaux émis par les centres de pharmacovigilance, voire sur des pathologies n'ayant pas conduit à un signal.

Des cas qui questionnent

Dans un article appelant à ne pas relâcher la vigilance sur la sécurité des vaccin covid publié dans The Conversation, l'immunologiste Michel Goldman invite à explorer certains effets indésirables rares capable de passer entre les mailles du filet de la pharmacovigilance. Il pense à un lymphome sur lequel son équipe a constaté une flambée suite à la vaccination Pfizer, un cas publié. Ce type de tumeur se faisant aux dépens de certaines cellules immunitaires, Michel Goldman y voit une conséquence envisageable de « l’hyperstimulation du système immunitaire qu’induisent les vaccins à ARN ». L'immunologiste évoque aussi une maladie immuno-inflammatoire dont quinze cas ont été analysés et il suggère de prêter une attention particulière aux enfants ayant un risque élevé de développer un diabète de type 1 dont la survenue pourrait être accélérée par les vaccins ARNm. « Les cellules immunitaires stimulées par le vaccin peuvent jouer un rôle dans certaines maladies et il est important de savoir si la vaccination peut influencer ces dernières, remarque Michel Goldman. Avoir une base scientifique sur ce type de question pourrait permettre d'identifier des patients à haut risque. Il serait donc souhaitable de mener des études sur des populations ciblées susceptibles d'en compter si l'on a des hypothèses mécanistiques solides. Même si ce ne sont encore que des hypothèses que rien ne démontre. » 

Publiée cet été dans Trends in Molecular Medicine, une revue de la littérature scientifique avance une hypothèse qui pourrait expliquer le mécanisme principal de ces effets indésirables. Il y est d'abord rappelé que si les vaccins à ARNm produisent « des réponses immunitaires robustes » contre les covid sévères, « leur mode d'action cellulaire/moléculaire et l'étiologie des événements indésirables induits restent insaisissables ». Mais l'article soulève « l'hypothèse de la spike ». La dite spike est cette protéine de pointe de SARS-CoV-2 qui permet au coronavirus de nous infecter, celle là même que les vaccins à ARNm vont faire produire par nos cellules pour susciter la réponse immunitaire. En se référant aux études disponibles, les auteurs relèvent que les nanoparticules lipidiques qui enrobent l'ARNm peuvent tout comme ce dernier avoir une action pro-inflammatoire potentiellement pathogène, puis ils se focalisent sur le rôle de la spike. Celle de SARS-CoV-2 a pour particularité de se lier à un récepteur cellulaire, ACE2, qui s'exprime dans un grand nombre d'organes et de tissus. Cela pourrait expliquer que l'infection par le virus engendre des lésions multi-organiques et toutes sortes de pathologies liées au covid que l'on retrouverait également comme effets indésirables de la vaccination, tels des myocardites, des thromboses, des paralysies, des appendicites, des zonas, des embolies pulmonaires ou des syndromes de Guillain-Barré. 

Le système rénine-angiotensine déréglé par la spike

L'article retient que la « spike » produite grâce aux vaccins peut circuler dans le sang dès le jour de l'injection et ainsi se répandre dans le corps. Une large gamme d'interactions entre cette spike et ces récepteurs ACE2 tapissant notamment les vaisseaux sanguins devient alors probable. Mais en se liant avec ACE2, la spike entrave le rôle habituel de ce récepteur qui se trouve être un maillon important du système rénine angiotensine (SRA), un système de régulation hormonal essentiel à notre organisme. Or « une perte prolongée ou une activité réduite de l'ACE2 peut entraîner une déstabilisation importante du SRA » susceptible de provoquer de multiples troubles chez des personnes sans doute déjà fragilisées. D'où l'idée que les « rares événements indésirables » consécutifs à la vaccination covid puissent être liées « à la nature et au profil de liaison » d'une spike « circulant de manière systémique ». Les auteurs de l’étude appellent donc les autorités sanitaires à investiguer la base moléculaire des effets secondaires en tant que « priorité de santé publique urgente et vitale ». Ils proposent également d'utiliser dans les vaccins à ARNm une protéine « spike » modifiée pour ne plus pouvoir se lier à ACE2.

Cette hypothèse de la « spike » renvoie à celle formulée depuis le printemps 2020 par le microbiologiste Jean-Marc Sabatier, déjà présentée dans nos chroniques Viral. Dès le début de la pandémie, ce directeur de recherche au CNRS a publié un article qui considérait qu'en se fixant sur ACE2 la protéine spike de SARS-CoV-2 pourrait l'empêcher de jouer correctement son rôle de régulateur de l'angiotensine 2, un peptide (courte chaine d'acide aminés) qui arriverait ainsi trop massivement sur le récepteur suivant du SRA, AT1R. La saturation de ce dernier conduirait à dérégler le SRA. Il s'en suivrait une série des réactions en chaines pouvant engendrer des problèmes respiratoires, cardio-vasculaires, neurologiques, cutanés ou hormonaux, entre autres. Un vaste panel de pathologies qui se sont peu à peu retrouvées associées au covid, comme Sabatier le prévoyait : « On savait déjà avant le covid qu'un dysfonctionnement du SRA pouvait être à l'origine de ces pathologies. Avec ses récepteurs ACE2 et AT1R, le SRA est présent dans tellement d'organes qu'il peut en cas de problème susciter un peu partout des phénomènes d'hypertension, d'inflammation, d'oxydation, des troubles de la coagulation ou des maladies auto-immunes, ce système de régulation jouant aussi un rôle essentiel en matière d'immunité innée. » Ces mêmes phénomènes expliqueraient également selon Jean-Marc Sabatier les effets indésirables causés par les vaccins à ARNm ou adénovirus qui reproduisent tous deux cette « spike » de SARS-CoV-2 dotée de la capacité de se fixer aux récepteurs ACE2.

Des choses que l'on ne cherche pas

La revue de Trends in Molecular Medicine vient s'ajouter à plusieurs autres publications scientifiques qui pointent la « spike », l'ACE2 et le SRA en se rapprochant de la théorie de Sabatier. Son hypothèse aurait encore besoin de recherches expérimentales l'éprouvant notamment sur des modèles animaux pour être définitivement démontrée. On demeure ainsi dans l'incertitude scientifique sur le rôle exact du SRA dans les pathologies covid, comme sur la cause des effets secondaires des vaccins. Des effets indésirables qui « sont les mêmes que ceux du covid, mais à un niveau nettement moindre », précise le pharmacologue Mathieu Molimard en recommandant la vaccination. Les auteurs de la revue indiquent également que ces effets surviennent à une fréquence nettement plus élevée après une infection en s'appuyant sur des publications qui le constatent pour les troubles neurologiques ou différentes pathologies comme les myocardites. Pour ces dernières, l'incidence est trois à quatre fois plus importante après l'infection qu'après la prise du vaccin Pfizer selon les données présentées dans le rapport de l'OPECST. Un tableau tiré d'un article du BMJ nous y montre aussi que survient près de trois fois plus d'infarctus du myocarde après l'infection comparativement aux vaccins Pfizer et AstraZeneca. A peu près le même ratio que pour les thromboses vénales cérébrales qui ont conduit à retirer l'AstraZeneca chez les moins de 55 ans, mais dont le signal n'est pas confirmé pour le Pfizer alors que ce type d'incident semble survenir avec lui presque aussi souvent.

« Le problème est qu'il y a encore des choses que l'on ne cherche pas, regrette un chercheur en immunologie. Par exemple, la possibilité que la vaccination contre le covid, comme d'autres, puisse avoir un effet délétère sur le système immunitaire en raison de stimulations répétées avec de multiples doses d'un même anti gène qui ne sera plus adapté aux nouveaux variants et pourrait conduire à produire des anticorps incapables de combattre le virus, voire facilitant l'infection. » Alors qu'elle pourrait remettre en question l'utilité d'une vaccination, la possibilité d'une facilitation de l'infection que le vaccin devrait au contraire prévenir n'a effectivement guère été envisagée bien que l'on ait déjà observé ce phénomène avec quelques autres vaccins comme celui de la dengue. « Cela expliquerait pourtant très bien ce que l'on voit, surtout avec Omicron, poursuit l'immunologiste. On a constaté que les vaccinés ont tendance à s'infecter davantage dans les deux semaines qui suivent leur vaccination et l'on voit depuis cet hiver une efficacité vaccinale négative plusieurs mois après la dernière injection. Les vaccinés peuvent alors contracter le covid plus souvent que les non vaccinés comme le montrent notamment des données présentées dans un article du Lancet où apparaît cette efficacité négative quand on compare les non vaccinés aux vaccinés ayant eu leur seconde dose six mois plus tôt, chez qui l'on retrouve un plus grand nombre de covid symptomatiques. » Ce que l'on pourrait considérer comme un effet indésirable du vaccin, même si l'article du Lancet, consacré à l'efficacité de la 4ème dose avec Omicron, ne le relève pas.

Un ARN appelé à vite disparaître...

Notons au passage que les publications des statistiques officielles de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) ne présentent plus l'efficacité vaccinale apportée par la vaccination par rapport à la non vaccination. Un communiqué de presse de juillet dernier le justifiait par de prétendues « difficultés techniques », difficilement compréhensibles sachant que le nombre des non vaccinés s'est avéré stable en 2022 à près de 20 % de la population. En les zappant des statistiques, il n’est plus possible de mesurer l'efficacité véritable de la vaccination que l'on obtient en comparant des vaccinés et des non vaccinés. Une efficacité qui apparaissait négative en juin 2022 au niveau de l'infection sur le site covid tracker tiré des données de la Drees où l'on constatait un taux de contamination nettement moindre chez les non vaccinés que chez les vaccinés avec rappel. Une comparaison que les autorités de la Santé ne doivent pas souhaiter voir, tout comme on n'a pas voulu voir dans la spike vaccinale un pathogène potentiel. Les facts checkers ont été là pour nous le rappeler à l'aide de leurs experts. «  Le vaccin à ARN messager est injecté localement dans le muscle et l'expression de la protéine Spike sera limitée aux cellules initialement visées pour déclencher la réponse immunitaire », certifiait ainsi à l'AFP Factuel le directeur de recherche au CNRS Daniel Dunia, avant d'ajouter que « l'ARN messager est instable et va être dégradé rapidement ». La spike ne ferait donc que stimuler notre immunité comme on le souhaite après que l'ARNm ait joué son rôle de passeur d'information génétique avant de disparaître.

La circulation de la spike dans le sang a pourtant été observée plusieurs mois après une vaccination et on a retrouvé de l'ARNm vaccinal dans les ganglions jusqu'à huit semaines après l'injection, contredisant l'idée largement propagée selon laquelle il s'éliminerait très vite dans la zone d'injection. On a aussi beaucoup dit que cet ARN ne pouvait pas pénétrer dans le noyau des cellules où se trouve notre ADN. Il ne risquait donc pas de le modifier en s'intégrant à son génome. « Mais cela n'a pas été recherché », objecte le biologiste franco-croate spécialiste de l'ADN Miroslav Radman. Ce dernier, âgé de 78 ans, membre entre autres de l’académie des sciences et des arts américaines, est une sommité reconnue par ses pairs.

Il ajoute: « Des Américains ont toutefois observé que le virus SARS-CoV-2 retranscrit en ADN avait pu intégrer le génome dans des cellules humaines en culture, et des Suédois ont montré la présence dans le noyau de cellules toujours en culture d'un ADN issu de l'ARN vaccinal par un processus de transcriptase inverse endogène. Ils n'ont pas trouvé que cet ADN s'était lui-même intégré à l'ADN de la cellule et donc au génome, mais voir que l'ARN du vaccin peut se retrouver sous cette forme dans la cellule est déjà intéressant. Car si l'intégration s'effectuait réellement dans le génome, la modification de ce dernier pourrait provoquer d'ici une vingtaine d'années des carcinomes. » Des cancers de la peau comme effets indésirables à effet retard...

L'intégration dans le génome finalement recherchée

Depuis plus d'un an, Miroslav Radman s'étonne que ses confrères scientifiques ne cherchent pas à savoir si les vaccins à ARN ou à vecteur adénoviral ont la possibilité de s'intégrer dans le génome. « Je vais donc mener cette étude en comparant des biopsies de foie de vaccinés et de non vaccinés avec un séquençage intensif, révèle le biologiste. Dans quelques mois, nous pourrions être fixés. » Cet éminent savant qui a organisé cet été à Split une colloque sur une « science malade » de trop d'influence des laboratoires pharmaceutiques et des politiques, s'apprête à faire sur cette question de la modification du génome par le vaccin une étude de géno-toxicité que Pfizer, Moderna ou AstraZeneca n'ont pas mené, alors qu’ils auraient pu le faire. Cette étude pourrait gêner tous ceux qui jurent l'éventualité de cette intégration dans le génome impossible.

« On ne peut pas dire qu'il n'y aura jamais d'intégration, tempère le virologue français Etienne Decroly. Mais cela nécessite la rétrotranscription de l’ARN en ADN puis l'intégration de l’ADN qui sont très improbables. Et si cela arrivait les cellules portant des fragments d’ADN intégrés devraient être éliminées par le système immunitaire en raison de cette transformation. » Miroslav Radman en convient, mais répond que « ces cellules ne se feront remarquer et éliminer que si la modification du génome se situe sur un gène qui s'exprime dans la production de protéines. Or la majorité des gènes est silencieuse et si l'intégration se fait sur l'un d'eux, elle ne sera pas repérée comme corps étranger. En revanche une simple insertion de quelques nucléotides dans une cellule transformerait la grille de lecture de tout son génome, ce qui peut inactiver des gènes suppresseurs de tumeur et conduire au cancer. »

On entre ici dans un univers très codé qu’un néophyte aura du mal à pénétrer. La question des effets indésirables des vaccins se joue pourtant dans ces recherches et ces débats entre scientifiques.

« Il n'y a aucun risque, et si risque il y avait il serait bien plus important avec le virus entier qui réplique son ARN », assure par exemple le pharmacologue Mathieu Molimard, après m'avoir soutenu que « l'ARNm disparaît en quelques heures » et qu'« il n'y a pas de transcriptase inverse endogène » chez l'homme avec SARS-CoV-2 ou la spike vaccinale. Une thèse contredite par différentes publications scientifiques. En somme, l'incertitude demeure. Nous le constatons de façon récurrente sur ce sujet des effets indésirables même si des positions tranchées et catégoriques peuvent s'exprimer dans un sens ou dans l'autre. Davantage de recherches doivent être entreprises, comme y invite une étude qui a détecté une hausse de 25 % des appels aux urgence pour des arrêts cardiaques ou des syndromes coronariens aigus lors des six premiers mois de la campagne de vaccination covid en Israël sur une population âgée de 16 à 39 ans. Avec un nombre d'appels qui semble associé aux taux de première et de seconde dose de vaccins administrés. Les auteurs de l'article soulignent que cette corrélation ne démontre pas la cause des troubles cardiaques, mais ils la voient comme un signal qui interpelle. Les chercheurs israéliens incitent à mieux identifier certaines tendances de santé afin d'accroitre la surveillance des vaccins et d'affiner la recherche sur les causes de leurs effets dans la population jeune. 

Reconsidérer l'indésirable dans le rapport bénéfice-risque

Jusqu'à aujourd'hui, les publications qui pointent le risque potentiel des vaccinations et cherchent à l'analyser ou à décrypter ses mécanismes sont plutôt rares si l'on excepte les rapports de cas individuels. Mais l'étude israélienne sur les appels aux urgences ou celle sur l'hypothèse de la « spike » témoignent d'une évolution avec des articles publiés dans des revues assez prestigieuses. Elles apportent des données nouvelles et montrent qu'il y a encore beaucoup à découvrir sur l'ampleur et la nature des effets secondaires des vaccins covid. Sans dramatiser, les indésirables graves demeurant plutôt rares dans la foule des vaccinés. Les millions de déclarations recueillies par les services de pharmacovigilance en Europe et Etats-Unis montrent cependant que le problème existe. Bien que des liens de causalité ne soient pas encore solidement établis, il serait donc souhaitable de mieux considérer le paramètre des effets indésirables des vaccins anti-covid dans leur rapport bénéfice-risque. Et surtout que la science avance.

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Crédits photo/illustration en haut de page :
Philippine Déjardins

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