Menacée de dissolution Nantes révoltée lance une pétition

Après avoir dissout plusieurs groupes d’ultra droite (Génération identitaire, les Zouaves à Paris et l’Alvarium à Angers), Gérald Darmanin s’attaque cette fois-ci à l’ultra gauche. Il a lancé le 25 janvier une procédure de dissolution de Nantes révoltée, un média militant de référence de l’extrême gauche dans la ville et bien au-delà. Celui-ci réplique avec une pétition.

Une décision curieuse : si les groupes d’ultra droite concernés s’étaient incontestablement livrés à des violences, ou comportés comme une milice dans le cas des identitaires qui avaient organisé des patrouilles dans les Pyrénées pour y chasser les éventuels migrants qui tenteraient de pénétrer en France, Nantes révoltée n’appelle pas à la violence. Le ministre de l’intérieur lui-même a été incapable d’exposer les raisons précises de cette procédure : « une fois que les choses seront construites et que nous serons inattaquables. (…) Lorsque les choses seront documentées, je proposerais au Premier ministre de l’inscrire au Conseil des ministres », a-t-il annoncé. Fait rarissime, le préfet de Loire Atlantique, Didier Martin, a publiquement désavoué son ministre dans un entretien à Ouest-France : « C’est bien gentil de nous rappeler que la procédure de dissolution d’un groupe de fait existe (mais) par exemple si Nantes révoltée est considéré comme un média, on est confronté au respect de la loi sur la liberté de la presse ».

Si Nantes révoltée a appelé à une manifestation non autorisée le 21 janvier, qui n’a occasionné que très peu de violences (une vitrine Zara cassée), le collectif se présente aussi comme un mé

dia indépendant qui produit de l’information et des révélations. Par exemple :  la diffusion d’une vidéo filmée lors de la mort de Steve Caniço, tombé dans la Loire après une charge de la police dans la nuit du 21 au 22 juin 2019 ; un ex néo nazi parmi les personnes ayant invité Zemmour à Pleurtuit (Ille-et -Vilaine) le 29 octobre dernier ; et une photo montrant Wilfried Van Liempdt, numéro 2 de la liste RN aux dernières municipales de Nantes, tabassant un antifa avec une matraque téléscopique.

Joint par Blast, un des animateurs de Nantes révoltée explique : « Darmanin, sous la pression d’élus locaux, est allé un peu vite en besogne. Il s’est précipité sans même savoir qui nous sommes, c'est-à-dire un média, et non un obscur groupuscule qui commettrait des violences. Nous sommes un média engagé qui soutenons les luttes sociales, mais nous ne sommes pas plus partisans que ne l’est Cnews à l’extrême droite. Darmanin va-t-il dissoudre cette chaîne ? », ironise-t-il.

Nantes Révoltée existe depuis 2012 et publie même une revue papier. Une pétition a été lancée, qui, à l’heure où nous écrivons ces lignes, a déjà recueilli 28 000 signatures.

Crédits photo/illustration en haut de page :
(c) Adrien Colrat

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