Histoire falsifiée, roman national : les historiens démontent l’extrême droite

La colonisation serait une « bénédiction » d’après Éric Zemmour, les chambres à gaz, « un détail de l’histoire » pour Jean-Marie Le Pen. On oublierait presque que le RN, anciennement Front national, a compté d’anciens Waffen-SS parmi ses fondateurs… Un parti qui ne compterait même aucun antisémite dans ses rangs… Depuis des décennies, ces contre-vérités sont au cœur des discours d’extrême droite. Un pseudo-roman national que sont venus contrer une cinquantaine d’historiens et d’intellectuels dans Les Faussaires de la nation : comment l’extrême droite défigure l’histoire (et comment lui résister). Vincent Duclert est historien et chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales. Maria Malagardis est journaliste à Libération. Tous deux ont dirigé cet ouvrage, comme un avertissement face aux sondages qui donneraient Marine Le Pen victorieuse en 2027, mais aussi comme un outil de « réarmement narratif » face à celle qui se disait dans un clip de campagne en 2017 ressentir « un attachement passionnel, viscéral, à notre pays, à son histoire ». Une initiative scientifique et démocratique, n’en déplaise à l’Éducation nationale. Dans un témoignage au Nouvel Obs, Vincent Duclert, inspecteur général, raconte qu’il s’est vu invité par l’institution à avancer d’un mois, « par confort », son départ à la retraite à l’annonce de la parution de cet ouvrage. Un nouvel entretien à découvrir sur Blast.

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Morgane Sabouret / Margaux Simon