Islamophobie d'État : comment l'hôpital traque les soignantes

Majdouline était infirmière à la Pitié-Salpêtrière depuis plus de sept ans lorsqu'elle a été révoquée de la fonction publique en novembre 2025. Son tort : avoir refusé d'ôter son calot chirurgical, un couvre-chef en tissu assimilé par sa direction à un signe religieux. Un cas loin d'être isolé. Depuis l'adoption par l'AP-HP d'une nouvelle charte de la laïcité aux applications de plus en plus rigoristes, des dizaines de soignantes disent avoir été ciblées pour le port de bouts de tissus jusque-là tout à fait banals dans les couloirs de l'hôpital public. À la Pitié-Salpêtrière seule, une vingtaine de situations similaires ont été recensées depuis 2025. Mais si le combat de Majdouline a été médiatisé depuis sa révocation, c'est une question plus large qui se joue dans l'ombre : celle d'un dévoiement progressif de la laïcité dans la fonction publique. Alors que l'hôpital est en crise et en manque constant de moyens, la parole des soignantes est, elle, rare et difficile à recueillir face à l'omerta et la peur des représailles. Des témoignages à retrouver dans cette nouvelle enquête de Blast.

Crédits photo/illustration en haut de page :
Morgane Sabouret / Margaux Simon