Pourquoi les principes d’opinion et d’élection sont problématiques

Depuis les années 1970, tout un ensemble d'expérimentations ont été menées pour mettre sur pieds de nouvelles institutions pour prendre des décisions politiques : « assemblées citoyennes », « jurys citoyens », « conventions citoyennes »… Ces formes inédites d'élaboration politique ont généralement été rangées sous le nom de démocratie délibérative. Or selon Geoffroy de Lagasnerie ces expériences incarnent au contraire une conception de la politique qui se situe en rupture avec presque l'ensemble des idées fondatrices de la démocratie (directe ou représentative). Ce sont tous les concepts de base de la démocratie moderne (l'idée d'opinion, l'idée de citoyenneté, l’idée de compétence universelle, l’idée de consentement collectif...) et toutes les institutions sur lesquelles elle repose (l'idée de vote, l'idée d’autogouvernement, de parlement ou de partis politiques) dont elles nous amènent à questionner le bien-fondé. Ces expériences fonctionnent comme des contre-modèles à la culture démocratique. Et nous ouvrent à la possibilité de concevoir une nouvelle organisation politique.

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Morgane Sabouret / Margaux Simon