Santé mentale : une réalité dramatique derrière la "grande cause nationale"

Pour la deuxième année consécutive, la santé mentale a été désignée « grande cause nationale » par le gouvernement. De plus en plus médiatisée depuis le Covid-19, de moins en moins taboue, cette question majeure de santé publique concernera un Français sur quatre au cours de sa vie et franchit une étape supplémentaire dans sa reconnaissance par les pouvoirs publics. Mais quels moyens concrets l’État se donne-t-il pour transformer cette reconnaissance en actions durables ? Alors que Frank Bellivier — le délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie — vient de démissionner, sur le terrain de la psychiatrie publique, les soignants, eux, multiplient les alertes sur leurs conditions de travail, les financements alloués et l’évolution de l’offre de soins au niveau national. Déserts médicaux, manque de moyens, pénuries de médicaments, fermetures de postes, de lits, voire d’établissements… Quelle réalité cache cette grande cause nationale ? Et si la psychiatrie publique et ses malades subissaient, eux aussi, les conséquences d’un démantèlement progressif de la fonction publique ?

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Morgane Sabouret / Margaux Simon