Comme un air d'union de la gauche...

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi dans 140 villes de France pour défendre les libertés démocratiques. À Paris, le défilé a renoué avec la tradition des grandes manifestations de la gauche.

Une manif sans incidents. Comme avant. Avant le préfet Didier Lallement, avant les gilets jaunes. Plusieurs milliers de personnes – 9 000 selon la police, 75 000 selon les organisateurs – ont ainsi défilé dans le calme à Paris, entre la place Clichy et celle de la République, pour défendre les libertés démocratiques et dénoncer l’emprise grandissante des idées d’extrême droite dans la société.

Une manifestation où étaient représentées toutes les familles de la gauche. La France insoumise - initiateur du projet dès le mois de mars – mais aussi Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Génération.s, Place publique, le Parti communiste, le NPA et les socialistes - discrets cependant. De nombreuses associations étaient également présentes : SOS Racisme, la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, Oxfam ou encore ATTAC. Sans oublier les syndicats : FSU, CGT, Solidaires, l’UNEF… La perspective de voir une, peut-être deux régions, basculer dans le giron du rassemblement national dans deux semaines et la manifestation des syndicats de police du 19 mai ont, à l’évidence réveillé bien des craintes.

Seul incident à déplorer, un jet de farine sur Jean-Luc Mélenchon alors qu’il répondait aux journalistes. L’auteur de cette agression symbolique s’est d’abord présenté comme un souverainiste de gauche. Très vite, il est apparu qu’il s’agissait en fait d’un sympathisant d’extrême droite.

Si le cortège n’était pas très fourni au départ, il s’est en revanche largement étoffé dans les derniers kilomètres. Au moins 20 000 personnes dont la moitié défilait en aval du carré de tête, ne souhaitant pas visiblement s’identifier à un parti ou un syndicat. Un signe supplémentaire de la faiblesse de l’offre politique à gauche.

Avant d’être recouvert de farine, Jean-Luc Mélenchon se félicitait de cette manifestation « d’unité populaire ». Pour autant, il est à craindre que ce défilé reste sans lendemain, faute de débouché politique ou électoral. Hormis une manifestation à Perpignan début juillet à l’occasion du congrès du rassemblement national, aucune initiative d’ampleur ne se profile. Même s’il y a incontestablement un réveil du peuple de gauche, celui-ci reste insuffisant pour bouleverser les scénarios que dessinent les sondages : un nouveau duel Marine Le Pen — Emmanuel Macron.

Crédits photo/illustration en haut de page :
manifestation pour les libertés et contre le fascisme. Paris, le 12 juin 2021. Hans Lucas et Rudy-Olivier Bento via AFP.

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