Harcèlement : le calvaire des femmes dans les multinationales

“ Ton jean te faisait un plus beau cul hier” “C’est charmant tes seins qui bougent comme ça quand tu ris” “Tu devrais faire des efforts, t’es plus jolie quand tu te maquilles” "S'il y avait un homme avec tes compétences, on ne t’aurait pas choisie” “Tu vas te marier, tu vas avoir des enfants, tu ne pourras plus évoluer dans l'entreprise.” “C’est quoi ta taille de bonnet ?” “J’ai rêvé de toi nue cette nuit.”

Ces phrases humiliantes, blessantes, sont tirées des dizaines de témoignages anonymes que Paloma Moritz a recueillis pour cette enquête, mais des centaines de milliers de femmes les ont entendues, souvent ce sont des mots, des réflexions, des plaisanteries sexistes parfois ils se traduisent en gestes, en agressions physiques ou sexuelles : une main aux fesses, aux seins, en plein open space ou en soirée d’entreprises, des textos insistants et déplacés... si bien que beaucoup de femme vont travailler avec une boule au ventre.

Les violences sexistes et sexuelles prennent des formes diverses mais le harcèlement sexuel en est l’une des plus courantes. Ce sont des comportements souvent persistants et malheureusement «normalisés » : des remarques ou avances sexuelles, des propos obscènes, affichage de photos ou d’images pornographiques, des contacts physiques imposés.

Selon l’AVFT, les conséquences de ces violences sont multiples : insomnies, modifications du poids, migraines, nausées, fatigue, problèmes sexuels, tentatives de suicide…sans compter tout l’impact que ces violences peuvent avoir sur la vie professionnelle et privée.

En France, 1 femme sur 3 a été harcelée ou agressée sexuellement sur son lieu de travail. 70% des victimes n’en parlent pas, et vivent avec, par peur de “casser l’ambiance”, des répercussions pour elles et leur carrière, de ne pas être crues. Mais souvent aussi parce qu’ils n’existent pas de mécanisme concret dans leur entreprise pour le faire. Parmi celles qui ont parlé, 40 % estiment que le règlement s’est fait en leur défaveur.

Le frein numéro 1 des femmes victimes c’est le préjudice réputationnel, surtout quand il y a de l’entre soi, on les menace quand elles font des alertes un peu orales, de les griller par la suite, peu de femmes osent porter publiquement les faits dont elles sont victimes.

Elise Fabing, avocate en droit du travail, CEO d’Alkemist Avocats

Comment expliquer que 4 ans après #MeToo la plupart des grandes entreprises ne sont pas au niveau sur la prévention et la prise en charge de ces violences ? Quels sont les leviers qui existent aujourd’hui pour les y contraindre ? Comment prévenir et arrêter ces violences dans le monde du travail ?

Pour aller plus loin :

Pour agir : 

Interpeller par mail les multinationales avec Action Aod

Soutenir l’AVFT (Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail )

S’engager avec le collectif Nous Toutes 

Plan de relance féministe Oxfam 

Crédits photo/illustration en haut de page :
(c) Adrien Colrat

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