
À l’Est Républicain, plus c’est gros, plus ça passe. À la locale de Belfort, un journaliste a pu pendant des années tenir des propos signalés comme sexistes, misogynes et obscènes, le plus souvent à l’encontre de jeunes consœurs, sans que sa hiérarchie n’y mette un terme. Malgré une condamnation pénale pour agression sexuelle sur une collègue l’été dernier, le groupe Ebra, propriétaire du quotidien, l’a maintenu en poste, le laissant couvrir des faits divers, y compris des affaires de violences sexistes et sexuelles. Les témoignages recueillis indiquent que le problème ne se limitait pas au journaliste : sa rédaction a laissé passer des comportements condamnables pendant plusieurs années, révélant un dysfonctionnement au sein de l’organisation. Il aura fallu qu’un petit média local révèle l’affaire, suivi d’un scandale interne, pour que la direction décide enfin de pousser son employé vers la sortie, alors qu’il approchait de la retraite.
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Margaux Simon