La Roya, huit mois après la tempête

Le 2 octobre 2020, la tempête Alex a ravagé la vallée de la Roya et ses villages enclavés entre les montagnes françaises et italiennes. Un événement tristement historique : 9 morts et 9 disparus, de nombreuses voies de communication coupées, 35 km de routes endommagés, une dizaine de ponts écroulés, près de 200 bâtiments détruits et d’innombrables séquelles psychologiques suite à cet l’évènement traumatique et les nombreuses pertes engendrées*

Huit mois plus tard, la vallée est toujours coupée du monde mais se reconstruit jour après jour. Ses 6000 habitant.es réparti.es dans 5 villages aussi. Quatre d’entre eux ont accepté de raconter cette nuit où leur vie a basculée et comment leur quotidien s'est depuis transformé. Entre colère et espoir, résilience et projections, leurs histoires et leurs mots nous décrivent une réalité difficile à imaginer.

Serge devant son café, au coeur du village de Breil-sur-Roya
© Caroline Delboy

“Il y a des papis qui ont 95 ans, qui ont vécu la guerre de 39-45 et qui m’ont dit qu’en 5 ans ça avait pas fait autant de dégâts que la soirée du 2 octobre”

Mia, dans les hauteurs de Breil-sur-Roya
© Caroline Delboy

Mia, dix ans, a grandi dans la vallée de la Roya. Elle nous raconte avec ses mots d’enfants et accompagnée de son père Renaud, comment elle a vécu cette journée exceptionnelle depuis sa maison, dans les hauteurs de Breil-la-Roya. Dès le lendemain, elle assiste aux premiers secours dans les gymnases, puis se rend compte jour après jour que son quotidien d’enfant ne sera plus le même.

“On est obligé.es de rester là parce qu’ il y a plein de trucs qui sont partis,

surtout des jeux… du coup on s’ennuie.”

Lolita, arrivée de Paris il y a cinq ans, a eu un coup de foudre immédiat pour la vallée et sa future maison, qu’elle a vu s’écrouler sous ses yeux, le soir du 2 octobre. Elle raconte comment elle a vécu cette soirée effroyable avec ses voisins, dont certains ont péri dans la catastrophe. Et tout ce qu’elle met en œuvre depuis pour reconstruire sa vallée et sa maison.

Lolita devant la porte de son habitat temporaire, en attendant la reconstruction de sa maison sur les bords de la Roya
© Caroline Delboy

“Quand tu te plains que tu as perdu des affaires et ta maison,

tu te sens à la fois légitime et pas légitime”

Emilie, dans les hauteurs du village de Tende, au nord de la vallée
© Caroline Delboy

Emilie est aide soignante à domicile. Habitante dans le haut de la vallée, elle n’a pas cru d’abord aux dangers de la tempête qui arrivait. L’hôpital local pour lequel elle travaille, situé en bord de rivière, a été évacué en urgence dans des conditions dégradées. Nos “aînés” ont malgré tout fait à ses yeux preuve d’une grande force mentale. Elle rêve de reconstruire la vallée selon un modèle plus juste et mieux pensé pour le respect de l'environnement, des idées parfois difficiles à réaliser dans une vallée avec des populations et des réalités clivées.

“Le seul et unique moyen pour que cet endroit ait un avenir, c’est qu’on parte

dans un projet commun d’une vallée verte”

* Pour aller plus loin sur les conséquences de la tempête et le WE de consultation citoyenneté organisé les 26 et 27 mai pour associer les habitant.es à la reconstruction de leur vallée : le reportage de Paloma Moritz et Caroline Delboy.

Crédits photo/illustration en haut de page :
© Caroline Delboy

Soutenez Blast, le souffle de l’info

Likez, partagez, commentez

Vous souhaitez nous alerter sur un sujet ? Vous avez des infos qui vous semblent mériter que la rédaction de Blast les analysent, pour éventuellement enquêter dessus ?
Cette adresse mail vous est ouverte : enquetes.blast@protonmail.com (voir les instructions)