MEDIATOR : 3000 morts plus tard, retour sur les lieux du crime

Plongée dans le scandale du Médiator où deux mois après un procès long de six mois dont le verdict a laissé toutes les parties sur leur faim, Irène Frachon « la mémoire de cette affaire » comme elle se définit, revient en compagnie de Denis Robert sur l’origine de ces morts et de ces souffrances sur ordonnances.

« Ce jugement est une copie de juriste qui ne veut pas prendre en compte l’ampleur du drame et des préjudices. Le sens de la justice a été oublié » énonce Irène Frachon dans ce numéro 3 de Zoom Arrière où la lanceuse d’alerte du scandale du Médiator revient sur 14 années de bataille et un procès où la tromperie aggravée des laboratoires Servier a été reconnue, mais pas l’escroquerie. Ni la liste des 3000 morts liées à la prise d’un coupe faim soit disant inoffensif. « On accouche d’un jugement presque barbare si on regarde ce qu’ont enduré les gens » explique la fille de Brest, comme l’a surnommée Emmanuelle Bercot dans un film de cinéma éponyme sorti en 2015.

Ici, pendant plus d’une heure, elle raconte le management très particulier de Servier qui continue à nier avoir vendu un médicament mortel, malgré la disparition de de son fondateur en avril 2014 et la litanie des morts et des victimes aux poumons atrophiés. « L’obsession des cadres de la firme étaient la peur du déremboursement et la perte du chiffre d’affaires. On est face à une véritable secte où personne ne s’intéresse à la sécurité du patient. » jette sans jamais mollir la pneumologue. La douleur et la colère paraissent intactes voire décuplées pour elle, surtout depuis que le parquet de Paris a fait appel du jugement. C’est la promesse d’un nouveau procès qui pourrait enfin solder les comptes, clore le combat et apaiser les âmes.

Crédits photo/illustration en haut de page :
Blast, le souffle de l’info

Soutenez Blast, le souffle de l’info

Likez, partagez, commentez

Vous souhaitez nous alerter sur un sujet ? Vous avez des infos qui vous semblent mériter que la rédaction de Blast les analysent, pour éventuellement enquêter dessus ?
Cette adresse mail vous est ouverte : enquetes.blast@protonmail.com (voir les instructions)