Merci Miles ! Dix recommandations discographiques pour célébrer les trente ans de la mort de Miles Davis

Le 28 septembre 1991, Miles Davis mourait à l’âge de 65 ans dans un hôpital californien où il venait d’entrer pour un examen médical. Véritable figure pop ayant littéralement incarné son époque des années 1950 aux années 1970 - comme plus tard Michael Jackson ou Madonna - son aura rayonne bien au-delà du public amateur de jazz. Car au cours d’une carrière de plus de cinquante ans, Miles a touché à tout : jazz cool, bop, hard-bop, musique classique, bossa nova, jazz modal, funk, rock, R&B, et même hip hop. Trente ans après sa mort, l’héritage de Miles Davis peut paraître intimidant pour qui voudrait entrer dans son univers : plus d’une centaine d’albums studio et en concert, des dizaines de coffrets, des éditions post-mortem, sans compter ses enregistrements comme sideman. Pour célébrer cet anniversaire, je vous propose une sélection subjective de onze enregistrements qui sont autant de portes à ouvrir sur l’une des plus passionnantes carrières musicales du XXe siècle.

Après les pionniers que furent notamment Duke Ellington et Charlie Parker, le jazz moderne s’est incarné dans la trajectoire de deux musiciens que tout a opposé : celles de John Coltrane et de Miles Davis. Le premier, Coltrane, semble avoir suivi jusqu’à sa mort précipitée une quête spirituelle dont l’avancement pouvait s’entendre dans l’évolution de son souffle. Sa trajectoire a été rectiligne, et si l’on connaît un petit peu l’artiste, on peut presque dater un enregistrement inconnu à l’oreille.

Miles Davis, à l’inverse, a vampirisé toutes les époques, passant sans vergogne d’une mode musicale à l’autre, parfois même les initiant, à l’image d’un David Bowie dans l’univers du rock. En bon vampire, il a recruté de nombreux groupes en intégrant à chaque fois les meilleurs musiciens disponibles du genre qu’il voulait honorer. John Coltrane évidemment, mais aussi Thelonious Monk, Bill Evans, Sonny Rollins, Cannonball Adderley, Herbie Hancock, Keith Jarrett, Wayne Shorter, Chick Corea, John McLaughlin comptent ainsi parmi les très nombreux musiciens ayant contribué à magnifier les enregistrements de Miles en additionnant leur génie au sien. Ces collaborations au sommet expliquent en partie la diversité affichée par la musique de Miles Davis (bien qu’il ait toujours été son propre directeur musical), et l’on n’ose imaginer ce qu’auraient pu donner les enregistrements envisagés avec Jimi Hendrix, Paul McCartney et Prince, trois disques avortés par accidents (à l’exception d’un unique duo avec Prince, publié post-mortem).

“J’ai changé plusieurs fois l’histoire de la musique”, a affirmé Miles Davis lors d’un dîner à la Maison blanche. Une affirmation qui, à l’image de son auteur, manque de modestie, mais que personne ne pourra démentir.

LA NOUVEAUTÉ :

Merci Miles (Rhino, 2021)

Une nouveauté accompagne l’anniversaire des trente ans de la mort de Miles Davis : un live inédit : “Merci Miles”. Enregistré au festival de Vienne (en France) le 1er juillet 1991, c’est l’un des tous derniers concerts du trompettiste. Plutôt tourné vers des reprises jazz de succès pop du moment (Cindy Lauper, Michael Jackson) que son propre répertoire, on y entend pour la première fois sur un disque officiel de Miles Davis deux titres de Prince (“Penetration”, “Jailbait”) que celui-ci avait composé spécifiquement pour lui et jamais enregistré. Comme souvent en concert, Miles laisse s’exprimer ses musiciens (au saxophone, Kenny Garrett est grandiose), habitant l’espace par touches minimalistes et posant des soli plutôt courts. Si le son eighties du groupe a mal vieilli (basse slappée, reverb envahissante sur la batterie, synthétiseurs), l’orchestre groove de la première à la dernière note (un ultime morceau où Miles Davis est bizarrement absent).

Cet album ne constitue pas une entrée en matière idéale pour les néophytes mais amène une pierre plutôt inédite à l’édifice pour les connaisseurs : aucun concert de cette ultime année n’avait fait l’objet d’une parution officielle. Miles, affaibli par la cocaïne dont il abusait à la fin de sa vie et - semble-t-il, même si cela n’a jamais été officialisé - le SIDA livre une prestation plus que digne. Spectral, le musicien brille comme à son habitude, et révèle une dernière fois malgré la production clinquante toute son élégance.

DEUX CLASSIQUES :

Kind of Blue (Columbia Records, 1959)

“Kind of Blue”, ou le classique des classiques. Ce disque rassemble tous les publics, au-delà de celui auquel il s’adresse. Comme les albums chantés de Chet Baker, c’est un jazz qui rassemble et ne fait jamais fuir les néophytes. Car ces quarante cinq minutes magistrales possèdent une magie rare : “Kind of Blue” agit comme un sortilège directement sur le cerveau de l’auditeur, qui plonge dès les premières notes de contrebasse de “So What” dans une torpeur bienheureuse. On parle ici de l’album de jazz le plus vendu de tous les temps, d’un disque généralement cité à la première place de tous les classements, ce qui n’était pas gagné pour un enregistrement qui se voulait expérimental par son approche modale en rupture avec les habitudes des musiciens de cette session. Pas de répétition, très peu d’instructions données aux musiciens par Miles, juste la consigne d’improviser sur des gammes autour de courts motifs instrumentaux (généralement, pas plus de deux gammes par morceau !). Tout le génie de John Coltrane, Bill Evans, Cannonball Adderley, Jimmy Cobb et Paul Chambers s’exprime ici. Les musiciens semblent animés par une puissance cosmique, ils tutoient les étoiles comme animés par une inspiration divine. Le résultat paraît d’autant plus impressionnant que le disque ne réunit quasiment que des prises uniques : hormis quelques faux départs et une version alternative pour le morceau “Flamenco Sketches”, “Kind of Blue” est enregistré quasiment d’une traite, en deux sessions qui ont forgé la légende du jazz (une version CD “deluxe” permet d’écouter l’ensemble des deux sessions). Si le terme de “chef d'œuvre” est généralement galvaudé, il prend pour ce disque tout son sens.

Bitches Brew (Columbia Records, 1970)

L’album du doublé ! Onze ans après “Kind of Blue”, “Bitches Brew” devient le deuxième album de jazz le plus vendu de tous les temps. Alors au sommet de sa popularité, Miles Davis décide pour son 35e album de tout jeter par-dessus la table. Fasciné par les enregistrements de Jimi Hendrix et Sly Stone, des artistes que lui a fait découvrir son épouse Betty Davis (future chanteuse funk particulièrement expressive), Miles convoque l’essence du rock et se convertit à l’électricité. Les sessions réunissent de nombreux musiciens : trois pianistes (Joe Zawinul, Larry Young, Chick Corea), un guitariste (John McLaughlin), deux bassistes (Dave Holland, Harvey Brooks), quatre batteurs et un percussionniste ! Tout ce beau monde joue souvent en même temps lors de sessions longuement improvisées et recomposées aux ciseaux par un producteur avant-gardiste : Teo Macero (“The Complete Bitches Brew sessions”, un coffret 4 CD proposant les prises avant montage complète avantageusement l’album).

Le guitariste John McLaughlin est celui qui a le mieux décrit le résultat, comparant ce disque à du “Picasso sonore, Miles peignant sa musique avec des musiciens transformés en pinceaux”. Véritable révolution musicale annonçant les extravagances du jazz rock (pour le meilleur, mais surtout le pire), “Bitches Brew” est un incontournable pour la génération hippie qui s’ouvre à ce jazz psychédélique, agressif et aventureux. Les morceaux sont longs, souvent dépourvus de structure voire de mélodie, et l’album est double, ce qui nécessite un effort pour entrer dans la musique, exigeante. Malgré cela, le succès est immense : Miles Davis va devenir un habitué des festivals de rock de l’époque, construisant l’image qui lui collera désormais à la peau jusqu’à la fin de sa vie : celle du musicien en pattes d’eph affublé de larges lunettes noires, courbé sur une trompette munie d’une sourdine. Moins accessible que “Kind of Bue”, “Bitches Brew” a ses fans comme ses détracteurs. La méthode de production avec la complicité de Teo Macero se poursuivra sur de très nombreux albums, et on peut raisonnablement affirmer que de meilleurs disques vont suivre. Mais “Bitches Brew” reste l’album rock le plus populaire de Miles, une pierre angulaire de sa discographie.

UNE BANDE ORIGINALE DE FILM :

Ascenseur pour l'Échafaud (Fontana, 1958)

En 1957, Miles Davis est lancé : son premier quintet avec John Coltrane explose en notoriété et en créativité, et il vient par ailleurs de démarrer une collaboration très fructueuse avec le chef d’orchestre Gil Evans. Son nom apparaît de plus en plus souvent dans la presse spécialisée américaine en tant que trompettiste préféré des lecteurs. C’est aussi l’année où il est opéré de la gorge et sort de ses gonds alors qu’il est censé garder le silence le temps de la cicatrisation. Il en gardera une voix de corbeau enroué qui lui sera désormais emblématique.

Cette même année, Miles débarque à Paris à l’invitation du producteur Marcel Romano pour une série de concerts. La légende veut que le jeune cinéaste Louis Malle l’ait attendu avec Romano au pied de l’avion pour lui proposer de composer la musique de son film “Ascenseur pour l’échafaud”, ce que le trompettiste accepte sur le champ.

Il faut faire vite : un groupe est recruté, majoritairement français et n’ayant jamais joué avec Miles (Barney Wilen, Pierre Michelot, René Urtreger, Kenny Clarke). Ils enregistrent en trois heures au milieu de la nuit une musique complètement improvisée sur les images du film, sans aucune préparation. Marcel Romano reconnaît dans cette musique des bribes improvisées en concert la même semaine.

L’album, mélancolique, ne ressemble en rien à la musique enregistrée par Miles la même année (“Walkin’”, “Cookin’”, “Miles Ahead”). La musique entendue dans le film est noyée dans une reverb rajoutée en studio, qui la rend encore plus vaporeuse et mystérieuse. Les rééditions CD ont ajouté à cela l’intégralité des prises improvisées sans l’effet d’écho, qui amènent une toute autre impression, plus naturelle.

On peine à trouver l’équivalent d’une aussi parfaite fusion entre musique improvisée et images filmées, à une exception près : la bande son du “Dead Man” de Jim Jarmusch enregistrée par Neil Young en 1995 dans les mêmes conditions.

SIX INCONTOURNABLES :

Birth of the Cool (Capitol, 1957)

Publié la même année que la musique du film “Ascenseur pour l'Échafaud", “Birth of the Cool’ est un manifeste. L’album a en réalité été enregistré lors de deux sessions de 1949 et 1950, et présente un tout autre Miles Davis. En sept ans, le jazz et lui ont fait des pas de géants. Mais à l’époque où “Birth of the Cool” est enregistré, la musique est en soi révolutionnaire : Miles s’éloigne du son bop à la mode pour proposer un jazz ralenti, plus détendu (“cool”, comme annoncé), avec un orchestre de neuf musiciens. Le compositeur Gil Evans est à la direction de celui-ci, et collabore pour la première fois avec le trompettiste. La musique gravée ici incarne le versant le plus élégant du trompettiste. Les morceaux sont courts (3 minutes 26 pour le titre le plus long) : parfait pour la radio, comme sur un disque pop. La musique est propulsée par la batterie puissante de Max Roach, l’un des plus grands de son époque.

Pour Miles Davis, c’est un premier sommet dans une longue discographie, dont on peine à comprendre qu’il ait mis sept ans à être publié : son impact en a sans doute été amoindri. Lorsque cette musique est enregistrée, Miles Davis a 23 ans… C’est la première fois qu’il apparaît ainsi en explorateur. Toutes les promesses de la musique à venir sont déjà là.

“Porgy and Bess”, (Columbia Records, 1959)

J’aurais pu choisir “Sketches of Pain” ou “Miles Ahead” à la place de “Porgy and Bess”, deux autres albums enregistrés avec Gil Evans, et autres sommets discographiques. Tous ces albums (ainsi que “Quiet Nights”, l’album bossa nova de Miles, un cran en-dessous) sont enregistrés par le trompettiste avec un orchestre symphonique, ici en plus de son groupe de jazz : sur “Porgy and Bess”, les contributions de Cannonball Adderley au saxophone et Paul Chambers à la batterie sont déterminantes.

A chaque fois qu’il collabore avec Gil Evans, Miles explore des territoires inconnus. Par exemple en reprenant le Concerto d’Aranjuez sur “Sketches of Pain”, album d’inspiration espagnole. Très différent, “Porgy and Bess” propose une interprétation originale du célèbre opéra de George Gershwin (1935) en version instrumentale. En touchant aux racines de la musique populaire américaine, Miles écrit pourtant le futur : cette musique de Gershwin va après Miles Davis intégrer les répertoires jazz et rock jusqu’à aujourd’hui. “Summertime” par exemple (même si déjà reprise par Billie Holiday et Ella Fitzgerald avant lui) sera interprétée par des milliers d’artistes, d’Albert Ayler à Janis Joplin. Sous la direction de Miles et Evans, “Porgy and Bess” devient un festival de cuivres exubérants, une musique élégiaque à laquelle on prend toujours un immense plaisir à revenir.

Miles Smiles (Columbia Records, 1967)

De l’audace, toujours de l’audace. Après une période touchée par la grâce avec son premier quintet (marquée évidemment par le succès de “Kind of Blue”), Miles Davis vire tout le monde et recrute quatre nouveaux musiciens : Wayne Shorter au saxophone, Herbie Hancock au piano, Ron Carter à la basse et le très jeune Tony Williams à la batterie. Encore un pari gagnant : une fois de plus, Miles Davis révolutionne sa musique, qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il faisait auparavant.

Deuxième album sur six enregistré avec ce célébrissime deuxième quintet, “Miles Smiles” est sans doute le meilleur de la formation. La musique y est emblématique de ce groupe au jeu serré, dont la moitié des compositions sont signées par Wayne Shorter, et une seulement par Miles (“Circle”). Cette musique demande de la concentration : elle rebondit de surprise en surprise, sans jamais céder à la facilité. Elle défriche, recherche l’accident. Une histoire racontée par Herbie Hancock sur cette époque est éloquente : alors qu’il avait plaqué par erreur au milieu d’un morceau en plein concert un accord complètement faux, Miles Davis, après une seconde de surprise, avait brodé une mélodie autour de cette erreur. Se confondant en excuses à la fin du concert, Hancock s’était vu répondre par Miles un simple sourire. Voilà bien résumé l’état de l’esprit du moment : expérimenter, apprendre de ses erreurs, et regarder vers l’avant. Peu de formations seront aussi aventureuses.

In A Silent Way (Columbia Records, 1969)

Sorte de préquelle à “Bitches Brew”, “In a Silent Way” utilise les mêmes règles de composition et de production, mais pour un résultat bien plus doux et mélodieux, comme une version plus méditative et moins éclatée. A ce titre, on peut considérer l’album comme le chaînon manquant entre les deux plus grands succès de Miles Davis. Jamais la musique du trompettiste n’a paru si atmosphérique. Deux morceaux seulement, mais doubles (une suite par face du 33 tours), qui sont le résultat d’un intense travail de montage, de collage et de création de boucles par Teo Macero et Miles Davis. Les musiciens semblent en apesanteur lors de ces improvisations collectives : Miles Davis invente le jazz dépourvu de swing. C’est à partir de ce disque que les rockers commencent à tendre l’oreille. Lester Bangs, critique rock de Rolling Stone écrit alors : “C’est le genre d’album qui vous donne foi dans le futur de la musique. Ce n’est pas du rock and roll, mais ce n’est pas du jazz stéréotypé non plus (...) C’est une musique transcendantale qui anéantit toute classification, utilisant des instruments de tous styles et de toutes cultures, et qui ne se définit que par sa profonde émotion et une originalité qui n’est pas affectée”. Moins connu que son successeur, c’est pourtant le meilleur album de la période électrique de Miles Davis.

A Tribute to Jack Johnson (Columbia Records, 1971) / On the Corner (Columbia Records, 1972)

Encore une révolution ? Oui. Toujours avec la méthode éprouvée de Teo Macero, Miles Davis se décide à expérimenter autour du genre à la mode au début des années 1970 : le funk. Si la collaboration espérée avec Jimi Hendrix, qui vient de sortir son premier disque funk (« Band of Gypsys ») est anéantie par la mort de celui-ci, Davis recrute un groupe gigantesque, avec joueurs de tabla, clarinettiste, deux guitaristes électriques et trois pianistes aux synthétiseurs (Lonnie Smith, Chick Corea, Herbie Hancock), que l’on n’entendra que sur la face B. Il faut avouer que le résultat est assez loin du funk à la mode, et ressemble plutôt à un magma expérimental de musique concrète : on est plus proche de Frank Zappa que de James Brown ! La matière des sessions, à nouveau découpée par Teo Macero, servira en fait à réaliser plusieurs albums qui n’ont rien à voir avec le funk, mais qui sont tout aussi bons, à commencer par “Big Fun” et “Directions”. Miles reviendra au funk un an plus tard avec l’album “On the Corner”, encore plus radical. Le meilleur de cette époque est à découvrir dans un coffret 5 CD : “The Complete Jack Johnson Sessions”, qui propose des pistes inédites miraculeuses.

L’ALBUM INJUSTEMENT MAL AIMÉ

Doo Bop (Warner Bros. 1992)

Au début des années 1980, Miles Davis effectue un dernier virage, inspiré cette fois du rock FM. Il se prend de passion pour Cindy Lauper, qu’il reprend à chaque concert, et enregistre avec Marcus Miller l’album “Tutu” (1986), inspiré des sonorités de l’époque (grosses batteries, reverb) qui divise profondément ses fans. Le tout dernier album qu’il enregistre (et qui sort après sa mort) : “Doo-Bop” pousse le curseur encore plus loin, en intégrant pour la première fois des sonorités hip hop. Avec un nouveau producteur (Easy Mo Bee), il compose un nouveau brouet aux sonorités inédites, où l’on entend - ce qui est très rare chez Miles - des voix. Trois rappeurs viennent ainsi poser leur flow sur les morceaux, amorçant un phénomène qui va devenir majeur sur la décennie à venir : la fusion du rap et du jazz, qu’elle soit initiée par des rappeurs comme Guru et Jurassic 5, ou des jazzmen comme Steve Coleman et Erik Truffaz. Juste avant de mourir, Miles Davis amorce donc, pour la énième fois, une révolution musicale qui entraînera dans son sillage toute une génération.

Crédits photo/illustration en haut de page :
Miles Davis, à son concert au Wiener Stadthalle. 1969. Imagno / Votava via AFP

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