Un putsch très vieille école, le poing à la rose

Pendant des années, la fédération PS des Bouches-du-Rhône a été l’épicentre du pouvoir de Jean-Noël Guérini, et de ses dérives. Une époque révolue, avec désormais une autre gauche (Le Printemps marseillais) à la tête de la ville ? Pas si sûr...

«Je rêêêêvaaaaiiiis d'un auuuutreeee mooonde...» Et oui, à Marseille paraît qu'on vit une époque nouvelle : renvoyés au monde d'avant (le printemps) les petites combines, le clientélisme, les gros bras et les coups bas entre amis, la popol comme on disait, une pratique et conception de la politique has been... Fini tout ça, Marseille c'est la modernité ! Désormais, place à la politique : la vraie, la grande avec un grand P, la seule qui vaille, pour le bien de tous et l'intérêt général. Rien n'est plus comme avant, puisqu'on vous le dit.

Collégialité pour pieds nickelés

Bon... Ça c'est beau, et c'est sur le papier. Mais, que voulez-vous, après il y a le monde réel. Tenez, voilà une belle histoire : pour synthétiser, une 1ere secrétaire fédérale du PS (qui n'est plus ce qu'il était mais reste un joujou utile pour préparer les élections) envisage de passer la main. La dame est désormais députée européenne. Nora Mebarek a donc mieux à faire. Mais pas sans avoir auparavant, organisé la succession. Il est alors question d'installer à la tête de la Fédération PS Bouches-du-Rhône une direction collégiale. C'est pratique, ça permet de neutraliser les ambitions et de garder la main. Mais ça ne plaît pas à tout le monde, ce genre de demi-mesures. Et voilà qu'une équipe de pieds nickelés décide de revivre à sa façon les plus belles journées de la politique et du socialisme à la marseillaise. Désolé pour ceux qui pensaient qu'aujourd'hui était devenu demain...

Tontons flingueurs

Nos compères vont donc organiser la prise de la fédé. Ils sont au moins 3, selon nos infos : un adjoint du maire de Marseille (oui), un maire de secteur (oui, oui) et le chauffeur d'un élu de (tout) premier plan (hé oui). On ne sait pas s'ils ont pris un véhicule officiel, par contre. Et la belle équipe de se lancer dans une opération digne des apparatchiks d'autrefois, preuve que ce petit monde a été à (très) bonne école. Nous, ça nous rappelle plein de choses. Ça a un petit air de prise du Petit provençal époque Defferre en 1944, ou encore de ces flingues qui pointaient sous les vestes aux plus beaux jours de la fédération sous Guerini, quand il s'agissait de faire comprendre aux idéalistes (à la Arnaud Montebourg ) qu'on n’allait pas laisser la place à cause d'un rapport non consenti... Sauf que quand on monte au braquo, faut réussir son coup.

Dans cette histoire de bras cassés very old school, il est question maintenant d'une plainte sur le point d'être déposée, par une victime de ce coup de force (en plus de celle annoncée par l'ex-future 1ère fédérale dans le document que nous publions). Ça pourrait faire tâche. De quoi par ailleurs ambiancer les cogitations d’Olivier Faure, le patron du PS à Paris (en banlieue).

Une chose est certaine pour revenir à Marseille, tous ceux qui craignaient que la politique ne s'aseptise et devienne ennuyeuse (un truc à la Jean-Marc Ayrault , l'ex 1er ministre, vous voyez le genre, ou tenez à la Jacques-Henri Eyraud, le président turfiste de l'OM pour rester local) se sont inquiétés pour rien. Désormais, ils peuvent être rassurés.

En cadeau, pour les convaincre, Blast publie un document interne au PS qui donne le fil conducteur de cette petite histoire.

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Crédits photo/illustration en haut de page :
AFP

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