Biotech (1/3) : un business sous influences.

La crise sanitaire a vu surgir les entreprises de la biotech. Poussées par le gouvernement d’Emmanuel Macron et censées faire émerger la médecine du futur, ces start-ups sont devenues un gisement sans fond pour l’industrie pharmaceutique. La moitié des traitements produits et les thérapies géniques pourraient représenter 50% des médicaments qui arriveront sur le marché d’ici 2025. Enquête sur un monde nouveau hyper libéral et élitiste qui préfigure celui de demain.

Qui, avant la pandémie du covid, avait entendu parler de BioNTech ? Peu d’entre nous, très certainement. Dorénavant, les « innovations » développées par les entreprises du secteur des biotechnologies sont systématiquement présentées comme source d’un progrès inéluctable et salvateur. Une promesse jamais remise en cause.

Mais qu’en est-il vraiment ? D’où viennent ces Biotech, quelles sont leurs activités, les mécaniques qu’elles mettent en œuvre pour assurer leur développement et que produisent-elles au juste ? Pour confronter cette « publicité » sans contrepoint à une réalité plus concrète et objective, nous avons décidé d’aller voir de près. En nous concentrant sur le cas de dix de ces « pépites » - comme on les appelle - de biotechnologies, spécialisées dans le secteur de la santé. Et plus particulièrement nous avons passé au crible celles qui développent des traitements issus du vivant (cellules, ADN, tissus organiques…), les HealthTech (1) .

Pour définir notre panel, nous avons retenu deux catégories de sociétés : d’une part celles citées en « exemple » dans l’écosystème HealthTech, et d’autre part celles dont les dirigeants occupent une place de choix dans les médias, où ils sont régulièrement invités à s’exprimer sur l’actualité économique et financière. Les unes comme les autres pèsent d’un poids considérable dans la façon dont se dessine notre appréhension de la médecine de demain.

À partir de données publiques, nous avons retracé l’historique de ces sociétés et le parcours de leurs dirigeants. Nous avons également examiné leur situation financière, les rémunérations qu’elles distribuent à ceux qui les font fonctionner, les essais cliniques en cours, les financements obtenus et les traitements commercialisés.

Cet examen minutieux, s’il n’a pas de valeur statistique (2) , permet de se faire une idée du fonctionnement et des règles de « l’écosystème des entreprises de la HealthTech ». Un biotope où les opérations financières le disputent aux manipulations génétiques. D’annonces en annonces, de yoyos boursiers en levées de fonds, de spéculations en promesses, ces biotech cumulent : des traitements potentiels (beaucoup), des euros (en milliards).

Immunothérapie, thérapies géniques ou cellulaires, ces sociétés couvrent un grand nombre de domaines médicaux, comme l’oncologie, l’ophtalmologie, les allergies ou encore les maladies héréditaires. La plus ancienne, Transgène, a été créée en 1981, la plus récente, InnoSkel, en 2020. Comptant en tout et pour tout quatre traitements aujourd’hui sur le marché (deux vaccins et deux médicaments de thérapie génique) (3) , les biotechnologies de notre panel financent leurs activités de recherche et développement (R&D) en capital-risque (4)  et, pour une part non négligeable, par de l’argent public. Elles produisent essentiellement du déficit chronique, ce qui n’empêche pas leurs dirigeants d’empocher des rémunérations substantielles et d’occuper une place très en vue dans l’espace public. Six d’entre elles sont cotées en bourse. Boosté par le récit des « success story » des BioNTech, vendues avec gourmandise par les médias, le secteur de « l’innovation en santé » est en plein « boom ».

Le choix d’Emmanuel Macron

Dans son bulletin de santé semestriel de la French Tech, Bpifrance, la banque publique d’investissement, fait état au 30 juin 2021 d’une « année record pour les levées de fonds supérieures à 20 M€ » - avec un doublement de ces opérations de financement pour un montant total de près de 5,4 milliards d’euros. En 2019, les Biotech en santé ont généré un chiffre d'affaires global de près de 800 millions d'euros, qui a plus que doublé en cinq ans. Ce qui représente un revenu moyen de 2,2 millions d'euros par entreprise. D'ici 2030, d'après Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, ces sociétés pourraient générer « un chiffre d'affaires annuel de 40 milliards d'euros »

Véritable choix idéologique, économique et politique, « l’Innovation » représente un enjeu majeur et, crise oblige, les biotech du domaine de la santé font l’objet de toutes les attentions sonnantes et trébuchantes du président de la République.

Vendre au monde entier

« Nous vivons aujourd’hui une vraie révolution dans les domaines de la santé et des sciences de la vie, affirme Emmanuel Macron en introduction du plan Innovation Santé 2030, qu’il a lui-même annoncé en juillet 2021. Et je suis convaincu que les décennies à venir seront celles de la santé, des biotech et des sciences du vivant ». Le président de la République candidat à sa succession le dit sans ambages : « La France fait un choix aujourd’hui. (…). Celui d’être un pays qui prend en main son destin, assume de prendre son risque pour innover, inventer, fabriquer et vendre au monde entier les produits et les solutions de santé de demain ».

Emmanuel Macron : « France needs to become the place where compagnies and products are invented, produced and brought to international markets ». Le business de la santé comme à Hollywood... Vidéo de promotion pour Les Journées de l'Innovation HealthTech (HTID).


Une conviction qui a un coût : 7,5 milliards pour les entreprises innovantes de la HealthTech. Et un cap, fixé par le chef de l’État pour 2030 : « Avoir au moins 20 biomédicaments contre les cancers, les maladies émergentes et les maladies chroniques dont celles liées à l'âge », afin de « faire de la France la 1ère nation européenne innovante et souveraine en santé ».

De son côté, dans le cadre du 4ème Programme d’investissements d’avenir (PIA 4), le Premier ministre Jean Castex annonce en septembre 2020, 20 milliards sur 4 ans au bénéfice des fameux « écosystèmes de la recherche et de l’innovation ». Deux fois plus que les précédents programmes (12 Md€ en 2014, puis 10 Md€ en 2017).

Ces milliards comme s’il en pleuvait ruissellent dans toute l’Union européenne : celle-ci vient d’en accorder 95,5 au 2ème plan septennal intitulé «Horizon Europe (2020 - 2027) », programme-cadre de l’Europe pour la recherche et l’innovation. Il fait suite au précédent, qui avait déjà mobilisé 80 milliards d’euros, pour la période 2013-2020.

La révolution 4.0

Intimement liée au développement du génie génétique, la révolution à laquelle Emmanuel Macron se réfère est en marche depuis plus d’une trentaine d’années. La découverte de l’ADN en 1962, les premières techniques de son séquençage en 1977 et le projet « Génome humain » achevé en 2003 s’accompagnent de l’apparition à la fin des années 90 de sociétés spécialisées dans l’ingénierie cellulaire et de tissus vivants, regroupées sous l’appellation de Biotechnologies. Une révolution 4.0 qui n’a cessé de faire des adeptes et dont la crise du Covid a, pour certains, opportunément amplifié l’écho.

Avec l’innovation pour mantra et le progrès technologique comme condition du bonheur, ce qui est considéré comme la 4ème révolution industrielle, encore appelée « industrie 4.0 » ou « industrie du futur », est porteuse de « grandes promesses ». Il s’agit en effet, selon la définition qu’en donne Wikipédia, de « séduire les consommateurs avec des produits uniques et personnalisés, et, malgré de faibles volumes de fabrication, de maintenir des gains ».

Pour Klaus Schwab, fondateur et président du Forum Économique Mondial (Davos) (5) , c’est « un nouveau chapitre du développement humain » qui s’ouvre, « fusionnant les mondes physique, numérique et biologique et fusionnant les technologies de manière à créer à la fois promesse et péril ». L’homme de Davos a parfaitement saisi combien la période actuelle est particulièrement favorable à ce dessein : « Maintenant, alors que le monde est aux prises avec le COVID-19, il y a une opportunité pour embrasser davantage cette révolution de manière à créer une économie mondiale plus inclusive et centrée sur l'humain. »

Dans cette révolution, « l’Europe est loin derrière les États-Unis et la Chine », déplore de son côté Philippe Tibi, professeur d’économie à l’école Polytechnique, dans un rapport intitulé « Financer la 4ème révolution industrielle - Lever le verrou du financement des entreprises technologiques ». Une sorte de bible commandée par Bruno Le Maire et Cédric O à l’ancien président de l’Association française des marchés financiers (Amafi) et d’UBS investment bank en France. Elle a été remise en juillet 2019.

Une grande cause nationale 

« L’Innovation comme condition de la prospérité du peuple français et la puissance industrielle comme condition du leadership politique », telles sont les deux équations posées d’emblée par celui qui est par ailleurs et encore fondateur d’une école qui forme les futurs dirigeants d’entreprise : le Pergamon Campus. Cet institut, qui a ouvert à Paris en 2013 à côté du jardin du Luxembourg, produit également des notes. Par exemples sur « L'Insolente Prospérité du Football Mondialisé » ou encore sur « Le Tourisme, Huitième Merveille d'Un Monde Globalisé ».

Bien campé sur ces deux « lois naturelles », Philippe Tibi en appelle dans son rapport aux leçons si « éloquentes » de l’histoire économique afin de montrer que « les gains de productivité sont classiquement associés au progrès technologique ». Un grand principe que certains ont trop tendance à oublier : « Il est donc important de rappeler inlassablement les leçons de l’histoire politique et de la théorie économique à un peuple français enclin à considérer que la marche de l’histoire s’est arrêtée et que les hiérarchies de niveaux de vie entre pays demeureront figées », sermonne le professeur.

Fin connaisseur du « peuple français » et de la « grammaire du marché », celui qui est devenu président du comité exécutif et des comités techniques du projet Financement Scale-Up (6)  au ministère de l’Economie, des finances et de la relance propose avec force de promouvoir la French Tech comme un thème d’investissement, au même titre que l’investissement responsable et solidaire. Et, ça va avec, de « bâtir un récit idéologique et culturel autour de l’investissement dans le secteur technologique comme « ardente obligation », pour gagner la bataille des idées ».

Des idées, Philippe Tibi n’en manque pas. Les siennes se jaugent à plus d’un milliard d’euros pour la création de 10 fonds de capital-innovation, à 10 milliards pour le lancement d’un fonds « global Tech » et 10 autres milliards pour des fonds « late stage » (7).

Pour les financer, le professeur d’économie a une solution : l’épargne des Français, évaluée fin 2017 à 5 014 milliards d’euros, et à 5 665 milliards fin 2020, dont une « sur-épargne » estimée par la Banque de France à 130 milliards. Un trésor de guerre lorgné par l’ensemble des dirigeants de la HealthTech.

Une idée fixe

Bernard Gilly est co-fondateur de GenSight Biologics, de BrainEver, président d’Ibionext, co-fondateur de France Biotech, membre du conseil d’administration de l’Inserm, partenaire associé de Sofinnova Partners et président de Pixium Vision. Cet entrepreneur frénétique – il a aussi été le Pdg de Transgène, dont il a piloté l’introduction en bourse en 1998 - le disait déjà en 2013 dans Good Morning Business sur BFM TV : « Aujourd’hui, il y a des moyens de canaliser de l’épargne au niveau national à des niveaux très importants, (…) on parle de l’assurance vie depuis des années, bah oui, il faudrait faire quelque chose pour forcer un peu l’assurance vie. Une toute petite partie de l’assurance vie ce serait largement suffisant pour faire croitre nos entreprises et en faire des entreprises compétitives au plan international ». 

Bernard Gilly le 24 juillet 2013, sur le plateau de BFM Business.


Un fléchage de l’épargne présenté comme un gage d’autonomie et une alternative à l’appropriation des candidats-médicaments par Big Pharma, encouragée par le dispositif fiscal mis en place cette même année par Pierre Moscovici et Fleur Pellerin - dans le but de favoriser le financement de l’innovation par les grands groupes pharmaceutiques.

Sept ans après, « orienter l’épargne des Français vers l’économie réelle et les entreprises est plus que jamais une priorité ». Dans la feuille de route de l’actuel ministre de l’Economie Bruno Le Maire, le lancement de la 1ère édition de la « private equity (8) pour tous » en témoigne. Ainsi, depuis octobre 2020, les particuliers peuvent engager leur épargne, directement et digitalement, avec un ticket d’entrée « démocratique » de 5 000 euros (3 euros/entreprise) dans un fonds commun de placement à risque (FCPR) géré par Bpifrance, la banque publique d’investissement.



« Un dialogue inédit »

Parmi les 27 propositions pour la présidentielle de 2022 formulées par le Leem (le lobby français des entreprises du médicament), celle « d’orienter plus fortement l'épargne vers le financement de l'économie de l'intelligence (recherche académique, biotechnologies, numérique et IA) » est en bonne place. Une idée fixe, on le voit. Sans oublier, pour solutions complémentaires, de « renforcer le caractère attractif du crédit d’impôt recherche (le CIR, ndlr) » et de « mettre en place une politique fiscale adaptée aux enjeux du renforcement de l’autonomie sanitaire ».

Urgence sanitaire oblige, cette « coterie » entendait peser dans la campagne et faire des industries de santé un « sujet central dans le débat électoral » qui s’ouvrait. Pour aider au choix du « mieux disant » pour son cahier des charges, le Leem a créé un « comparateur 2022 » des propositions « santé et médicaments » des 12 candidats. 

Au bureau du lobby des médicaments, Sanofi occupe un fauteuil – il est seul grand groupe français à y siéger. La multinationale a compris depuis longtemps que « l’innovation est dehors », poursuivant avec constance sa suppression d’emplois dans la R&D. Mais pour autant Sanofi compte bien prendre le train en marche. Son président pour la France doit même en être la locomotive, Olivier Bogillot ayant hérité du pilotage du plan Innovation Santé 2030. Le même est aussi président du comité stratégique de la filière Industries et technologies de santé (ITS) et président de la Fédération française des industries de santé (FEFIS). 

Enthousiaste en ce début 2022, Olivier Bogillot se félicite « qu’une année particulièrement dense pour notre fédération vient de s’achever, alors que l’année qui s’ouvre promet d’être tout aussi trépidante pour notre secteur. En effet, 2021 a permis à notre secteur d’asseoir un dialogue inédit avec les pouvoirs publics ». On ne saurait mieux dire.

Nous sommes en 2030

Pour soutenir ce dialogue encore un peu plus, le Leem a également publié ses prédictions : « Santé 2030 : analyse prospective de l’innovation en santé » réalisée avec la société de conseil Futuribles.  Un document « reposant sur la vision d’experts », médecins, chercheurs venus d’horizons aussi divers que Sanofi Pasteur, l’Institut Mérieux, Ariis, l’Inra, Bpifrance ou encore des hôpitaux… Dans ce prestigieux cortège d’experts (« de renom »), on retrouve par exemple le très médiatisé Jean-François Delfraissy et, parmi les pilotes, Jean-Pierre Armand, présenté par ses fonctions à « Gustave Roussy » (le centre de soins et de recherches contre le cancer de Villejuif) - un pilote qui cumule bien d’autres compétences et activités entrepreneuriales (9) . 

La prophétie contenue dans ce document produit par les lobbyistes de l’industrie pharmaceutique est révélée dès l’introduction : « l’accélération des innovations technologiques et thérapeutiques nécessite la transformation de notre système de santé ». Cette lecture est édifiante. La synthèse de ces réflexions dépeint le futur de traitements d’une telle précision qu’ils permettront une médecine personnalisée avec un patient autonome car hyper-connecté, et dont les données médicales seront gérées sur une plateforme dédiée. Que d’économies et « d’efficience » en perspective ! Avec toujours, éthique oblige, le « patient au cœur du système de santé ».

Ces perspectives radieuses transportent littéralement le président du Leem… en 2030. Comme s’il nous livrait le récit d’un voyage spatio-temporel, Frédéric Collet, également président de Novartis France, nous embarque avec lui dans son « édito » : « Nous sommes en 2030. Quentin a 18 ans, on lui a diagnostiqué un lymphome de Hodgkin. Grâce à l’épigénétique et à l’immunothérapie, il est sauvé. Pierre a 52 ans. Il est diabétique de type 1 depuis l’enfance. Grâce à la thérapie cellulaire, il est guéri. Marie a 79 ans. Elle souffre d’insuffisance cardiaque depuis peu (…). Grâce à un système de pompes cardiaques composées d’une membrane ondulante qui reproduit les pulsations du cœur, elle est guérie ». Sur le moment, face à cette fascinante littérature, on éprouve le besoin de marquer une pause. Avant de reprendre : « Safia a 37 ans. La progression de sa sclérose en plaques est stoppée net grâce à une combinaison d’anticorps monoclonaux... Nous sommes en 2030. (…) le champ des possibles a été repoussé ».

Vidéo promotion du Leem « Les métiers du médicament : entrez tous les jours dans le futur ».


2022, « the real life »

Le retour à 2022 est difficile. Le réveil l’est d’autant plus que certaines pathologies citées par le président du Leem ont déjà leurs « traitements innovants » disponibles sur le marché européen. Avec des résultats plus que mitigés. Voici résumé dans un tableau ce que nous avons trouvé pour soigner Quentin et Safia. Pour se faire une idée fiable, nous avons confronté parmi d’autres éléments pour chacun d’eux les avis de la Haute autorité de santé (la HAS) à ceux de la revue Prescrire, qui fait référence en matière d’avis critique, qualifié et indépendant.

Le « rêve » de Frédéric Collet passé au crible par Blast, en 2022. D’ici 2030, la route est longue…

Pour le diabète de Pierre, la biotech Adocia, qui « a pour but de délivrer des médicaments innovants pour tous, partout », travaille à améliorer les techniques de transplantation de cellules pancréatiques. Un défi médical prometteur dont la prochaine étape programmée est « [d’]obtenir la preuve du concept chez l’animal en 2021 », peut-on lire le 5 mars 2022 sur le site de cette société lyonnaise côté en bourse. « Il nous reste à démontrer une bonne implantation et une bonne survie sur le long terme chez l'animal, le gros animal. On a fait des expériences très prometteuses chez la souris et chez le rat ». Du « gros animal » à Pierre, reste encore un pas à franchir : « On est aujourd'hui chez le cochon, avant de passer chez l'homme », nous informe le directeur général délégué d’Adocia

Pour l’insuffisance cardiaque de Marie, Frédéric Collet du Leem fait sans doute référence à la pompe développée par CorWave, une technologie s’inspirant de la nage des animaux marins pour créer une membrane ondulatoire capable de reproduire le flux du cœur natif, fruit de 20 ans de recherches. En 2019, la jeune pousse française CorWave annonçait le succès d’une étude préclinique de 60 jours effectuée sur des animaux. En 2021, une autre étude préclinique a vu la membrane fonctionner avec succès pendant 90 jours. On attend désormais les essais cliniques et une première implantation chez l’humain. Une fois cette étape passée, Marie se prépare de vieux jours heureux… Tout dépend, disons-le quand même, de ce que « guérir » signifie pour Frédéric Collet, finalement revenu parmi nous pour conclure son édito et son voyage : « Nous sommes en 2020 et en ordre de marche pour 2030 ».

*En collaboration avec Marie Mira

(1) Les biotech spécialisées en santé se divisent en HealthTech pour les traitements et en MedTech pour les dispositifs médicaux et e-santé, domaine qui s’occupe des outils pour la transformation numérique du système de santé.

(2) En 2020, « l'écosystème des healthtech françaises se compose de plus de 2000 entreprises, dont 750 biotech, 1100 medtech et 200 start-up dans l'e-santé. »

(3) Ixiaro® (encéphalite japonaise), Dukoral® (chloléra), Lumevoq® (maladies héréditaires de la rétine) et Zolgensma® (amyotrophie spinale infantile).

(4) Le capital-risque est une branche du capital-investissement spécialisée dans le financement de jeunes entreprises innovantes à haut potentiel de croissance.

(5) K. Schwab a écrit La quatrième révolution industrielle (2016) et est co-auteur de COVID-19: La Grande Réinitialisation (2020)

(6) Scale-Up Europe est un projet européen visant à créer 10 géants technologiques d’ici 2030.

(7) On distingue en général quatre stades de développement des start-ups : l'incubation, l'amorçage, le démarrage et celui de la croissance dit « late-stage », avant son rachat ou son passage au statut de « scale-up », jusqu’à la miraculeuse « licorne », valorisée à plus d'1 Md$. 

(8) Le capital-investissement( ou « private equity ») consiste en un investissement en fonds propres dans une société non cotée en bourse.

(9) Jean-Pierre Armand, oncologue à l’IGR est aussi cofondateur et président de la Biotech Pegascy, président d’Armand Delaurier Consulting, de PEGA-TWO, PEGA-THREE, DG de PEGA-ONE. Via Pegascy, il est actionnaire (33%) de Resolved (Peg-AI). Il est membre du conseil scientifique de la société Tollys : « Dr Armand is active at ESMO, EORTC, at EMEA French agency (ANSM) and in China ». Aucune nomination en cours n’est retrouvée sur le site de l’EMA et de l’ANSM, ce que laissait augurer la publicité « approximative » de ses mandats…

A suivre

Jeudi, suite de notre enquête, second volet :

Le futur en marche, ou le marché du futur 

Crédits photo/illustration en haut de page :
(c) Adrien Colrat

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