
Qu’attendre d’un rapport sur l’audiovisuel public rédigé par un député d’extrême droite ? Pas grand-chose, assurément. A fortiori lorsque l’on a suivi les auditions et les débats de la commission d’enquête parlementaire dont ce document est issu, qui ont ressemblé à un long et laborieux procès, avec le député ciottiste Charles Alloncle dans le rôle du petit procureur maccarthyste. Ce dernier, soutenu dans son entreprise par les médias de la galaxie Bolloré, a finalement rédigé un rapport qui, s’il n’appelle pas ouvertement à la privatisation/liquidation de France Télévisions et Radio France, formule une liste de préconisations qui donnent une idée assez précise de l’idée que l’extrême droite se fait des médias, de la démocratie et de la liberté d’informer. Une vision face à laquelle il ne suffit pas d’opposer une défense de l’audiovisuel public tel qu’il est, mais bien celle d’un projet ambitieux : pour un véritable service public de l’information et de la culture, émancipé du pouvoir politique, protégé des puissances économiques et pleinement acteur de l’exercice du débat démocratique.
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Morgane Sabouret / Margaux Simon