
Dans le huis clos des cabinets israéliens, les psys palestiniens, citoyens d’Israël, affrontent une tragédie de l'aliénation. Pris entre ce qu’ils vivent et ce qu’ils doivent taire, ils soignent dans la langue de l’institution tout en étouffant leur propre cri. Le système exige d'eux une neutralité de façade alors que leur propre peuple subit l'anéantissement. Entre l'injonction au mutisme et le choc du génocide, ces soignants habitent une mutilation identitaire absolue. Guérir l'autre exige désormais l'amputation de leur propre mémoire. Face à cette asphyxie, le rapport de l'ONG Mada Al Karmel détaille leur issue : la création de cercles de parole autonomes. Pour ces praticiens, retrouver le « nous » constitue l'unique remède. En nommant la réalité occultée dans leur propre langue, ils transforment le soin en un acte de libération. Ils cessent d'être des rouages du système pour redevenir des sujets de leur propre histoire.
Crédits photo/illustration en haut de page :
Morgane Sabouret / Margaux Simon