Climat : pourquoi les assureurs sont responsables de l'effondrement à venir

Le dérèglement climatique n’est plus une projection. Il est déjà là. Et il met sous tension un pilier fondamental de nos sociétés : le système d’assurance. Sécheresses, inondations, grêles, incendies : en France, les catastrophes naturelles se multiplient chaque année. Mais pendant que les risques explosent, les assurances censées mutualiser et absorber ces chocs réduisent leurs garanties, augmentent leurs tarifs, ou se retirent totalement de certains territoires. En Europe, 75 % des dommages liés aux événements climatiques extrêmes ne sont pas assurés. Ce chiffre dit tout. Le modèle actuel ne tient plus face à l’accélération climatique. Car dans le même temps, les grandes compagnies d’assurance continuent d’afficher des bénéfices élevés. Un paradoxe apparent, qui masque une réalité plus brutale : pour rester rentables, les assureurs sélectionnent, excluent, et déplacent le risque… vers les particuliers et les collectivités. Résultat : assurer sa maison, son entreprise, ou même une commune entière devient de plus en plus difficile. Parfois impossible. Ce n’est pas un scénario théorique. Aux États-Unis, certaines zones ne sont déjà plus couvertes par les assurances classiques. En France et en Europe, les mêmes mécanismes sont à l’œuvre.

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Morgane Sabouret / Margaux Simon