Un fasciste entre guerre froide, sectes et templiers

Milieu des années 90. La guerre froide est terminée et l’ennemi qu’Yves Guillou a traqué toute sa vie semble avoir disparu. Mais au lieu de clore le parcours de l’ancien chef d’Aginter Presse, cette disparition ouvre une dernière énigme : qu’est devenu ce combattant de l’ombre après sa victoire, et qu’avait-il réellement voulu défendre au nom de « l’ordre naturel », des « valeurs occidentales » et de la « primauté de l’esprit sur la matière » ? Ce sixième épisode d’Agent Occident – Portrait d’un faf suit les trente dernières années de la vie de Guillou, de sa cavale discrète en Espagne jusqu’à sa mort en 2022 dans un EHPAD du Var. À mesure que les journalistes, les magistrats et quelques chercheurs tentent de retrouver sa trace, un autre visage apparaît : celui d’un vieil homme passé par les milieux néo-templiers, les réseaux ésotériques, le New Age et des communautés spirituelles troubles, sans jamais rompre tout à fait avec un dualisme combattant. En replongeant dans l’histoire longue de l’ésotérisme occidental, des ordres chevaleresques réels ou factices, des sectes templières et de leurs connexions avec l’extrême droite, les services et les réseaux clandestins de la guerre froide, cet épisode explore la persistance d’un même imaginaire : celui d’une élite initiée chargée de défendre l’Occident contre le matérialisme, l’égalité et la démocratie. Plus qu’un épilogue biographique, il raconte les tentatives de survie d’un monde.

Crédits photo/illustration en haut de page :
Margaux Simon / Morgane Sabouret