Adrexo : une affaire plombée de l’intérieur

Jeudi, Blast publiait une enquête pointant les mensonges des dirigeants d’Adrexo (l’opérateur retenu par l’État avec La Poste pour distribuer les tracts des élections de juin) et ceux du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, pour tenter de minorer leurs responsabilités devant le Parlement. Une histoire mêlant népotisme et jeux d’influence dont on commence à effleurer l’ampleur.

Dans notre enquête publiée cette semaine - « Le parjure de Darmanin » -, nous révélons la façon dont le ministre de l’Intérieur et les dirigeants d’Adrexo (et Hopps, holding qui chapeaute cette société responsable de l’incroyable pataquès des dernières élections régionales) ont menti devant la représentation nationale. Depuis, c’est un silence de plomb. Une absence de réactions qui interroge. Les amoureux de l’art militaire y voient la promesse du feu à venir. Ceux qui préfèrent la stratégie politique le présage d’un enterrement de première classe. A Blast, nous cherchons à savoir si cette affaire Adrexo, en passe de se transformer en affaire Darmanin, pourrait devenir une affaire d’État- et un boulet pour Emmanuel Macron.

Fiction et crachat

Devant les parlementaires, Gérald Darmanin a inventé une histoire qui exige, pour être avalée, d’avoir le goût des couleuvres et un sacré appétit. Cette fiction, celle d’un ministre de l’Intérieur contraint dans le choix de son opérateur dont il n’a découvert son incapacité à honorer le contrat qu’une fois celui-ci signé (pour un marché touchant au fonctionnement de la vie démocratique), tient d’une farce sinistre. Nous avons cherché à le joindre. Pour l’instant, silence radio. Dans le fatras des dénégations et excuses pouvant expliquer les centaines de milliers de professions de foi non distribuées, l’homme de la place Beauvau et les dirigeants d’Adrexo ont également évoqué une cyberattaque… tellement cyber que ces mêmes dirigeants ont finalement reconnu qu’elle n’y était pour rien. Cette terrible attaque n’a en revanche pas empêché les seconds de demander, et obtenir, une avance dès le mois de mai. Cette précipitation montre combien l’argent de ce marché était vital pour cette société au bord de la rupture – alors que la solidité financière d’un candidat à un appel d’offres, surtout de ce niveau, est un critère décisif pour le choisir.

Les membres de la commission des lois de l’Assemblée nationale, devant laquelle les dirigeants d’Adrexo sont venus s’expliquer, se sont fait berner. Exemple le plus flagrant : en réponse à une députée (Mathilde Panot, groupe FI), mettant en cause leur gestion, ils ont insisté sur le fait qu’ils ne pouvaient être comptables des errances du passé. Ayant repris Adrexo en 2017, ils ne sauraient être tenus responsables de problèmes plus anciens - des casseroles innombrables, en matière salariale et sociale. Ce qui est faux : le coprésident du groupe possédant aujourd’hui Adrexo, Eric Paumier, le sait parfaitement pour avoir été le directeur général de la même société avant de la racheter avec son principal associé, Frédéric Pons (qui lui en était alors le PDG salarié). Curieux mélange des genres. Nos lecteurs savent depuis jeudi que ce même Pons a été à cette époque (avant le rachat) condamné à ce titre à deux reprises devant un tribunal pénal, puisque Blast a publié un jugement - le jugement de 2012 de la cour d'appel de Mont-de-Marsan le condamne pour travail dissimulé, alors, on le découvre, qu'il était déjà le principal dirigeant d'Adrexo et d'Adrexo Sud-Ouest en 2007...

Le 29 juin, devant la commission des lois de l’Assemblée, Eric Paumier, le patron d’Adrexo/Hopps, est au centre du jeu. A sa droite, la députée LREM et présidente de la commission Yaël Braun-Pivet, à sa gauche, Olivier Brousse, le DG d’Adrexo.

Après coup, les membres de la commission des lois ont certainement savouré le décryptage et la mise en perspective dans l’enquête de Blast. Ces propos relèvent d’infractions prévues au code pénal. Selon le dictionnaire, le terme parjure se définit comme « un faux serment, une violation de serment ». L’expression « une personne parjure » désigne donc celle qui a commis un parjure, ou celle qui est coupable de cette violation de serment. Cette notion, anglo-saxonne, trouve son équivalent en droit français dans l’infraction de « témoignage mensonger ». Elle est prévue et réprimée par l’article 434-13 du code pénal, auquel renvoie l’article 6 III de l’ordonnance n°58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires.

Silence dans les chambres

Depuis nos révélations sur cette histoire d’élections sabotées, et ses suites, les réactions ont été rares. Ce qui peut surprendre vu ce qui est ici en jeu, et la façon dont la mission de contrôle de l’action du gouvernement par le Parlement est bafouée. Mais les semaines ont leur rythme, et les saisons aussi : dans les deux chambres, on est actuellement accaparé par une fin de session chargée, à la vieille des vacances.

Au Sénat, le silence de ce vendredi se justifie - par le souci de ne pas gêner les travaux en cours de la commission d’enquête, créée dans la foulée du second tour des régionales et de la visite du ministre de l’Intérieur au palais du Luxembourg. Sous la présidence du sénateur LR François-Noël Buffet, la commission avance, décidée à faire son travail, si on en juge par les auditions de cette semaine – et notamment, ce mardi, celle de la présidente de l’Arcep, l’autorité de régulation de la distribution postale, venue battre en brèche les justifications fantaisistes l’homme des élections (de leur organisation) au gouvernement.

La Macronie sans voix

A l’Assemblée, en revanche, ce même silence est empreint de gêne. Les députés le savent, à commencer par les membres de la majorité En marche : l’histoire Adrexo est sulfureuse, le gouvernement dans ses petits souliers. Elle est très loin d’avoir livrée toute sa vérité. La Macronie espère que la marmite sera suffisamment étanche pour que tout ce que contient cette affaire d’État ne soit pas étalé au grand jour. Soulever ce couvercle, ce à quoi nous travaillons, est une affaire d’utilité publique. Au-delà des enjeux financiers et de l’argent public dilapidé, le processus démocratique a été mis à mal. Les citoyens et les candidats n’ont pas été égaux devant l’élection.

Au palais de Lassay, Richard Ferrand n’a pas trouvé le temps de commenter ce qui tient d’un bras d’honneur à l’Assemblée nationale qu’il préside, sa mission et son indépendance. Pas plus de disponibilité du côté de Christophe Castaner, prédécesseur de Gérald Darmanin à l’Intérieur, au groupe LREM. Notre demande est là aussi restée lettre morte.

Sollicité également par Blast, le ministre de l’Intérieur n’a lui non plus pas donné suite à nos questions. Pas plus que son homologue de l’Economie et des Finances. Bruno Le Maire en sait pourtant long sur les secrets inavouables de cette galaxie Hopps, qui possède aujourd’hui Adrexo et d’autres entreprises, notamment de distribution de courriers et prospectus. Le CIRI, la cellule spéciale pour les sociétés en grande difficulté (sous la protection de laquelle Adrexo et Hopps se trouvent depuis 2019), est placé sous sa responsabilité directe, pour y gérer les affaires réservées. Dans la forteresse de Bercy, les ministres du Budget la pratiquent et la connaissent bien également, les dossiers qui y sont traités étant sensibles. C’est le cas d’un certain Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics jusqu’en juillet 2020. Difficile d’imaginer qu’il n’était pas informé, pas plus que Bruno Le Maire, des difficultés d’Adrexo et du groupe Hopps.

Peu de gens le savent, ce n’est expliqué nulle part, l’acronyme Hopps scelle l’association en affaires d’un trio. Elle signifie Holding opérationnel Pons, Paumier et Salabert, et agrège donc le nom de ses dirigeants fondateurs. « HOPPS Group est un groupe français spécialisé dans les activités e-commerce et expert du média courrier, peut-on lire sur le site de la holding. Notre singularité réside dans la création de verticales d’activités liées par des synergies industrielles et financières fortes, et un développement organique et externe ambitieux sur des marchés en forte croissance. Nos différentes marques sont reconnues, en France et à l’international pour leur expertise et leur leadership de marché. Nous construisons des offres adaptées aux besoins de nos clients, qu’ils soient professionnels ou particuliers. Chez HOPPS Group, nous sommes également convaincus que l’entreprise doit également marquer son empreinte sur le territoire et auprès de la société. C’est la raison pour laquelle nous menons une politique entrepreneuriale engagée et responsable, guidée par des valeurs fortes », vante la com maison. On peut dire que les dirigeants de Hopps ne se sont pas plantés, ici. On se souvient encore avoir entendu Eric Paumier vendre la dimension sociale très forte de sa boutique. Leur empreinte, les « hoppers », comme ils aiment s’appeler, l’ont indéniablement marquée, sur toute la société et tout le territoire. Plus de cinquante départements ont été « informés » par les distributeurs d’Adrexo. On connaît aujourd’hui le résultat. Et l’ampleur du désastre.

D’après nos informations, les patrons d’Hopps seraient désormais en train de négocier avec l’État et leurs généreux sponsors une sortie du contrat (le contrat passé début 2021 avec l’Intérieur court en effet jusqu’en 2024) contre un chèque de « dédommagement » de 30 à 35 millions d’euros. Un joli pactole en guise de remerciements qui, s’il venait à être accordé, remonterait directement dans la holding des trois dirigeants. Tout est bon, on le voit, dans le Hopps.

Un ministre qui n’est responsable en rien et de rien

Sandrine Rousseau n’est pas parlementaire, elle. Ça n’empêche pas l’économiste et ex-vice-présidente écologiste de la Région Nord-Pas-de-Calais de dénoncer avec force la façon dont les assemblées ont été traitées : « Tout ça témoigne d’un non-respect total du sens et de leur rôle de vigie de la démocratie », pointe la candidate à l’investiture EELV pour la présidentielle. « Avec cette histoire, considère pour sa part Éric Coquerel, on touche à quelque chose qui n’aurait jamais du être confié au privé et encore moins soumis aux lois du marché, au profit d’intérêts qui n’ont rien à voir avec l’État et l’intérêt général ». A l’Assemblée, nous avons donc fini par tomber sur des élus que cette affaire ne laisse pas indifférent, et qui acceptent d’en parler. « Là, reprend le député Insoumis, on se retrouve avec une société qui fait appel à des gens sous-payés et exploités pour faire sa marge ».

Julien Aubert est connu pour son franc-parler. Le député LR a lui identifié « trois erreurs » dans cette affaire. « La première, attaque-t-il, c’est de mettre en concurrence (La Poste et Adrexo ont été toutes deux retenues pour ces doubles élections, départementales et régionales, ndlr) ». Un choix auquel l’élu du Vaucluse - pas convaincu non plus par « cette privatisation à tout va de nos services publics » - n’adhère pas : « La preuve en a été donnée avec ce fiasco de façon éclatante ». Deuxième « erreur » pointée par l’élu Républicain, « on ne peut pas confier à une entreprise aussi fragile un sujet aussi important, qui relève d’une mission de service public ». Enfin, troisième reproche, la gestion par le ministre, une fois le mal fait. « Quand on fait ce genre de boulettes, assène Julien Aubert, on assume. En politique, la responsabilité, ça un sens, ça ne consiste pas se défausser sur une autorité administrative indépendante, qui n’y est pour rien ».

Depuis mardi, et l’audition de la patronne de l’autorité de régulation des envois postaux, l’argument ministériel ne tient plus.

Le député LR du Vaucluse Julien Aubert : « En politique, la responsabilité ne consiste pas se défausser sur une autorité administrative indépendante, qui n’y est pour rien »
Assemblée nationale, avril 2018. Hans Lucas / Arthur Nicholas Orchard via AFP

Parmi les parlementaires, même si beaucoup restent mezza voce, de plus en plus de voix estiment que la responsabilité du ministre est désormais engagée. C’est ce que pense Éric Coquerel :« C’est quand même le donneur d’ordre qui est responsable des choix qu’il fait et des résultats : préparer et organiser les élections, c’est une des missions les plus importantes du ministre de l’Intérieur. Si vous avez failli c’est déjà problématique, et votre responsabilité est engagée, mais si vous avez en plus menti, ce que vous soulevez, c’est autre chose encore. Il se trouve que Gérald Darmanin a menti et ça ne peut pas passer comme ça, avec des excuses. On aura l’occasion de poser des questions à l’Assemblée, à travers la mission d’information ». Aurélien Taché, le député ex LREM, devenu leader du groupe Ecologie, démocratie et solidarité, semble partager cet avis, même s’il insiste pour regarder au-delà du sort du 1er flic de France. « Dans cette affaire, vous sortez des éléments, lance le député du Val-d’Oise à Blast, les journalistes révèlent des choses, un ministre doit en répondre, clairement. La question de sa responsabilité, je comprends que certains la posent, et ça me semble même légitime. Justice ou pas, on verra. Moi, ce qui m’intéresse c’est sur le plan politique : comment peut-on avoir un pouvoir qui accepte ça, sur le plan moral et politique ? »

Il va falloir qu’il parte !

« Ça me rappelle le ministre de la Santé qui n’est jamais responsable, par exemple pour le problème des masques, reprend Julien Aubert. Et maintenant on a un ministre de l’Intérieur qui lui aussi n’est responsable en rien et de rien, pour les élections. Peut être que s’il était un peu moins préoccupé par ses propres élections et plus par celle des Français, on n’en serait pas là ! » Pour Sandrine Rousseau aussi, la question du maintien en fonction du locataire de la place Beauvau est clairement posée. « Gérald Darmanin est accusé dans une affaire d’agression sexuelle, rappelle l’enseignante-chercheuse en économie, et maintenant, selon vos informations, il vient devant la commission des lois tronquer la vérité. Ce n’est pas possible. Il va falloir qu’il parte, à moment donné ».

Selon Aurélien Taché, pour tirer la leçon de cette pantalonnade, il faut la replacer dans un fonctionnement d’ensemble. Il tient du système, à ses yeux : « Cette affaire pourrait n’être que quelque chose d’assez anecdotique, avance-t-il, si on n’était pas dans un contexte plus inquiétant. Oui, Adrexo on peut se dire « ils sont juste loupé » mais en réalité on est face à quelque chose de plus profond, et beaucoup plus grave : un gouvernement qui considère que la démocratie, au sens où je l’entends, est quelque chose qui ralentit plutôt que quelque chose qui donne de l’allant ».

L’ex-vice présidente de la Région Nord-Pas-de-Calais Sandrine Rousseau : « Gérald Darmanin est accusé dans une affaire d’agression sexuelle et maintenant il vient devant la commission des lois tronquer la vérité. Ce n’est pas possible »
Sandrine rousseau en mars 2021. Philippe Dezmazes via AFP.

A droite, Julien Aubert y voit aussi le signe d’un dysfonctionnement de la République. Il ne dit pas autre chose, avec ses mots à lui. « Les parlementaires de cette majorité se considèrent comme le prolongement du corps exécutif, dénonce le Vauclusien. En fait, ils voient dans la mission de contrôle du Parlement une forme d’insubordination alors que c’est sa noblesse de la remplir, et d’être indépendant de l’exécutif. Résultat, à force ne pas assumer ce rôle, on se retrouve avec des juges qui prennent la place ». « Chez ceux qui gouvernent, reprend en écho Aurélien Taché, il y a l’idée que finalement, la gauche, la droite, le débat démocratique, le Parlement, tout ça est un frein ».

Il y a urgence à trouver un sursaut éthique

Sandrine Rousseau juge que l’affaire Adrexo/Darmanin raconte quelque chose « qui est très inquiétant » : « notre démocratie est négligée à plusieurs titres, alerte l’ex-porte-parole des Verts, et du coup elle est en danger. Quand les professions de foi n’arrivent pas, chez ceux qui doivent voter ; négligée parce que le ministre ne dit pas la vérité devant la commission des lois au Parlement ; et négligée enfin parce que tout ça a l’air quand même de passer inaperçu parce qu’on apprend la veille qu’Eric Dupont Moretti a oublié de déclarer plusieurs dizaines de milliers d’euros ! A l’évidence, il y a urgence à trouver un petit sursaut éthique ».

En attendant, la commission d’enquête du Sénat reprend ses travaux avec deux nouvelles journées programmées en début de semaine prochaine. Avec un rendez-vous attendu lundi à 15 h30, avec l’audition de Jean-Benoît Albertini, le secrétaire général du ministère de l’Intérieur. A l’Assemblée nationale, la création de la mission d’information a été actée ce mercredi. Jean-Michel Mis (LREM) et Raphaël Schellenberger (LR) en sont les deux rapporteurs. On attend maintenant que la mission précise son planning, son organisation et sa composition dans sa totalité – on sait déjà que Clémentine Autain y représentera le groupe FI. Conclusions attendues pour la rentrée, pour pouvoir juger si elles sauront aussi vite oubliées que rendues.

Élu en 2017 sous les couleurs de La République en marche, Aurélien Taché ne s’y fera pas reprendre : « Emmanuel Macron voulait renouveler la vie démocratique, quatre ans plus tard il est un de ceux qui l’aura le plus fait régresser »
Septembre 2020 à l'Assemblée nationale. Hans Lucas / Arthur Nicholas Orchard via AFP.

Avant hier, jeudi, dans un message mis en ligne sur son compte Twitter, dans la foulée de la parution de l’enquête de Blast, Sandrine Rousseau avait écrit ces mots : « Vous pouvez détester la politique, ne même plus avoir envie de la lire. Mais ce dont il s’agit là, c’est important, un mensonge devant le Sénat ». Avant d’ajouter encore ceci : « La démocratie est notre édifice, notre pays, notre commun, et aussi notre honneur de peuple ».

De son côté, Aurélien Taché ne dit pas autre chose, insistant sur la dimension très politique de cette histoire en cours. A la lumière de cette nouvelle affaire, l’ancien compagnon de route de l’actuel président de la République regarde clairement vers 2022. « Je l’ai rejoint à un moment où il y avait cette promesse de changer les choses », rappelle le député, en préliminaire. Et le constat est sévère : « Il (Emmanuel Macron, ndlr) a dit vouloir renouveler la vie démocratique, il l’a affaiblie de bout en bout, et quatre ans plus tard il est un de ceux qui l’aura le plus fait régresser : les médias sont affaiblis, les syndicats sont affaiblis, les partis politiques le sont, le Parlement dans cette histoire, tout ce qui fait fonctionner la démocratie est affaibli. C’est ce que je reproche le plus à Emmanuel Macron. Ça exige une discussion franche et sérieuse pour l’année prochaine. »

Poursuivre 

Le premier volet de notre enquête :

Crédits photo/illustration en haut de page :
Adrien Colrat / Blast

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