Les bourgeois ont choisi Hitler plutôt que le Front populaire

La veille d’une trahison *

C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches, Victor HUGO

Bonjour à tous et bonjour à toutses, je suis Denis Robert et je vais vous présenter mon édito à la con de Blast, le média que détestent Bernard Henri Lévy, Emmanuel Macron, Marine Lepen, Vincent Bolloré, Jean Luc Melenchon et Raphael Enthoven. Ne me demandez pas pourquoi ils nous détestent. Contentez-vous de me croire. Et je vous préviens tout de suite, ce n’est pas parce que Jean Luc Mélenchon ne nous aime pas que nous le détestons. Personnellement, contrairement à Raphi Enthoven, inutile de me menacer d’une chaise électrique pour choisir entre lui et Marine Lepen ou entre Trump et Chavez. Vous avez vu son Tweet…

Vraiment y a des types qui se torturent les méninges pour que dalle…

Les bourgeois petits et grands -et Raphi en est le digne porte-parole, ont tellement peur de Jean Luc Mélenchon et des insoumis qu’ils sont prêts à se jeter dans les bras de Marine Lepen et du RN. C’est -à peu de choses près- ce qui s’est passé avant la seconde guerre mondiale. Pour la bourgeoisie de 1938, le nazisme était un rempart contre le communisme. Les hommes apprennent peu de leur histoire.

Et particulièrement les « intellectuels » médiatiques, ces imbéciles à peu près nuls en tout, comme dirait mon copain Pacôme Thiellement. Ils croient tout savoir et occupent tellement d'espace. Ce sont des ventilateurs. Sauf que ce n’est pas de l’air qu’il brasse, mais de la brûme.

La formule "Plutôt Hitler que Blum !" a été prononcée par Emmanuel Mounier au moment des accords de Munich, dans un article d'octobre 1938 de la revue "Esprit", intitulé "Les lendemains d'une trahison". Le philosophe catholique, contrairement à nos philosophes cathodiques, attaquait les ennemis du Front populaire, qui fricotaient de plus en plus avec les fascistes, il concluait son article par ces mots : "On ne comprendra rien au comportement de cette fraction de la bourgeoisie, si on ne l'entend pas murmurer à mi-voix plutôt Hitler que Blum!"

L’avantage avec Raphi Enthoven c’est qu’il dit tout haut ce que des dizaines d’éditorialistes et d’invités des chaînes tout infos murmurent plus bas. Moi, même avant torture, je choisis Mélenchon.

C’est vrai, pourquoi vous riez ? J’ai voté Melenchon aux dernières présidentielles, comme un peu plus de 7 millions de personnes. Ça représentait 19,58% du corps électoral. Chaque fois qu’on insulte Mélenchon c’est un peu sur ses électeurs qu’on crache. Et il y avait 78% de votants en 2017. Je préférais alors Benoit Hamon et sa promesse de revenu universel, mais j’ai voté Mélenchon. Et j’en veux beaucoup à Benoit Hamon de ne pas avoir lâcher la rampe au second tour quand il a vu qu’il était loin derrière. Avec ses 6,38 % de voix, s’il s’était désisté, la gauche passait devant tout le monde. Depuis on va de mal en pis. J’en veux aussi à Mélenchon, la République c’est moi… Pff. La gauche est en miette et c’est super déprimant. Dimanche dans le bureau de vote de mon village, il y avait trois listes à gauche. Mais c’est surtout le parti des abstentionnistes qui a écrasé la bataille. 22% en 2017. 66% en 2021. Et plus de 82% chez les 18-35 ans. C’est un peu comme une épidémie de paresse ou de dégoût. Les jeunes n’y croient plus. Et ça va être très dur de remonter la pente.

Bon je vais arrêter de parler politique. D’ailleurs on m’a prévenu. Dans ton édito, tu parles de tout ce que tu veux, mais surtout tu évites de faire de l’humour avec la politique. Personne ne comprend le second degré.

Ce n’est pas léger la politique.

C’est lourd, si lourd.

OK.

Je vais faire un édito teinté d’humour et non directement politique. Je ne serai jamais aussi bon que Patrick Chanfray et Aude Gogny-Goubert, mais parfois je fais des vannes tellement pourries que je peux faire marrer des salles entières. J’ai peut-être raté ma vocation.

L’humour c’est ce qui a de plus dur dans la vie.

Après l’amour.

Même si généralement l’un ne va pas sans l’autre.

Un mec ou une nana avec un belle gueule mais pas drôle, au bout d’un moment, on s’emmerde.

Regardez Macron (oups, désolé)

J’ai donc décidé dans cet édito très sérieux et qui sera très long, n’en déplaise à ceux qui me disent que je suis trop long, de faire un large travelling arrière sur la semaine écoulée.

Je parlerai de saumon, de gilets jaunes, de rave party, de riches et de pauvres, du travail des enfants, des élections, de Lagardère, de Bolloré, d’Europe 1, de télévision et de notre bienaimé président. Et je ne parlerai pas du procès que nous a fait BHL parce qu’on a écrit que l’émir du Qatar voulait le dédommager pour service rendu en Libye.

Non, par contre j’ai décidé, pour un juste équilibre du temps de parole de lire un article paru la dans Paris Match à sa gloire. Huit pages lui sont consacrées. Je remercie Madame Emilie Lanez, reporter à Paris Match et auteur Grasset comme BHL qui est une figure tutélaire de Grasset, pour son talent et son gros potentiel comique.

L’article démarre par une mise en situation. Une mise en bouche. On va pouvoir mesurer ici l’objectivité de la journaliste. Je lis : Dans la tasse de porcelaine fume un thé à l’hibiscus rouge. Bernard Henri Lévy y verse une pile de glaçons. Bon déjà on note ce qui peut apparaitre comme une incohérence. Si le thé fume, c’est qu’il est chaud. Pourquoi y ajouter des glaçons ? Pourquoi ne pas boire un thé chaud ou glaçé comme tout le monde. Non, dans les deux premières lignes, on est face à un homme plein de contradictions. Le gars se fait un thé fumant. Et il y met des glaçons. Une pile. Je poursuis ma lecture : Regard de charbon, voix basse, silhouette svelte, une beauté altière l’a sculpté négligeant presque, ses sept décennies écoulées. Là, on sent la journaliste énamourée, mais bon ça arrive. On sent surtout que BHL a 72 piges. Et que la fille ne sait pas trop comment le dire sans le vexer. On se dit, bon elle démarre énamourée pour mieux attaquer ensuite. Et bien pas du tout, le reste du papier est pire. Je veux dire, c’est le plus magnifique exercice de flagornerie que je n’ai jamais lu. Sérieux. Ce papier est dingue.

Je vais démarrer par une info qui m’a cassé le moral. Je l’ai lu dans Courrier International un article paru dans un journal canadien, Hakai, que les saumons sauvages, les saumons libres nageant au gré des courants, étaient de plus en plus victimes de l’aquaculture. Ils meurent anémiés car contaminés par un virus développé chez les saumons d’élevage. Ce virus a été découvert au Canada en 2011. On promettait alors qu’il resterait cantonné à la Colombie britannique. Grave erreur. Dix ans plus tard, la situation empire à tel point que tous les saumons de toute la planète pourraient bientôt être infectés. La chronologie et les similitudes génétiques font penser que le virus a été introduit dans le Pacifique par des œufs de saumon de l’Atlantique importés de fermes salmonicoles norvégiennes, explique le magazine. C’est un peu comme le coronavirus. Il part de Chine et fout la planète en l’air. Pas de vaccin pour l’instant pour sauver les saumons.

Pendant que les saumons crèvent, les enfants eux se crèvent. Un enfant sur dix travaillent à l’échelle mondiale. Un rapport de l’ONU vient de démontrer que ce travail des enfants avait augmenté à cause de la pandémie. C’est la première fois en vingt ans que la courbe repart à la hausse, principalement dans les mines en Afrique, mais aussi les pêcheries et dans l’agriculture. Et en Inde où au moins 30 000 enfants ont perdu un père ou une mère morts du Covid. En 2020, ils étaient 160 millions forcés de travailler, soit 8,4 millions de plus qu’en 2016. Et ça grimpe. L’ONU avertit que la situation risque de se dégrader encore, si rien n’est fait pour aider les familles qui plongent dans la pauvreté

« Nous perdons du terrain dans la lutte contre le travail des enfants et l’année dernière n’a pas rendu les choses plus faciles », explique Henrietta Fore, la directrice générale de l’Unicef, au Monde. « Alors que nous avons largement entamé la deuxième année de confinements, fermetures d’écoles, secousses économiques et budgets nationaux en recul, les familles sont forcées de faire des choix cornéliens. » Le phénomène frappe plus les garçons, qui étaient 97 millions à travailler, que les filles 63 millions, au début de 2020. Plus inquiétante encore est la progression du nombre d’enfants de 5 à 17 ans qui font un travail dangereux et qui aura un effet direct sur leur développement, leur éducation ou leur santé.

Pendant qu’un enfant sur dix trime, que les saumons crèvent, les revenus des milliardaires ont augmenté d’une manière vertigineuse. Surtout les milliardaires français. Pendant ce temps donc, BHL boit de l’hibiscus et nage…

Je me suis renseigné sur l’hibiscus. C’est une fleur qui a de nombreuses vertus. Elle réduit le cholestérol et les triglycérides, aseptise les voies urinaires, facilite le transit. En gros, elle fait maigrir et aide au rajeunissement. Le secret de BHL tient peut-être dans cette infusion. Mais je ne comprends pas les glaçons… Bon je continue ma lecture. Attention…

Debout tous les matins à 5 heures, ayant banni de sa vie toute musique hormis celle de son épouse, l’artiste Arielle Dombasle, il travaille « Une mécanique et une intelligence somptueuses » confie son éternel ami Jean Paul Enthoven. Oui, le monde est petit, c’est le père de Raphi, celui qui a peur des bolchéviques… Attendez ce n’est pas fini. La journaliste est allée interviewer Alain Minc, celui qui s’est toujours trompé dans ses prévisions macroéconomiques. Et que dit-il ? Que BHL serait « Un intellectuel incroyablement laborieux et doué d’une grâce rare ». Laborieux, ça veut dire que le mec n’a pas une intelligence naturelle. Il bosse beaucoup pour paraître intelligent. Mais comme il a la grâce… Franchement, on n’est pas foutu pareil. Moi, si dans un papier un de mes potes balance ce genre de conneries, je deviens fou. Je lui dis arrête, ils vont tous se payer ma tête. Mais là non, ça passe comme du beurre. Ou de la crème. Fouettée. Attendez, attendez, ce n’est pas fini. La fille suit BHL et relève une scène de son film où le philosophe millionnaire buveur de thé à l’hibiscus nage le papillon dans la rivière Rukochek au Kurdistan. Y en a qui vont à la piscine. Lui, non il va au Kurdistan. Et je lis : le spectateur se frotte les yeux (nous aussi) : Personne ne nage le papillon, encore moins à 72 ans. On vérifie, on questionne (la fille a enquêté) : BHL ne nage que le papillon, plus éprouvant et plus esthétique que le crawl, même dans sa piscine à Marrakech, où (accrochez-vous) deux magnétophones l’attendent, un à chaque bout du bassin. Pas une seconde à gâcher. Le monde brûle… »

Le type nage, enregistre une phrase, renage dans l’autre sens, enregistre une phrase…

Hum. Hum

D’habitude, les hommes politiques exagèrent et jouent toujours un peu sur les statistiques pour tirer la réalité dans leur direction. Prenez Adrien Quatennens, le numéro 2 de la France Insoumise. Sur France Info, il est venu benoitement expliquer que grâce à la pandémie, la fortune des 42 milliardaires français avait augmenté de 55% en un an. Et bien, il s’est trompé. Cette fortune a augmenté de 68%.

L’infographie de France Info est éloquente. Regardez ces schémas.

Depuis 2005, le palmarès des milliardaires est dominé par le patron de LVMH, Bernard Arnault. Il pèse 123 milliards d'euros, selon le dernier classement de Forbes. Pendant quelques heures, le 24 mai dernier, Bernard le magnifique est lui-même devenu l'homme le plus riche du monde, par le jeu de la bourse, devant Jeff Bezos (d’Amazon et qu’on va bientôt lancer dans l’espace), Elon Musk (le boss transhumain de Tesla et de Space X), et Bill Gates (de la fondation du même nom rattrapé depuis peu par un divorce de ouf. Sa femme, la belle Melinda, aurait en effet découvert que malgré ses lunettes et son air niais, le petit génie de Microsoft partouzait avec Epstein). Même chez les milliardaires… Viennent ensuite dans le classement français les indétrônables fortunes des familles Bettencourt-Meyers et Pinault. Au total, le top 10 est resté inchangé cette année et tous les milliardaires listés ont vu leur fortune augmenter.

Tiens François Pinault. Encore un ami de BHL. Ce dernier s’est fendu d’un article dithyrambique sur la bonté de Pinault qui ouvre un musée dans l’ancienne Bourse du Commerce de Paris. Oui, l’investissement dans l’art il n’y a rien de tel pour défiscaliser.

Cet entre soi devient gênant. Je vous lis BHL là dans le JDD qui appartient comme Match au groupe Lagardère dont on ne sait plus bien qui de Bernard Arnault ou de Vincent Bolloré va finalement tirer les ficelles. Visiblement Bolloré est en train de tout rafler… Donc le papier de BHL sobrement titré Le DOGE de Paris, on lit : A François Pinault que je connais un peu, depuis toujours et assez bien depuis ce déjeuner, novembre 80, de l’avenue des Ternes où mon père avait ses habitudes et où lui, François, avait prédit, contre à peu près tout le monde, la victoire de Mitterrand, j’ai surtout envie de demander (Moi, si j’étais le red chef du JDD, je lui aurais demandé de couper ou de faire des phrases plus courtes, Va à l’essentiel Bernard-Henri ne perds pas ton lecteur… Attention la question, ce n’est pas un gag, c’est une vraie question qu’il se pose le gars et donc on est en train de se demander à juste titre si finalement il connaît François Pinault depuis peu, depuis toujours ou assez bien ? quand la question don arrive) : Où en êtes-vous avec la beauté ?

Il y a des scuds qui se perdent, non ? Qu’est-ce qu’on en a à foutre d’où en est François Pinault avec la beauté ? Ce n’est pas une question à la con, ça ? Tiens puisque j’évoque les scuds. J’ai relevé dans Libération et sur le site en ligne Korii cette info glaçante : Un drone a abattu pour la première fois un homme sans intervention humaine…

C’est un rapport des Nations Unies qui le révèle. Un drone militaire a attaqué et tué un homme en Libye de manière autonome. Le rapport indique que les forces du vieux général Khalifa Haftar (opposé au gouvernement d'entente nationale libyen) jugé trop pro-américain par les islamistes ont été « pourchassées » par des drones de type Kargu-2. Ce drone de conception turque, qui embarque des caméras de reconnaissance faciale et une intelligence artificielle, est capable d'identifier une cible. Ici, un lieutenant d’Hafnar en a fait les frais. Les drones, comme dans Terminator, ont mené leur attaque « sans qu'il soit besoin d'établir une connexion des données entre l'opérateur et la munition », écrivent les auteurs du rapport. En d'autres termes, les drones ont agi en solo, sans qu’un homme ne leur donne aucun ordre. Ils étaient programmés pour tuer.

On peut trouver ça lointain mais c’est bien réel. Vaut-il mieux un drone, un CRS ou un gendarme balançant une grenade ? On peut parier qu’avec des préfets comme Lallemand à Paris ou Berthier en Île et Vilaine, des drones vont bientôt être programmés pour surveiller des manifs ou viser les amplis dans les rave party. Peu importe les bavures. Ce sera plus clean et plus efficace que les haches et les gourdins. Ce qui s’est passé à Redon le week-end dernier est à pleurer de rage. Les gendarmes avaient l’ordre d’arrêter la fête par tous les moyens. Et ils ont nassé et tiré grenades et des lacrymo sur le millier de fêtards qui étaient venus célébrer à leur manière la mémoire de Steve Caniço. Puis ils ont défoncé les amplis. Deux ans déjà. A l’époque c’était déjà la fête de la musique. Je ne sais pas qui a donné l’ordre aux gendarmes d’être aussi violents, rancuniers et stupides ? Le Parquet ? La Préfecture ? Darmanin ? Macron ? Les deux ? Les quatre ? Les jeunes fêtards n’ont pas voulu bouger et on les comprend. Ils étaient là pour Steve dont on sait aujourd’hui -la justice a pris son temps- qu’il est mort noyé suite à une attaque policière à Nantes. C’était en Bretagne pas très loin de Redon. Comment manquer à ce point de discernement ? D’intelligence politique ? De tolérance ? C’est un peu comme si ce pouvoir, ce procureur, ce préfet, ces gendarmes avaient décidé de cracher sur la tombe de Steve Caniço. Les postillons sont aussi pour nous Mr le Président. Pourquoi ce durcissement ? Pour des motifs évidemment politiques. C’est un calcul pour capter l’électorat de droite.

Pendant ces élections régionales, partout où on a montré sa force et où on a fait croire que l’ordre et la sécurité dominaient nos libertés, les candidats généralement LR sont arrivés en tête. Et le RN a reculé. Pas sûr que ce soit une si bonne nouvelle que ça quand on voit que leurs thèmes ont été repris par la droite dite républicaine. Quand vous voyez Redon, vous vous dites normal que les jeunes soient dégoutés et ne votent plus. Normal que les vieux aient la trouille. On les entretient dans cette trouille.

Les télés d’abord. Vous avez vu les temps de paroles comparés entre droite et gauche. 78 à 22. La vache ! On croirait un score de rugby. Et encore, on ne compte pas le temps de parole des éditorialistes. Et le champion toute catégorie de la droitisation du pays c’est Vincent Bolloré. Vous savez le type qui a fait fortune en achetant des ports en Afrique et en filant des pots de vin. Sa société n’est pas mise en examen pour corruption ?

Ça y est, après avoir fait le ménage à Canal, sur I télé et sur Cnews, Bolloré a mis la main sur Europe 1. Et déjà, la purge commence. Les enregistrements clando de la DRH. Le flicage. La pensée unique. L’interdiction de faire des blagues sur Zemmour…

On est très mal barré. Ce même Zemmour qui compare Papacito le youtubeur facho aux Deschiens

Putain Papacito, est ce qu’à Blast aussi tu veux nous faire la peau ?

Allez viens si t’es un homme … Baltringue… Non je déconne… Hé je déconne hein… T’es super drôle dans ton genre j’veux dire. Pas de blague hein… Je sais c’est du second degré. Tout ça. Tu sais ça m’est déjà arrivé de voter à droite. Je n’ai pas vraiment de conviction moi quand j’ai en face de moi un type armé d’une Kala. Je suis même d’accord pour fermer tous les théâtres et les cinémas. Ce sont des repères de gauchistes. Je suis d’accord avec Zemmour. Et puis il y a trop de noirs en France. Trop de bougnouls aussi. Il faut interdire les rave party et annexer les mosquées pour en faire des stands de tir. Vive les majorettes et le saucisson. Pur porc.

Non franchement, je préfère crever tout de suite que de vivre dans ce pays-là. Le pays de Zemmour, de Bolloré, de Papacito. Et de Raphaël Enthoven.

Avec toute cette actualité, j’ai à peine évoqué notre bienaimé président. Il y a une vidéo qui m’a fait rire. Au hit-parade de la flagornerie, BHL pourrait être battu :

Il n’a pas dû être très content des résultats du premier tour des régionales, le président. La pire branlée électorale s’est jouée dans le nord du pays où pas moins de cinq de ses ministres Agnès Pannier-Runacher, Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin, Alain Griset (le ministre des PME) et Laurent Pietraszewski, celui des retraites, retenez leurs noms, portaient la liste de la REM. Bilan, 9,1%. En face, tout seul, Xavier Bertrand en a fait 42. C’est la honte intégrale. La banane du siècle. Les cinq devraient démissionner, se cacher, raser les murs, mettre des fausses barbes, des lunettes noires. Ben non, ils repartent comme en 40. On va les inviter sur les plateaux pour deviser sur la démocratie et justifier la réformes des retraites qu’Emmanuel Macron veut faire passer. Coute que coute.

Tous se préparent à l’annonce de la candidature de leur leader maximo pour une récidive présidentielle. On a vu que des drones pouvaient intervenir sans intervention humaine. Je propose qu’on fasse pareil pour les présidentielles. Après tout, perdue pour perdue, la démocratie fera illusion. Pourquoi je dis ça ? Parce que j’ai lu un excellent papier sur le site de France Info

Les discours d'Emmanuel Macron ont été soumis à une intelligence artificielle. Une équipe de chercheurs en linguistique a été capable de prédire un discours qu'il pourrait potentiellement prononcer, pour sa candidature à l'élection présidentielle. Alors je vous le fais : "Face aux nationalistes, au populisme, à la tentation du repli, je veux incarner le choix de l'espoir, du progrès et de la réconciliation." C’est une machine qui a fabriqué ce discours. Il est crédible, non ? C’est du pur macronisme. Le mot "réconciliation", qui commence par un "r", est ici important. "Le secret du macronisme tient dans cette lettre "r", puisqu'il s'agit s'assortir des mots du mouvement, marqués un peu à gauche, par le préfixe "r", qui renvoie lui au passé, plus à une sensibilité de droite". C’est un linguiste qui explique ça.

C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches, disait Victor Hugo.

J’aimerais qu’Emmanuel Macron et Eric Zemmour méditent cette citation indépendante de toute machine.

Je voudrais pour finir sur une note plus légère vous lire la chute du papier de Match sur BHL. On atteint là un sommet indépassable. C’est juste pour le fun.

Après avoir bu son thé à l’hibiscus et nagé pendant trois heures en papillon, BHL est rentré chez lui et a eu envie de sauver la France en allant acheter des excédents de vaccin Moderna en Israël. Trois millions de doses. Il a appelé Netannyahou, l’affaire devrait aboutir. Enfin on ne sait pas. BHL est parti au Bangladesh. A son retour, entre deux thés et quelques heures de papillon dans la Seine, il a emmené le fils du commandant Massoud chez Macron puis chez Anne Hidalgo. Il est rentré chez lui, même pas fatigué. Ariane, son épouse, lui a fait un massage des pieds. La journaliste de Match était là quand BHL lui a chuchoté « La France est un grand truc tout de même ». Je vous jure que c’est ce qui est écrit à l’avant dernière ligne. Et ce n’est pas fini. La journaliste chute sur une ultime question qu’elle pose là comme un glaçon dans une tasse de thé fumant : Surtout avec son aide ? demande-t-elle. Je ne sais pas si vous avez suivi. Pour la journaliste de Match, si la France est grande, elle le doit en partie à BHL. Voilà où en est la presse de ce pays.

Je voudrais adresser mon amical salut à tous ceux qui résistent encore à Bolloré et essaie de sauver Europe1 ou ce qu’il en reste. Ça risque d’être compliqué, mais on ne peut pas forcer un âne à manger du foin quand il n’a pas faim… Bon je vous laisse méditer cette métaphore et je vais me faire un thé à l’hibiscus. C’est rapport à mon cholestérol. Tout n’est peut-être pas à jeter chez BHL.

Si vous voulez qu’on continue à concurrencer Paris Match, Canal plus et C News, il faut nous soutenir, vous abonner, faire connaître notre site, nos enquêtes. Merci de partager.

Allez salut.

*J’ai emprunté en partie ce titre à Emmanuel Mounier qui avait titré « les lendemains d’une trahison » son article de la revue Esprit

Crédits photo/illustration en haut de page :
Blast, le souffle de l’info

Soutenez Blast, le souffle de l’info

Likez, partagez, commentez

Vous souhaitez nous alerter sur un sujet ? Vous avez des infos qui vous semblent mériter que la rédaction de Blast les analysent, pour éventuellement enquêter dessus ?
Cette adresse mail vous est ouverte : enquetes.blast@protonmail.com (voir les instructions)