Régionales : le conseil scientifique décide de ne pas décider et renvoie l’exécutif à son propre arbitrage dans le report des élections

Aucune préconisation sur l’organisation des élections

Très attendu, le rapport du conseil scientifique sur l’organisation des élections régionales en juin prochain, dévoilé le lundi 29 mars et auquel Blast a eu accès, ne se prononce pas sur leur maintien ou leur report : « comme prévu par la loi promulguée en février et reportant de mars à juin ces élections, ce sera au gouvernement de prendre sa décision via un nouveau rapport qui doit être rendu au Parlement avant le 1eravril ».

Les élections régionales et départementales, initialement prévues en mars, ont déjà été décalées aux 13et 20 juin en raison de l'épidémie de coronavirus.

Consulter le rapport du conseil scientifique sur l’organisation des élections régionales
Consulter le rapport du conseil scientifique sur l’organisation des élections régionales

Un rapport « strictement sanitaire»

Les membres du conseil scientifique soulignent que leur rapport « analyse d’un point de vue strictement sanitaire différentes situations, à propos desquelles les autorités publiques prendront les décisions qui leur incombent, lesquelles sont éminemment politiques s’agissant de l’organisation de scrutins électoraux ».

Les experts évoquent «un état de la pandémie en juin 2021 difficile à anticiper». En effet, le contexte épidémique renouvelé par l’apparition de nouveaux variants – qui connaît actuellement une flambée avec un niveau de circulation particulièrement élevé - fait peser de grandes incertitudes sur les évolutions prévisibles. S’il ne se prononce pas sur les mesures à mettre en œuvre face à l'évolution de l'épidémie, le conseil scientifique souligne néanmoins que les mois qui arrivent seront cruciaux. Rappelant que la stratégie vaccinale de la France reste dans ce cadre un enjeu majeur de la gestion de l’épidémie.

Une équation à plusieurs inconnues

Plusieurs inconnues vont jouer d'ici le mois de juin : l'impact de l'arrivée de l’été qui pourrait diminuer la circulation du virus ; celui des variants, notamment le britannique hégémonique aujourd’hui; celui des mesures de gestion, de restrictions et de contrôle, celui des vaccins ; etc. Concernant ces derniers, le comité note que « les travaux de modélisation suggèrent que cet effet ne sera pas suffisant pour éviter un rebond important des hospitalisations sans un renforcement des mesures de contrôle».

Recommandations pour la campagne électorale et le vote

Les risques sanitaires liés aux élections sont multiples : campagne électorale, vote... et ils seront d'autant plus importants que les gestes barrières semblent de moins en moins respectés « probablement en raison de la lassitude ou car les explications n'ont pas été suffisamment claires» et que le niveau de circulation sera élevé. «Les risques auxquels s'exposent les électeurs en allant voter peuvent être réduits par la mise en oeuvre d'un protocole adapté», estime le conseil. La campagne, quelle que soit la date arrêtée, en juin ou en septembre, devra suivre « un protocole adapté » et « l'usage de moyens dématérialisés », comme internet. Les candidats devront si possible être vaccinés et testés régulièrement. Les personnes vaccinées, « c'est-à-dire des personnes plus âgées » devraient être sollicitées pour tenir les bureaux de vote. Le vote pourrait se dérouler « en extérieur » et la tenue du scrutin « obligera à un nettoyage strict » des écoles mobilisées. Enfin le comité demande de recourir au maximum au vote par procuration et « regrette » l’impraticabilité du vote par internet ou par correspondance

Si la décision de maintenir, ou non, ces élections, ne relève pas de sa compétence , le conseil scientifique présidé par Jean-François Delfraissy relève néanmoins que de nombreux pays européens ont organisé des élections en temps d’épidémie, en mettant en œuvre ces protocoles stricts.

Notons que l’enjeu des élections régionales - les dernières avant l’échéance présidentielle, qui ont valeur de répétition générale pour les différents candidats - ne semble pas dans ce contexte épidémique aggravé, appuyé par l’avis sanitaire du conseil scientifique, emporter l’intérêt d’une grande partie des français.

Crédits photo/illustration en haut de page :
AFP

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