Influence chinoise : Xi Jinping mène le monde à la baguette

L’invasion de l’Ukraine nous a rappelé la vitesse à laquelle peut éclater un conflit armé de grande ampleur. Suivant l’exemple russe, Pékin se positionne en opposition frontale à l’OTAN et menace de reproduire le scénario ukrainien avec Taïwan, dont la Chine ne reconnaît pas l’indépendance. Le régime de Xi Jinping consolide ainsi sa toile d’influence et d’ingérence, parfois de manière violente, sur la planète.

Lorsque le directeur du FBI, Christopher Wray, s’est joint pour la toute première fois à Ken McCallum , le chef du célèbre MI5, pour une conférence au siège des renseignements britanniques à Thames House, Londres, il n’a laissé aucun doute sur la gravité de l’affaire. La Chine est « la plus grande menace au long-terme contre l’économie et la sécurité nationale », a expliqué le patron du légendaire Bureau, le 6 juillet dernier. Il a précisé que le régime de Xi Jinping s’était ingéré dans la politique américaine, notamment lors de la dernière élection présidentielle (en réalité, au cours de la dernière décennie, la Chine se serait ingérée dans au moins 10 scrutins dans 7 pays). Son homologue britannique, Ken McCallum, a déclaré que les services de sa Majesté avaient multiplié par deux leur travail contre les activités chinoises au cours des trois dernières années et qu’il allait encore doubler : « le MI5 mène désormais sept fois plus d'enquêtes liées aux activités du Parti communiste chinois (PCC) qu’en 2018. »

 Le 6 juillet 2022, à Londres, le directeur du FBI, Christopher Wray, et le directeur général du MI5, Ken McCallum, ont abordé la menace que représentent le Parti Communiste Chinois et le gouvernement chinois, et expliqué pourquoi les partenariats sont essentiels pour la combattre.
Twitter FBI

Christopher Wray a averti l'auditoire que le gouvernement chinois était « déterminé à voler [leur] technologie », ajoutant qu'il représentait « une menace encore plus sérieuse pour les entreprises occidentales que ne l'imaginent de nombreux hommes d'affaires avertis. » Alarmant, il a cité l’exemple d’agents d’entreprises chinoises ayant déterré dans la campagne américaine des semences génétiquement modifiées qui leur auraient coûté des milliards de dollars et une dizaine d’années à développer elles-mêmes.

Le directeur du Federal Bureau of Investigation a également insisté sur le cyberespionnage mis en place par la Chine pour « tricher et voler à grande échelle » grâce à un programme de piratage plus important que celui de tous les autres grands pays réunis. Ken McCallum a quant à lui déclaré que les renseignements sur les cybermenaces avaient été partagés avec 37 pays.

Pour Zeno Leoni, spécialiste des questions de défense chinoise et des rapports entre la Chine et l’Occident au King's College de Londres, interviewé par nos confrères de France 24, le plus probable est « que les Américains veulent profiter de l’effet guerre en Ukraine pour tenter de créer un front occidental plus uni face à la Chine ». Il précise : « Les pays d’Europe continentale se sont toujours montrés moins fermes face à Pékin que Washington, et les États-Unis espèrent que le conflit ukrainien va les convaincre que les régimes autoritaires, comme en Chine et en Russie, représentent une menace plus aiguë que ce qu’ils pouvaient penser ». Washington et Londres entendent exploiter au plus vite les échos de l’invasion Russe. La prise de parole commune des deux chefs du renseignement va en ce sens, se lisant comme un catalogue inquiétant et exhaustif de toutes les façons dont les agents du Parti communiste chinois tentent de déstabiliser les démocraties occidentales et de dérober leurs savoirs-faire et secrets.

Taiwan, prochain conflit d’envergure ?

Depuis le 24 février dernier, les Taïwanais ont le regard rivé sur l’invasion russe de l’Ukraine. À la manière de Moscou, avec qui elle a effectué, début septembre, des exercices militaires de très grande envergure, Pékin se positionne en opposition forte face à l’OTAN. Le PCC rend lui aussi l’Organisation responsable de la guerre en Ukraine et utilise les mêmes éléments de langage que Poutine. L’impatience grandissante de Xi Jinping concernant l’État insulaire, situé à 180 km à l’Est du continent, pourrait-elle se transformer en action militaire, encouragée par le passage à l'acte de Vladimir Poutine ? Lors de la conférence avec son homologue britannique, le chef du FBI a averti que cela « représenterait l'une des plus horribles perturbations commerciales que le monde ait jamais vues. »

Nombreux pourtant sont les signaux justifiant l’inquiétude des habitants de « l’autre Chine » et de la communauté internationale. Pékin a grandement augmenté ses capacités militaires, multipliant son budget militaire par au moins six en vingt ans. Les Chinois ont ainsi énormément investi en artificialisant dès 2014 le récif de Fiery Cross dans l’archipel des Spratleys, entre le Vietnam et les Philippines, pour y faire décoller des avions et stationner des troupes. Ils multiplient également les survols du détroit de Taïwan et de l’île par des avions de chasse et des bombardiers. En face, Washington vient d'annoncer la vente pour 1,1 milliard de dollars d’armes à l'État taïwanais, qui renforce ses liens avec ses alliés, dont le Japon.

Dans le même temps, l’alliance entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie se renforce. Canberra vient de promulguer des lois contre l’ingérence Chinoise, alors que Pékin est son premier partenaire financier. Omniprésente dans le commerce, le tourisme, l'immobilier, l'industrie et l'éducation, l'influence chinoise en Australie se retrouve aussi en politique, puisque jusqu'à 80% des financements étrangers de partis proviennent de l'empire du Milieu. En résultent des accords, parfois contestables voire dangereux pour la sécurité du pays, signés avec une facilité déconcertante. Fin 2015, le gouvernement régional des Territoires du Nord accordait par exemple un bail de 99 ans à une entreprise liée au PCC pour exploiter le port de la ville de Darwin, situé à côté d'une base américaine recensant 1 250 soldats. Une aubaine.

Irrité par les nouvelles lois anti-ingérence, Pékin met en place des sanctions économiques sans précédent. Par exemple, les droits de douane chinois sur le vin Australien, dont la moitié de la production était destinée au marché chinois, ont augmenté de plus de 200%. Dans la foulée, l’Australie passe commande aux USA de sous-marins nucléaires. En visite au Japon le 23 mai dernier, Joe Biden a formulé très clairement que les États-Unis s’engageraient militairement pour défendre Taïwan si elle venait à être attaquée par Pékin. Il a confirmé ses propos lors d’une interview sur la chaine CBS dans la soirée du dimanche 18 septembre. Mercredi 14 septembre, un projet de loi prévoyant une aide militaire des États-Unis à Taïwan a franchi une première étape au Congrès américain. C’est l’escalade.

Le bras de fer entre le président chinois Xi Jinping et son homologue américain Joe Biden s'articule autour de l'île de Taïwan.

À l’approche du congrès du Parti communiste chinois en automne 2022, Xi Jinping pourrait se plaire à montrer des signes de plus en plus tangibles de sa détestation américaine. Alors que le ministère des affaires étrangères chinois justifiait l’attaque russe sur son voisin par le renforcement des positions de l’OTAN dans les pays slaves, le président chinois bénéficie aujourd’hui d’un contexte et d’un prétexte similaire s’il lui prend l’envie d’attaquer Taiwan.

L’édifiant rapport de l’IRSEM

« Pékin assume de plus en plus d’infiltrer et de contraindre : ses opérations d’influence se sont considérablement durcies ces dernières années et ses méthodes ressemblent de plus en plus à celles employées par Moscou. » C’est ainsi que les docteurs Paul Charon et Jean-Baptiste Jeangène Vilmer de l’Institut de Recherche Stratégique de l'Ecole Militaire (IRSEM) résument leur rapport de 654 pages intitulé Les Opérations d’Influence Chinoises, un moment machiavélien.

En se basant sur de multiples exemples de l’histoire récente de l’empire du Milieu, tant au sein de ses frontières que dans ses relations avec l’extérieur, les chercheurs décrivent en détails la manière dont le Parti-État étend son influence, « de la plus bénigne, la diplomatie, à la plus maligne, c’est-à-dire l’ingérence. » Ces deux sphères correspondent aux deux objectifs principaux de Pékin dans ses opérations d’influence à l’étranger : séduire les étrangers d’une part, en mettant en scène le modèle chinois, la tradition, la bienveillance et la puissance, et infiltrer et contraindre d’autre part. « L’infiltration vise à pénétrer lentement les sociétés adverses afin d’entraver toute velléité d’action contraire aux intérêts du Parti. La contrainte correspond à l’élargissement progressif de la diplomatie « punitive » ou « coercitive » pour devenir une politique de sanction systématique contre tout État, organisation, entreprise ou individu menaçant les intérêts du Parti. » détaille le rapport de l’IRSEM. L’Australie est un cas d’école.

Le raport de l'Institut de Recherche Stratégique de l'Ecole Militaire (IRSEM) rédigé par les chercheurs Paul Charon et Jean-Baptiste détaille la stratégie d'influence mondiale, de contrôle et de répression établie par le gouvernement chinois.

Les médias mondiaux et les Chinois de l’étranger sous contrôle

Ces opérations dans les pays tiers passent par le contrôle des diasporas chinoises dans le monde entier et des médias internationaux. En affermissant son emprise sur les Chinois de l’étranger et leurs descendants, qui sont entre 40 et 60 millions, Pékin s’assure qu’ils ne représentent pas de menace pour le régime. Vivant pour la plupart dans des pays plus libres que la Chine, ils ont accès à de nombreuses sources d’information non censurées et peuvent se faire un avis négatif sur le PCC. Maree Ma, rédactrice en chef du Vision China Times, journal australien à destination de la diaspora chinoise, explique dans un documentaire pour ABC News que le PCC tente de décider de tout ce que les Chinois du monde lisent et entendent « afin de contrôler ce que les gens disent du gouvernement et empêcher les communautés chinoises d'apprendre la vérité sur certains problèmes. » Son journal et les annonceurs ont souvent été la cible de pressions de la part du gouvernement pour avoir publié des informations allant à l'opposé du narratif officiel. L'État, à l’instar de Moscou, compte à la fois sur une victimisation, accusant les médias occidentaux de publier des mensonges, et sur l’entretien d’un très fort sentiment de nationalisme ethnique fabriqué, quelle que soit la communauté dont ces Chinois vivant à l’étranger sont issus. Par ces manipulations de l'opinion, le Parti se garantit une base soutien au sein même des démocraties occidentales.

Pour mieux contrôler son image et également pour séduire les étrangers, le Parti communiste chinois entend s’établir mondialement dans les médias. À grand coups de billets (1,3 milliards d’euros par an), les grands groupes de presse chinois, dirigés par le PCC, ont réalisé une percée impressionnante, s’assurant une présence mondiale dans toutes les langues et sur tous les réseaux sociaux, y compris ceux interdits au sein des frontières chinoises, comme Twitter, Facebook, YouTube et Instagram.

Les réseaux sociaux sont essentiels pour diffuser la propagande du Parti à l’étranger, ainsi que pour mener des opérations de guerre psychologique contre des cibles outre-mer. Les faux comptes, « trolls » et influenceurs payés pour guider l’opinion publique sont la colonne vertébrale de la stratégie du PCC sur internet. « Depuis 2019, Twitter, Facebook et YouTube n’hésitent plus à identifier des campagnes coordonnées comme étant originaires de Chine. Des dizaines de milliers de faux comptes ont ainsi été suspendus, certains « dormants » depuis longtemps, d’autres achetés ou volés, amplifiant la propagande chinoise et attaquant les États-Unis, en chinois et en anglais », détaille le rapport de l’IRSEM. Quant aux « trolls », ils défendent et attaquent avec passion, entretiennent les polémiques, insultent et harcèlent.

La journaliste et analyste Vicky Xu sur le plateau de l'émission Q+A de la chaine australienne ABC, le 15 avril 2021.

Vicky Xu, journaliste et analyste politique australienne née en Chine, ne s’attendait certainement pas à faire les frais de la répression du régime de Xi Jinping lorsqu’elle a publié en mars 2020 un rapport sur l’oppression des OuïghoursImmédiatement, elle a été la cible d’un déchainement d’une rare violence. Quotidiennement insultée sur les réseaux sociaux, accusée d’être une « traître à la race », une « femme démon » et une « salope », elle aurait été « ensorcelée par les forces anti-chinoises en Occident », selon le Global Times, tabloïd chinois publié aussi en anglais. Une vidéo spéculant sur sa vie sexuelle « débridée » circulait sur Youtube tandis qu’elle recevait des menaces de mort et que certains de ses collègues proches ont reçu des menaces de viol, ont été détenus et interrogés en Chine.

Ces techniques n’ont rien d’inhabituel pour les membres de la diaspora réfractaires, dissidents et opposants ayant fui la Chine. Le Parti a mis en place une une répression internationale, « la plus sophistiquée, globale et complète au monde » selon l’ONG américaine Freedom House. Peu importe leur citoyenneté tant qu’ils sont d’origine chinoise, ils sont recensés, infiltrés, maintenus sous pression constante, intimidés, menacés, harcelés, voire agressés physiquement, comme l’atteste Freedom House, qui dénombre 214 attaques entre 2014 et 2020. Il est également connu Pékin a fait pression sur les États dans lesquels se trouvaient des dissidents afin de les faire arrêter et parfois extrader, comme ce fut le cas notamment en Inde, en Thaïlande, en Serbie, en Égypte, ou encore en Turquie.

Les entreprises chinoises suivent les objectifs du parti

Dans son intense travail d’espionnage, d’ingérence et de contrôle dans le monde entier, la Chine compte sur ses fidèles entreprises publiques et privées. En se basant sur l’article 7 de la loi sur le renseignement, qui oblige tous les citoyens chinois et les entreprises à « soutenir, aider et coopérer aux efforts nationaux de renseignement », le Parti-État utilise les nouvelles technologies à des fins de collectes de données.

Le siège de l'Union africaine à Addis-Adeba, capitale éthipienne, a été victime d'espionnage chinois.
AFP

Ainsi, le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, construit en 2012 par une société chinoise, avait été truffé de micros. Les informaticiens du bâtiment avaient aussi eu la surprise de découvrir que tout le contenu de ses serveurs était transférée à Shanghaï. Depuis, il a été établi que des entreprises chinoises ont construit ou rénové pas moins de 186 bâtiments gouvernementaux en Afrique, et mis en place au moins 14 réseaux de télécommunications gouvernementaux sensibles, qui présentent des risques similaires. Les informations sensibles ainsi recueillies peuvent être utilisées à la fois pour recruter des agents, faire chanter des dirigeants, et plus généralement faciliter les opérations d’influence du régime chinois.

Les réseaux sociaux chinois WeChat et Weibo, l’application TikTok qui a rendu accros les jeunes du monde entier ou encore le système Beidou, équivalent au GPS, et le géant des télécommunications Huawei ont tous un point commun : ils présentent des risque d’espionnage et permettent d’exercer des influences et pressions directes ou indirectes sur les États où ils sont présents. Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille de son PDG Ren Zhengfei, avait été arrêtée à Vancouver le 1er décembre 2018 à la demande du gouvernement des États-Unis. Elle est alors accusée d'avoir utilisé une filiale de Huawei, Skycom, pour faire des affaires en Iran, en violation des sanctions économiques américaines. La contre-offensive de Pékin, familière de la « diplomatie des otages », ne s’est pas fait attendre : neuf jours plus tard, deux Canadiens sont arrêtés en Chine. Michael Kovrig et Michael Spavor sont mis en détention sans aucune justification. Leurs conditions d’emprisonnement sont inacceptables : pas d’accès consulaire, et l’un d’entre eux, Michael Kovrig, est à l’isolement sans accès à la lumière du jour. Ils sont finalement libérés le 25 septembre 2021, le jour même où Meng Wanzhou, jusqu’alors assignée à résidence à Vancouver, est autorisée à rentrer en Chine.

Huawei est selon toute vraisemblance la compagnie qui a le plus bénéficié de l’émergence de la Chine dans les télécommunications et la 5G. La compagnie s’est imposée dans de nombreux pays et a écrasé ses concurrents. En Europe, Huawei est le fournisseur 5G de Deutsche Telekom, Vodafone et Telefónica. Au Pays-Bas, l’opérateur téléphonique KPN s’était équipé en 2009 de technologie Huawei, en dépit des avertissements répétés des services de renseignement et de sécurités hollandais. Le cabinet de conseil Capgemini avait alors rédigé un rapport estimant que Huawei était en capacité « d’écouter les conversations des numéros mobiles de KPN de manière illimitée, incontrôlée et non autorisée, y compris celles du Premier ministre et des ministres, et avait également accès à la base de données de tous les numéros de téléphone. »

Le géant des télécoms ne sert pas les intérêts de la Chine uniquement à l’étranger. Le chercheur allemand Adrian Zenz affirmait dans le Monde que la répression des Ouïghours dans la région du Xinjiang est rendue possible par Huawei en permettant de surveiller des villes entières. « Huawei est une arme stratégique de l’État chinois pour réprimer les Ouïghours, et probablement un cheval de Troie majeur menaçant la sécurité des télécommunications ailleurs dans le monde », précisait alors l’universitaire.

L’ombre de Pékin plane sur la France

47 500. C’est le nombre d’étudiants chinois présents dans les amphis des universités françaises, faisant d’eux la première communauté étudiante étrangère du pays. Comme le reste de la diaspora chinoise, ils sont observés avec intérêt par le Parti-État et sont la cible des mêmes stratégies de manipulation. Ainsi, ce qu’ils apprennent en France, les données qu’ils échangent, les liens qu’ils créent, ainsi que leur influence au sein des sphères dans lesquelles ils évoluent sont autant d’intérêts stratégiques pour Pékin. Par la présence de ses étudiants au sein des universités, écoles et programmes d’échanges français, la Chine fait étalage de son influence et fait prévaloir ses visions du monde, notamment en matière de sciences humaines et sociales et de droits de l’Homme, en désapprouvant les sujets sensibles, voire en faisant de l'ingérence. 

Le régime cultive aussi des influenceurs en France. Pour diffuser les éléments de langage de Xi Jinping, la Chine s'est dotée d’un cheptel de chercheurs, écrivains et lobbyistes convaincus. C’est le cas de Christian Mestre, ancien doyen honoraire de la fac de droit de Strasbourg et déontologue de l'EuroMétropole, qui avait dû démissionner après des sorties problématiques et des révélations sur ses liens avec le PCC. De son côté, l'essayiste Maxime Vivas, ergonome à la retraite et administrateur du site legrandsoir.info qui précise «ne pas être spécialiste de la Chine », dénonce dans un livre les prétendues « fake news » sur le sort des Ouïghours, dont la répression serait une invention occidentale. Dans les médias chinois, il est présenté comme un «célèbre écrivain français », et est cité par le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, dans une conférence de presse en pleine Assemblée nationale populaire.

Sur la chaine francophone du groupe de télévision publique CGTN dépendant directement du PCC, Maxime Vivas est présenté comme un journaliste et déverse les éléments de langage du gouvernement chinois.

La Chine est également présente en Nouvelle-Calédonie. Après trois référendums ayant plébiscité le « non » à l’indépendance de l’île française, le « Caillou » intéresse de plus en plus la Chine de par sa proximité avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Asie du Sud-Est, son 1,74 million de mètres carrés de zone de pêche, et ses mines de nickel, représentant 20 à 30% des réserves mondiales. Visites d’ambassadeurs, promesses de développer le tourisme, de fournir du matériel aux pécheurs, créations d’associations d’amitié sino-calédonienne, de fédérations… La Chine met tout en oeuvre pour s’attirer les faveurs des habitants de l’île et, peut-être un jour, influencer un vote d’indépendance.

« Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera », aurait prononcé Napoléon en 1816. En 2021, la commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées du Sénat propose quatorze recommandations pour guider la politique française et européenne vis-vis de l'empire du Milieu. La rapporteure et sénatrice Gisèle Jourdan se montre grave : pour faire face à l'éveil de la Chine, « aucune naïveté ne peut être permise. »

Crédits photo/illustration en haut de page :
Adrien Colrat

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