« Casino » de Martin Scorsese : l’impitoyable avènement du divin marché

« Casino » de Martin Scorsese : l’impitoyable avènement du divin marché

« Casino », c’est l’équivalent cinématographique des pyramides de Gizeh. Une œuvre monumentale dont il n’y a rien à retrancher ou modifier sous peine de ruiner l’harmonie de l’ensemble. Un film parfait de bout en bout où chaque plan, chaque raccord, chaque ligne de dialogue frappe par sa nécessité et aboutit à une construction d’une modernité, d’une beauté et d’une cohérence absolues. Film-somme de l’art scorsesien dans le sens qu’on y retrouve toute sa science de la narration jusque dans ses torsions et détours, « Casino » est un pur chef-d’œuvre dédié à la fin des temps spirituels, à la mort de Dieu et la liquidation sans pitié de ses vestiges par la nouvelle et toute-puissante religion du marché. Ce moment de bascule historique et ontologique où la circulation des flux et l’accumulation des biens deviennent les seuls principes moteurs du monde et de ceux qui l’habitent.

Crédits photo/illustration en haut de page :
Margaux Simon