
Un avertissement avant toute chose : le film dont il est question ici n’est pas pour tous les publics. Loin de là. Si vous éprouvez une (légitime) nausée tout au long du dévoilement en cours de l’affaire Epstein, il y a fort à parier que la vision de Salò ou les 120 journées de Sodome vous emmènera bien au-delà de votre seuil de tolérance. En 1975, quelques semaines avant son assassinat, Pier Paolo Pasolini livrait l’une des œuvres les plus terribles sur le nouveau pouvoir absolu alors en cours d’instauration dans le monde occidental. Longtemps interprété comme une allégorie du fascisme, Salò déborde largement le cadre historique dans lequel il est situé. Il apparait aujourd’hui comme une prophétie implacable de la société de consommation parvenue au bout de sa logique, dont l’affaire Epstein révèle toute l’abomination.
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Margaux Simon