
"C'est tentant de capituler face à l'absurdité des news. De juste couper les écrans et de détourner le regard. On a parfois envie de laisser le jeu continuer sans nous. Au moins pour préserver notre santé mentale. Sauf qu'on ne peut pas passer notre tour. Les fous qui ont pris la tête de l'asile comptent pourtant sur notre abandon, notre résignation et notre soumission. C'est en ce sens qu'ils nous manipulent avec ce flux constant de nouvelles tonitruantes, à rendre nos émotions si désordonnées qu'elles en deviendront stériles. Plutôt que d'être les complices de cette frénésie, les journalistes devraient la combattre, l'éclairer, la contextualiser, questionner nos récits au lieu de les répéter en chœur. Le journalisme, c'est le contraire de la communication ou de la publicité. Je veux ici parler de documentaires qui disent le rôle des journalistes, ceux qui se confrontent à la réalité. Ceux qui écoutent les gens et vont à leur rencontre, ceux qui remettent en question les représentations officielles et les opinions automatiques."
Crédits photo/illustration en haut de page :
Morgane Sabouret / Margaux Simon