La France est devenue un État policier

"Il est urgent de réagir pour réconcilier la police et la population en prenant en considération l’ensemble des maux que les violences policières révèlent." Vincent Brengarth, avocat et auteur avec William Bourdon d’un petit ouvrage intitulé « Violences policières : le devoir de réagir » (collection Tract chez Gallimard) est l’invité de ce Zoom spécial « police-justice » où le jeune avocat parisien pousse un cri d’alarme face à la surenchère démagogique qui fait lentement glisser notre État de droit vers un État où la police devient un corps et une institution quasi intouchables. Aucun contrôle indépendant pour mettre un peu de paix et de recul face aux bavures et conflits de plus en plus nombreux et de plus en plus mortels.

« Nous avons été les témoins, sous Macron, d’une aggravation des violences imputables aux policiers » justifie-t-il en préambule, appuyant son raisonnement sur de nombreux exemples très concrets où presque toujours, si un avocat accrocheur ne s’en mêle pas, la parole d’un policier pèse plus lourd que celle d’une victime. « Les violences policières affectent la confiance de la population dans la police et, à travers elle, dans les institutions.

Nos responsables politiques en dénient trop souvent l’existence et se refusent à tout débat public sur les maux qui en sont à l’origine. Nous sommes témoins des obstacles qui empêchent de constater ces violences et de les condamner. Nous proposons de partager notre expérience d’hommes de loi, avec le souci de la nuance sur un sujet brûlant, tout en formulant des propositions.

Trouver les remèdes qui s’imposent pour mettre un terme aux violences policières, telle est la condition pour rétablir le crédit de la police et, au-delà, de l’autorité judiciaire. Une urgence démocratique et citoyenne. » énonce-t-il, craignant que nous soyons déjà tous collectivement entrer dans un « despotisme doux » comme le nommait la magistrate Mireille Delmas-Marty.

Manifestants blessés ou tués, personnes issues de quartiers défavorisés victimes de bavures et poursuivies pour "outrage et rébellion",

militants écolos ou pacifistes venant en aide aux personnes exilées confrontés à des difficultés avec les forces de l’ordre, ou simples citoyens qui, au cours d’un contrôle, ont été la cible d’injures ou de coups....

Les histoires pleuvent au rythme des grenades lacrymo sur les manifs de gilets jaunes : « Les violences policières sont le masque et la conséquence d’un modèle politique ay bord de l’essoufflement » explique l’auteur qui voit dans la formation des policiers et dans les techniques de désescalade utilisées en Angleterre ou en Scandinavie des pistes pour se sortir du gouffre vers lequel nous entrainent les policiers syndiqués invités des plateaux télé, eux-mêmes encouragés par des politiques reconnaissants, car aux abois. Les policiers souhaitent pour beaucoup conserver les privilèges obtenus grâce à Macron et Darmanin, couple infernal, qui semble faire de la police son premier allié politique.

Sans la police, sans les préfets zélés, sans les flagrants délits contre les manifestants, sans les armes de guerre utilisées en manif, comment ce gouvernement aurait-il pu tenir, entre décembre 2018 et mars 2019, en plein cœur de la révolte des gilets jaunes ? Il est temps de réagir, prévient notre témoin...

Crédits photo/illustration en haut de page :
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