2026 : une année pour renverser la table

Au basket, le money time désigne la période pendant laquelle chaque possession de balle devient cruciale et où les joueurs donnent le meilleur d’eux même en forçant la cadence, en inventant des combinaisons. Il s'agit des dernières minutes de jeu. Un combat à mort. Nous sommes, nous aussi, en France, dans le money time de cette République. Ce moment si particulier où le temps et les événements s’accélèrent. Leur narration est le travail des journalistes, des auteurs, des artistes, des éditeurs, des producteurs de contenus. Censés rendre compte de ces événements, ces acteurs décisifs ont perdu, dans leur grande majorité leur indépendance et leur liberté. Leurs moyens d’expression et de production appartiennent à des propriétaires liés à des groupes financiers mus par des intérêts éloignés du bien public ou à un État dont la doctrine est libérale, amnésique et autoritaire. Elle mène à une catastrophe, aussi visible qu’un mur qui approche et contre lequel on peut se fracasser. On l’a vu avec le débat sur la fiscalité où les riches vont s’enrichir encore plus, avec la dermatose où les vaches se sont faites euthanasiée et les paysans gazés, avec la campagne de Sarkozy pour son minable livre, avec les débats débiles sur l’instrumentalisation de l’antisémitisme ou de l’islamophobie. On le voit tous les jours sur les chaînes d’infos qui ne relèvent même plus les fake news et les horreurs balancées par l’extrême droite… C’est comment qu’on freine ?

Crédits photo/illustration en haut de page :
Morgane Sabouret / Margaux Simon