Futures pandémies : peut-on éviter le pire ?

En 2040, la planète enregistre une multiplication de crises sanitaires aux conséquences majeures sur l’équilibre géopolitique mondial. Dégradation de l’environnement et de la santé humaine, promiscuité urbaine et mobilités difficilement contrôlées, apparition ou réapparition de nouveaux virus et mutations mortelles, recherches scientifiques ralenties par manque de moyens ou concurrence interétatique : autant de facteurs qui expliquent l’explosion du nombre de ces maladies de plus en plus envahissantes. Difficiles à contrôler du fait de leur variété et de leur imprévisibilité croissante, elles plongent le monde dans un climat d’instabilité permanente.

Ceci n’est pas le pitch d’un film d’anticipation mais le scénario décrit par le rapport VIGIE 2020 de Futuribles un centre de réflexion et d’études prospectives qui vise une intégration efficace du temps long dans les décisions et les actions. Ce rapport, publié le 15 décembre, dessinent 16 tendances et ruptures profondes dans les 30 années à venir. Le souhait de l’organisation est alors “d’éclairer le monde dans lequel nous sommes pour nous permettre d’imaginer le monde vers lequel nous voulons aller”. L’objectif est d’alerter sur des domaines de changement majeurs et insuffisamment pris en considération, notamment le réchauffement climatique et la multiplication des crises sanitaires.

Mais avant cela, petit retour en arrière. Nous le savons, la pandémie actuelle liée au Covid19 s’inscrit dans un longue série d’épidémies à l’échelle régionale ou internationale qui depuis la grippe espagnole en 1918 ont ponctué notre histoire. Six épidémies planétaires ont frappé l'humanité depuis 1918, mais aucune n’a pris l’ampleur de la Covid-19. Aucune d’entre elles n’a modifié à ce point l’organisation sociale, l’économie et les échanges internationaux comme l’a fait la crise sanitaire actuelle.

Et pourtant elle était prévisible, de nombreux rapports de prospective en témoignent, comme celui du du National Intelligence Council du gouvernement américain, en 2008, qui fait d’un coronavirus une des menaces les plus graves et les plus probables. D’autres rapports alertaient dès 2014 sur le risque croissant d'épidémies généralisées et une préparation toujours insuffisante à l'échelle mondiale.

La mauvaise nouvelle, c’est que si nous ne tirons pas les leçons de cette crise, comme le préconise notamment le philosophe Bruno Latour, le pire reste à venir.

Selon plusieurs institutions et organisations majeures, comme l’IPBES ou l’OMS ou encore Futuribles, à l’avenir, de nombreuses tendances lourdes laissent à penser que le nombre de crises sanitaires pourrait croître et leur rythme d’occurrence s’accélérer.

En bref, si rien ne change, le monde connaîtra d’autres virus, de nature différente, plus contagieux, plus mortels et les crises sanitaires pourraient devenir la nouvelle norme avec des conséquences majeures sur notre monde et notre planète.

Pourquoi assistons-nous aujourd’hui à un risque de multiplication des crises sanitaires au niveau mondial ? Quelles seraient les conséquences d’un tel scénario ? Quelles sont les solutions pour l’éviter ?

C’est ce que nous explique la journaliste Paloma Moritz dans cette vidéo, aux côtés de deux expert.es : Cécile Désaunay, directrice d’études à Futuribles et Marc André Selosse, microbiologiste.

Pour aller plus loin :

La synthèse du rapport VIGIE 2020 sur les 16 scénarios de rupture à horizon 2040-2050 de Futuribles https://www.futuribles.com/fr/document/synthese-rapport-vigie-2020/

Les futures pandémies que nous vivrons par Léo Grasset “Dirty Biology”

La Chronique du Vivant : le monde d’après par Marc André Selosse

Imaginer les gestes barrières contre le retour à la production d’avant crise par Bruno Latour

Le rapport du National Intelligence Council en 2008 

Les clés pour empêcher les futures pandémies

Echapper à l’ère des Pandémies, le communiqué de l’IPBES

Crédits photo/illustration en haut de page :
Blast