
L’extrême droite occidentale est devenue sioniste jusqu’au bout des ongles, au point de se prétendre la nouvelle meilleure amie des juifs. Ceux-là même dont les ancêtres ont perpétré l’un des plus grands crimes de l’histoire de l’humanité, à savoir la Shoah. Voilà l’apparent paradoxe que le dernier livre du philosophe Michel Feher permet d’éclaircir. L’idée centrale est celle d’un « pacte de blanchiment réciproque » : les juifs sortis de leur condition de paria historique en échange d’un pardon plus ou moins tacite pour les crimes occidentaux à leurs égards. Engrenage dans lequel s’engouffrent les extrêmes droites du monde, logiquement, pour se délester de leur salissure. Et ce en réagrippant aussitôt d’autres minorités : homosexuels, femmes et bien sûr musulmans. Tout en constatant le piège, Michel Feher trace la voie d’une contre-offensive, simple autant que radical : redevenir juif. Retrouver la « condition diasporique » qui structure l’histoire de ce peuple, sortir de l’injonction à l’appartenance ethno-nationale posée par Israël, pays que le philosophe désigne, avec un brin de malice, comme « le moins juif du monde ». Car, rappelle-t-il encore : le sionisme est, in fine, une forme d’antisémitisme.
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Blast, le souffle de l’info