Qatar Connection : la France, le Qatar et El-Assad, mise au point

Notre enquête sur l’implication du Qatar et de la France dans la guerre en Syrie a généré des incompréhensions. Explication de texte.

En publiant vendredi dernier un nouveau volet de la Qatar Connection consacré au plan du Qatar et de la France pour renverser le dictateur Bachar El-Assad en Syrie, nous ne pensions pas déclencher une telle « tempête » sur les réseaux sociaux. 

Pour faire court, nous sommes accusés de vouloir exonérer le dictateur Bachar El-Assad du bain de sang dans lequel il a plongé sa population.

Evidemment, ce n’était pas notre intention. Nous dévoilions, avec un document émanant du Qatar, un compte-rendu d’une réunion entre le président du conseil des ministres qatari, Sheikh Hamad Bin Jassem Bin Jabr Al-Thani, et Bernard-Henri Lévy, présenté comme le représentant du président de la République Nicolas Sarkozy. Sa lecture fait apparaître les intentions très cyniques des deux pays pour utiliser les massacres de masse perpétrés par les sicaires d’El-Assad pour justifier en retour la militarisation de son opposition et son renversement.


Tout au long de ce compte-rendu dont nous livrions de longs passages, le Premier des ministres qatari (également ministre des Affaires étrangères en titre) démontre par les propos rapportés qu’il ne se soucie pas de ces massacres en tant que tels. Et ce d’autant qu’il s’agit sur le moment d’écrire le scénario d’une histoire à venir. La protection de la population syrienne n’apparaît jamais comme une préoccupation pour lui. Il s’agit de tirer profit des crimes commis par le dictateur de Damas pour le faire tomber. 

Les crimes commis par Bachar El-Assad excusent-ils le cynisme du Qatar et de la France ? Nous ne le pensons pas. D’autant plus quand on sait comment toute cette histoire s’est poursuivie : l’aide du Qatar (et d’autres pays du Golfe), de la France et des Etats-Unis (opération Timber Sycamore) s’est traduite par la prise de pouvoir au sein de l’opposition syrienne des groupes jihadistes les plus extrémistes - le Front Al-Nosra (filiale locale d’Al Qaeda) et, surtout, Daech.

Aux crimes commis par Bachar El-Assad ont répondu ceux perpétrés par Daech. En Syrie, en Irak, et un peu partout dans le monde. Y compris le 13 novembre 2015 à Paris.

L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. En l’occurrence, en Syrie, il n’y a pas de vainqueurs, la guerre est toujours d’actualité. Pour autant, nous devons toute la vérité aux victimes. Notre document y contribue.

Crédits photo/illustration en haut de page :
(c) Adrien Colrant / Blast

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