EDF, la machine à broyer : handicapé et hospitalisé, une aubaine pour dégraisser

Vivien était technicien à la centrale de Chooz, dans les Ardennes. Salarié handicapé, il est harcelé depuis son recrutement, en 2012. EDF a profité de son hospitalisation (en urgence) pour le contraindre à accepter de partir. Demain mardi, à Rouen, il retrouve son ancien employeur devant le tribunal des affaires sociales.

Dans sa communication institutionnelle, EDF aime se donner le beau rôle. L’électricien se présente toujours comme un employeur exemplaire : égalité homme/femme, parcours adapté pour les travailleurs handicapés, diversité sociale... « Faites de vos différences une force » ; « Le handicap, ce n’est pas tabou en soi » ; « Etre bien entouré »… Voici un petit florilège des slogans que ses communicants mettent en avant. L’électricien promet le meilleur à tous.

Un exemple des éléments de communication du groupe EDF. Celui-ci pour vendre sa politique d’intégration des salariés handicapés.


Voilà pour la vie rêvée, sur papier glacée. La réalité, elle, est toute autre. Dans un groupe où n’importe quel manager se sent les ailes libres d’agresser les membres de son service - comme notre première enquête du 10 avril 2021 l’a montré -, la différence ne constitue pas un atout mais bel et bien un problème.

Le… handicap des primes

A EDF, être femme, jeune et musulmane n’a rien d’un long fleuve tranquille. C’est même la promesse de l’enfer, entourée de petits chefs qui n’hésitent pas à afficher leur racisme d’extrême-droite dans les locaux de l’entreprise. Être salarié en situation de handicap n’est guère plus réjouissant : « de nombreux cadres considèrent les travailleurs handicapés comme un poids, explique une salariée harcelée. A leurs yeux, ils vont pénaliser les performances du service, et donc réduire les primes ».

Facette peu reluisante

Evidemment, l’entreprise se garde bien d’évoquer cette facette peu reluisante sur la réalité des conditions de travail en son sein, quand elle recrute. Il lui faut bien remplir ses quotas de salariés issus de la diversité et de travailleurs handicapés… Pourtant, le harcèlement commence parfois dès le recrutement.

C’est ce qui s’est produit avec Vivien. Demain, mardi 5 octobre, il a rendez-vous à Rouen devant le tribunal des affaires sociales où il poursuit son employeur pour dommages corporels. Enjeu de l’audience : la reconnaissance de la faute inexcusable d’EDF.

Vivien est un jeune homme un peu particulier : une intelligence remarquable, sans avoir fait de grandes études, qui lui permet de comprendre très vite - bien plus que la moyenne ; et surtout un caractère très tranché, qui n’accepte pas que la loi ne soit pas respectée. Pour Vivien, la règle c’est la règle. Il n’y a aucune raison d’essayer de la contourner.

Lorsqu’on travaille dans une centrale nucléaire, on pourrait penser que ce respect et cet attachement à la règle est un atout. Non, car à EDF, jouer… avec la règle est le sport national. A peine posé, ce renversement des valeurs laisse déjà entrevoir le pire. Le pire, c’est ce que Vivien (et son tempérament en porte-à-faux) a pu subir de ses supérieurs - sachant qu’il est également salarié handicapé, un fait aggravant aux yeux de certains…

La suite, c’est Vivien qui la raconte.

Crédits photo/illustration en haut de page :
Adrien Colrat / Blast

Soutenez Blast, le souffle de l’info

Likez, partagez, commentez

Vous souhaitez nous alerter sur un sujet ? Vous avez des infos qui vous semblent mériter que la rédaction de Blast les analysent, pour éventuellement enquêter dessus ?
Cette adresse mail vous est ouverte : enquetes.blast@protonmail.com (voir les instructions)